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Retour Sur Negromundheim - Xavier - 27-11-2005


Le docteur Jimini Painkiller entra dans la pièce et entreprit de défaire son manteau en sifflotant. Stone avait le nez plongé dans une liasse de papier, assis derrière son bureau, le dos tournée à la gigantesque baie vitrée au-delà de laquelle s'étendait le scintillement de la mégapole, merveille née de la mains des squats de la confrérie Khandle sur la planète désertique de Solurb Secundus.


"Tu tombes bien Painkiller, il faut que je te soumette quelque chose. Tu sais qu'on a commandé à la Adware Magic de refaire notre logo. On a leurs suggestions là et je voudrais ton avis."


Il étala plusieurs fine planches de plastique devant lui.


"Alors tu vois, il y ce modèle qui est pas mal, un cœur noir dans un losange jaune sur fond noir. On a écarté le cœur jaune dans un losange noir sur fond blanc finalement, trop de contraste. Et alors on se demande avec quel genre de caractères mettre le nom de l'entreprise ; on a pensé à l'écrire en bas gothique en l'écrivant dans un style un peu runique, tu vois, pour faire universel et en plus une sorte de conciliation entre tradition et modernité. D'ailleurs, ça pourrait faire un bon slogan : Genocide Inc, le meilleur des techniques de combat moderne pour un bon vieux génocide à l'ancienne. Qu'est-ce que tu en dis ? Evidemment, ça peut être retravaillé."


Painkiller balaya le discours du président directeur général d'un geste agacé de la main.


"Comment bien ça a coûté tout ça ?"


"Deux cent mille couronnes."


Painkiller blêmit. Il chercha d'une main hésitante le fauteuil avant de s'y effondrer. Stone attendit calmement le moment ou son ami allait retrouver suffisamment de forces pour commencer à hurler.


"DEUX CENT MILLE COURONNES ?!!!"


"Il y tout une équipe des meilleurs designers de la planète qui ont travaillé là-dessus pendant un mois entier," répliqua l'autre très sérieux. "Au fait, on se demandait aussi : est-ce que tu crois qu'on met le nom au dessus ou en dessous du logo ? Si on le met en dessous, c'est le logo qui attire d'abord l'œil du client et donc on fait appel à ses sensations visuelles et même tactiles tu vois ? Ils appellent ça du marketing polysensoriel. Alors que si on le met en - "


"Sensations… visuelles… et même… tactiles ?… STOOOOONE ! Genocide Inc vend du consulting militaire ! Pas de la lingerie féminine ! Deux cent mille couronnes ! C'est le prix de l'armement complet d'un de nos gyrocoptères ! C'est presque le prix d'un missile à antimatière Hellstrike !"


"Mon pauvre Jimini ! Mais tu n'es plus dans le coup ! C'est fini l'époque où il suffisait de faire du porte à porte le bolter sous le bras pour trouver du boulot. Aujourd'hui il faut faire de la com-mu-ni-ca-tion. Le marché du consulting militaire a explosé et la concurrence nous casse les reins. C'est facile pour toi, tu te contentes d'aller au combat peinard ! Mais qui c'est qui reste ici pour décrocher les contrats ? C'est moi !"


Il se calma et sortit d'un tiroir une petite plaquette rouge.


"D'ailleurs j'ai un contrat. Il faut que tu retournes sur Negromundheim."


"Hors de question !"




Retour Sur Negromundheim - Xavier - 11-12-2005


La nuit était tombée. Les locaux étaient déserts à présent. Dans le vaste bureau plongé dans l'obscurité, seul était resté le docteur Samuel Stone. Il appréciait ces moments de calme solitaire au sortir d'une journée de travail éprouvante.


Enfoncé dans son large fauteuil de cuir véritable, un verre à la main, il laissait vagabonder son esprit en contemplant le magnifique scintillement nocturne de la mégalopole, oasis de lumière si grand qu'il était visible de l'espace au milieu du désert de rouille de Solurb Secundus.


Les glaçons s'entrechoquaient doucement dans son verre de cristal. Alcool de grain distillé ; quel que soit le degré de perfection atteint par l'industrie agrochimique des ingénieurs de la forteresse, aucun alcool de synthèse n'égalait en saveur celui obtenu avec le véritable grain naturel cultivé sur Solurb Prime. Stone n'avait pas un goût réellement immodéré pour les richesses mais il concédait qu'être fortuné rendait la vie bien agréable. Et sa fortune était immense.


Les piles de contrats s'amoncelaient sur le bureau. Actions d'intimidation sur Baal dans le secteur quatre du segment ; nettoyage de villes indigènes sur le continent oriental de Kreos ; purification ethnique sur Tenera Prime ; ah le génocide ! La formule reine, celle qui assurait de boucler sans peine le chiffre d'affaire prévisionnel de l'année.


Encore fallait-il arriver au bout de l'exercice comptable et rien n'était moins certain. L'étau se resserrait autour de la Genocide Incorporated. La commission d'enquête militaire chargée par la Guilde du contrôle des entreprises de consulting militaire s'intéressait de plus en plus à elle. Pour ne rien arranger, elle était dirigée par le colonel Egon Fergussen qui avait un vieux compte personnel à régler avec son président directeur général honoris causa. Bien sûr, il ne pouvait rien prouver. Pour l'instant.


"La Genocide est un iceberg," avait un jour dit Fergussen à ses collaborateurs, rapportait-on. "Quand nous mettrons le doigt sur sa partie immergée, nous ferons sauter le plus gros scandale de l'histoire de la forteresse."


Il ne croyait pas si bien dire.


Prenez quatre cent cinquante chars lourds et super-lourds ; deux mille deux cents chars légers ; sept cent cinquante gyrocoptères de combat. Vous avez déjà largement enfreint le règlement de la Guilde sur le consulting militaire. Ajoutez cinq cents blindés lanceurs d'engins et leurs munitions : missiles nucléaires tactiques, missiles vortex, missiles warp ; armements strictement prohibés par les articles 426-B, 426-C et 592-B de la législation sur les opérations militaires libres. Ajoutez encore le personnel combattant et technique pour ce matériel et c'est près du tiers de la masse salariale de la Genocide qui est non déclarée.


Bien sûr, tout ce matériel n'est pas sur Solurb Secundus ; il serait impossible de le cacher sur une planète dont le moindre centimètre carré est scruté jour et nuit par des centaines de satellites de surveillance. Il est dispersé aux quatre coins du segment galactique. Une bonne part se trouve sur Negromundheim, confié aux autorités d'un Consortium peu regardant.


Passez par la comptabilité dont la moitié est occulte. Allez jusqu'à l'intendance qui n'est pas habilitée à acheter des vaisseaux spatiaux pour son compte mais qui en offre à titre de prime à ses employés au moyen de prêts à très faible taux en retour de quoi lesdits employés sont invités, bien qu'il n'en soit bien sûr fait mention nulle part sur leurs contrats, à laisser ces engins que jamais ils n'auraient pu se payer en une vie de travail à la disposition de leur entreprise.


Terminez avec le service juridique : une armée de scribouillards chargés d'entretenir cet inextricable sac de nœuds, de le nouer plus fort encore, de transformer l'ensemble de l'organigramme de la compagnie en un labyrinthe si impénétrable qu'il est impossible à un enquêteur extérieur de s'y retrouver. Ceux là ne chôment pas.


Mais les membres de la commission d'enquête militaire disposent de pouvoirs bien plus étendus que leurs alter ego civils, pouvant même dans certains cas exceptionnels, s'affranchir des lois inscrites dans le code du travail – le document le plus archi-sacré de la forteresse après les ouvrages religieux.


Tout cela était de la folie pure. L'armée régulière avait de bonnes raisons de soupçonner la Genocide de préparer un coup d'état. Le pire, à vrai dire, est que ce n'était même pas le cas !


Tout cela valait plusieurs dizaines de fois la peine de mort, la radiation de son nom des archives, le bannissement de sa famille, le déshonneur éternel.


Tout cela était de la faute du docteur Jimini Painkiller, président directeur général honoris causa, qui ne voulait pas renoncer à ses jouets. Cent fois Stone avait songé à abandonner son poste de président directeur général de la Genocide Incorporated pendant qu'il en était encore temps. Cent fois, il avait accepté de continuer par amitié pour Painkiller.


Où était-il à l'heure actuelle ? Peut-être dans son cube personnel qu'il détestait. Plus probablement au collège, travaillant sans relâche surs ses études de neurologie.


Curieux personnage que Jimini Painkiller. Il avait six ans - douze années standard - quand les orks avaient attaqué Solurb Secundus. Enrôlé de force comme des dizaines de milliers d'autres gamins alors que les troupes régulières commençaient à manquer de combattants et de moyens, il avait été envoyé au suicide avec un pistolet automatique, une hache en fibre de verre et une chemise épaisse en guise de gilet pare-balles – il n'y avait plus de quoi en fabriquer.


Stone n'avait pas connu cette époque, étant né bien plus tard. Il n'en savait que ce que disaient les microfichiers d'histoire : moins d'un sur vingt était revenu vivant et la forteresse Khandle avait perdu la fine fleur de sa jeunesse dans la marée verte.


Painkiller, lui, avait eu la malchance de revenir. Il rêvait d'être médecin disait-on. Il était devenu soldat malgré lui. Alors il s'était tourné vers la médecine militaire. "La médecine militaire est à la médecine ce que la musique militaire est à la musique" ricanait-il souvent.


Les tests d'aptitude physique l'avaient classé nettement supérieur à la moyenne ; les tests d'aptitude intellectuelle l'avaient classé "intelligence hors norme". Il avait fait toutes ses études au sein de l'armée régulière : Médecine, sciences de la matière, mathématiques, logique, informatique ; tout l'intéressait, aucun problème ne lui résistait.


Aucun patient non plus. Il avait sauvé la vie d'un nombre incalculable de soldats avec des moyens dérisoires au cours d'opérations de fortune et désespérées mais beaucoup en étaient revenus en affirmant qu'ils préféraient cent fois le champ de bataille à l'hôpital de campagne du docteur Jimini Painkiller. Dur, cruel, violent, brutal étaient les mots qui revenaient le plus souvent pour le qualifier. "Fascination morbide pour la souffrance" indiquait le dernier rapport sur ses services. Cela était totalement faux – la vérité est qu'il y était au contraire complètement indifférent - mais ce rapport avait été bidouillé pour le faire tomber et lui retirer toute responsabilité médicale.


Painkiller s'était retrouvé simple sous-officier. Un peu moins gradé, un peu plus aigri. Les choses ne s'étaient pas arrangées : tête brûlée, indiscipliné, bagarreur, on aurait cru qu'il ne se plaisait qu'au combat où il pouvait déchaîner sa violence, tuer et prendre le risque de se faire tuer. Tuer, il l'avait fait des milliers de fois ; se faire tuer, il n'y était jamais parvenu mais avait dû de très nombreuses fois être reconstruit. De squats comme Painkiller, une maxime populaire disait que Grugni leur avait donné cent vies.


Quand parfois une seule est déjà une de trop.


"Reconstruit". Terme pudique employé par les médecins de la forteresse pour désigner les opérations de greffe et de transplantations. Painkiller avait tant subi de telles opérations que moins de cinquante pour cent de son organisme actuel était "d'origine". Le reste était fait d'organes et de tissus vivants synthétiques cultivés dans des cuves de liquide physiologique. Chez beaucoup de sujets pour lesquels ce taux tombait en dessous de quatre vingt pour cent, on notait déjà l'apparition de troubles de la personnalité liés à l'impression de vivre dans un corps qui n'est plus le leur. Painkiller, lui, était resté égal à lui-même au fil des opérations : toujours aussi aigri, toujours aussi cynique, toujours aussi violent.


A l'âge de cent vingt ans, il n'était plus que combattant auxiliaire de l'armée régulière. Il avait alors intégré le collège de médecine et poursuivi ses recherches en neurologie dans lesquelles il avait rapidement acquis une réputation dont il se souciait comme d'une guigne. Il ignorait lui-même à cette époque que l'armée suivait de très près ses travaux, intéressée principalement par leurs possibles applications en informatique.


Retour à l'armée pour une opération dont il se fichait. Il haïssait l'armée. Retour au collège. Retour à l'armée. Retour au collège. Retour à l'armée pour l'assaut de la ferme aux cochons sur Negromundheim dont lui et Stone avaient étés les seuls survivants. Painkiller avait sauvé la vie de son unique ami ce jour là.


Cela avait été leur dernier travail pour la régulière. Enfin libéré de toute obligation militaire à l'âge de cent quatre vingt ans, Painkiller n'avait pu tenir en place sans personne à qui briser les os bien longtemps. Tuer ou être tuer. Il ne concevait l'existence qu'ainsi. Tuer, tuer, tuer, tuer encore et toujours. Il n'avait jamais fait que cela et ne savait faire que cela. Alors ils avaient fondé la Genocide Incorporated.


Painkiller s'était fait beaucoup trop d'ennemis durant de sa carrière et il le savait. C'est donc à Stone qu'était revenu la présidence et la direction de l'affaire, Painkiller n'étant officiellement que consultant intérimaire au contrat régulièrement renouvelé. Cela lui convenait d'autant mieux qu'il pouvait consacrer son temps à diriger ses mercenaires au combat plutôt qu'à la paperasserie – encore une chose qu'il haïssait.


Détestable. Imbuvable. Personne de sensé ne pouvait apprécier Painkiller. Stone se demandait parfois s'il l'appréciait vraiment lui-même. Il était peut-être simplement habitué à lui. Mais il y avait peut-être autre chose. Au-delà de tout ce que le cynisme et la brutalité de Painkiller avait d'insupportable, il y avait son indéfectible loyauté. Envers ses mercenaires pour commencer, qui l'appréciaient beaucoup pour cela. Il tenait sincèrement à eux et n'aurait jamais mis leur vie en danger inutilement. Envers sa race ensuite : contrairement à ce qu'affirmait son surnom de "médecin qui tue les gens au lieu de les soigner", il n'avait jamais causé la mort d'un squat ; il en avait au contraire sauvé beaucoup. Et envers Stone enfin son unique ami.


Ami. Painkiller pouvait-il avoir des amis ? Peut-être était-il simplement habitué à Stone lui aussi.


Si seulement il avait eu la moindre once de bon sens. Mais il prenait plaisir à narguer par sa puissance militaire et financière les autorités de la forteresse, à commencer par l'armée régulière bien sûr, alors même que le ciel s'assombrissait au dessus de son entreprise. Pour couronner le tout, il était athée – autre crime passible de la peine de mort sur Solurb. Que la justice parvienne à le coincer pour cela et elle tiendrait le prétexte rêvé pour faire suivre toute la Genocide dans la chute. L'intelligence n'est décidément pas la sagesse.


Par quelle mystérieuse bénédiction céleste Painkiller pouvait-il seulement être encore en vie ? Il fallait vraiment que Valaya l'aime, cet étrange médecin, pour le gratifier d'une telle protection. Stone, ainsi que quelques autres médecins qui avaient eu l'occasion de "travailler" sur Painkiller avaient une autre théorie : selon eux, Jimini Painkiller était potentiellement un ancêtre vivant ; il était encore trop tôt pour être catégorique – Painkiller avait deux cent cinquante ans – mais un faisceau d'indices convergents sur son exceptionnelle endurance et ses facultés mentales hors du commun rendaient l'hypothèse crédible.


Stone lui en avait un jour touché un mot. L'autre avait ricané bien sûr.


Samuel Stone se leva et posa son verre désormais vide sur le bureau. Il lui fallait retourner dans son cube où son épouse et ses deux enfants l'attendaient.


Quittant la pièce il songea que personne, nulle part, n'attendait Jimini Painkiller.




Retour Sur Negromundheim - la queue en airain - 12-12-2005


acor', acor'.


le squat


plus ça va, plus les persos me plaisent




Retour Sur Negromundheim - Guest - 12-12-2005


Très chouette oui! ^^


Continue comme ca Xavier, et vive le Negromnium!


Ludwig




Retour Sur Negromundheim - KDJE - 14-12-2005


A part une bricole contrant le réalisme (200 000 couronnes, c'est pour *un* designer *et* le suivi administratif), c'est en effet très distrayant.


Ma seule question : plus de pouvoirs à la commission militaire plutôt que civile... pour contrer d'éventuels coups d'Etat ??




Retour Sur Negromundheim - Gandahar - 14-12-2005


C'est très bien tout ça, mais il faudra développer l'histoire de l'ancêtre vivant, hein ? Car là, ça tombe un peu comme un cheveux dans la soupe. Genre cette partie du fluff n'est pas très développée officiellement, on sait juste qu'ils sont très vieux et qu'ils ont acquis des capacités psychiques, mais je n'imagine même pas qu'un Squat se pose ce genre de question sans un accident révélant directement une manifestation paranormale.


Bon, ce ne sont que quelques mots d'une histoire que j'aime bien.




Retour Sur Negromundheim - Xavier - 18-12-2005


Citation :A part une bricole contrant le réalisme (200 000 couronnes, c'est pour *un* designer *et* le suivi administratif), c'est en effet très distrayant.
Ma seule question : plus de pouvoirs à la commission militaire plutôt que civile... pour contrer d'éventuels coups d'Etat ??




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Tu opposes quoi à une armée privée qui tenterait un coup d'état ? Des fonctionnaires de la CAF armés de machines à écrire et de tampons encreurs ? Ou des sociologues chargés de rétablir le dialogue dans le cadre d'un respect mutuel et d'un échange constructif seuls à même de permettre d'aller de l'avant de proposer des solutions progressistes aux problèmes des insurgés tout en répondant positivement à leur impression de rejet de la société ?


La remarque ne m'étonne pas de toi. Je suppose qu'en vieux réactionnaire encroûté, tu conçois encore l'armée comme une institution régalienne. Faut ouvrir les yeux mec : la galaxie change. L'ouverture à la concurrence, la libéralisation totale du marché du mercenariat, c'est pour tout à l'heure. Terminée l'époque du krypto-protectionnisme, des accords de Terra de 40.057 et de la préférence confédérale. Fini l'abattement fiscal de 15,48% sur les exterminations d'eldars et le crédit d'impôt accordée par la Guilde pour les opérations de massacres de mutants qui puent du cul et qui font agnagneuh la cébé.


Va trouver une seule banque qui t'accordera un prêt si tu es une petite boîte qui démarre et qui ne travaille pas au dessus du million de victimes ; Terminée aussi l'époque de la start-up montée avec 100 neodollars et un boltgun dans le garage de papa qui se faisait un nom avec quelques charniers, un village de paysans rasé et une caméra trideo branchée en live sur SquatNews.


Faut vivre avec son temps mec. C'est pas la nomination de Marneus Calgar à la tête de l'Organisation Galactique du Commerce qui va changer quoi que ce soit. Le commerce équitable avec les groupements de petits génocideurs associés est un leurre, tu t'en doutes.


***




Citation :C'est très bien tout ça, mais il faudra développer l'histoire de l'ancêtre vivant, hein ? Car là, ça tombe un peu comme un cheveux dans la soupe. Genre cette partie du fluff n'est pas très développée officiellement, on sait juste qu'ils sont très vieux et qu'ils ont acquis des capacités psychiques, mais je n'imagine même pas qu'un Squat se pose ce genre de question sans un accident révélant directement une manifestation paranormale.

Mouais, peut-être. Bon, moi j'ai horreur de ce genre de concepts remâchés en fantastique contemporain justement "j'ai découvert que j'avais des super-pouvoirs trop de la balle et depuis je bosse pour la CIA". Dans 40k, les pouvoirs psychiques sont le résultat d'une mutation rare (quoi que de plus en plus fréquentes chez les humains.) Le coup de la mutation rare est mis à un peu toutes les sauces dans le fluff d'ailleurs. Donc on peut logiquement supposer qu'il en est de même chez les squats. Que chez les squats toujours, qui ont de manière générale une approche rationnelle des choses (je priviligé cet aspect dans ma vision du truc), une mutation rare, c'est une mutation rare, point, pas la marque du démon comme chez les bouseux arriérés de l'Imperium et ses sous-bouseux sub-arriérés de l'Inquisition.


Et que donc, même si cette mutation rare est terriblement mystérieuse et indétectable, certains squats, typiquement, au pif, des médecins, peuvent avoir compilé suffisament de données statistiques sur les cas homologués depuis le temps qu'il y a des ancêtres vivants, pour pouvoir établir des prédictions même très approximatives et peu fiables sur un cas particulier. Je justifie l'affaire comme ça (ok, ça peut paraître bancal.)


Mais j'ai pas dit non plus que Jimini Painkiller est un ancêtre vivant, attention. C'est juste pour entretenir le suspense mystérieux et faire cool, tu vois le topo man. Faut bien que j'aguiche un peu le lectorat si je veux lui fourguer le Codex Vers de Terre qui sort en février aux éditions Negromundheim Publishing Ltd.


Alors bien sûr tu vas me dire : Attends mec sérieux tu te fous de la gueule de tes lecteurs mais grave là mec trop hallucinant putain. Bon, oui, mais le lecteur il est con il en redemande, j'y peux quoi ? Je veux dire, faut être réaliste ; c'est quand même pas pour la gloire que j'écris toutes ces histoires de débile handicapé de la vie.


De toutes façons, si vous posiez la question à Painkiller, il vous répondrait probablement d'aller vous faire enfler par un squiggoth.




Retour Sur Negromundheim - KDJE - 18-12-2005


Citation :Tu opposes quoi à une armée privée qui tenterait un coup d'état ? Des fonctionnaires de la CAF armés de machines à écrire et de tampons encreurs ? Ou des sociologues chargés de rétablir le dialogue dans le cadre d'un respect mutuel et d'un échange constructif seuls à même de permettre d'aller de l'avant de proposer des solutions progressistes aux problèmes des insurgés tout en répondant positivement à leur impression de rejet de la société ?
Oui, on est bien loin de la cellule de reclassement, alors que le marché des services aux mutilés explose. Mais, en clair, c'est ça : une commission, réunissant les partenaires sociaux, les émeutiers et les investisseurs. Une commission qui se traduirait logiquement par la recherche du consensus démocratique via l'apposition d'une taxe sur les échanges d'armes, ou prime de reconversion des cendres plasmées, de réhabilitation des sites désindustrialisés, voire même remboursement des aides publiques, afin que justice soit faite et fortune soit rendue via redistribution aux représentants de ceux qui ne sont pas prélevés que de la vie.
Bref, une commission *ouverte* à *tous* les acteurs du marché, multilatérale.


N'ayant cependant pas attendu la mort de feu le Kan-Duk pour constater que des squats invités à une table de négociation avaient un avantage énorme sur les autres races de 40k (à part peut-être les halflings), qui peut se résumer à aller directement aux dessous de table sans même besoin d'avoir de chaises, ma question portait sur qui fixe la hauteur de la table, la logique privilégiant ici les civils, qui fixent les normes de fabrication du mobilier (à moins que Painkiller n'ait développé une intégration verticale à partir de sa filiale "Truemaker, torture à l'ancienne livrée en kit" en accédant au marché de la domotique des (querelles de) ménages ?).


Mais ce qui me fait bien rire dans ton histoire, c'est que Painkiler s'accroche par les ongles à une libéralisation factice qui n'a en effet de sens que du point de vue squat, via leur refus de participer au Cycle de Durin sur l'abaissement des barrières douanières à l'import du Consulting militaire.


J'en discutais hier encore avec un merlan de Tau more than late corp. qui pestait, à juste titre, contre le protectionnisme squat soldant inévitablement toute question de société, en premier lieu l'esprit légitime de concurrence politique des Etats modernes. Il me disait : les coups d'Etat squats ne sont que des coups des tas, portés d'abord pour liquider les stocks tout en profitant du paiement espéré des jours d'émeutes pour motiver les cibles. Cela vient d'une inadaptation de l'outil de production à fonctionner en flux tendu, et ne nécessite pas de grand projet racial, juste de la gestion immédiate de crise.


Il n'a pas tort.


Tau more than late vend d'ailleurs une norme qualité traduite chez nous par "la méthode des 5S" : Surprendre, Souffler, Suppurer, Submerger, Sommer. Et bien, les taux d'accidents du travail et de pièces défectueuses s'en trouvent réduits. Et tout le monde y gagne, y compris le bénéficiaire final.


Bref, pas de demi-privatisation : pour s'opposer au coup d'Etat d'une armée privée, l'Etat en question doit pouvoir faire appel au marché galactique en ouvrant les clauses de l'appel d'offres non pas sur de seuls critères de mieux-disant financier ou de durabilité technologique, mais sur des normes qualitatives portant sur la compatibilité des vecteurs d'import avec le tissu munitionnaire local, la garantie face à l'obsolescence ou la mise en valeur des zones irradiées selon un bail renouvelable. Sinon, forcément qu'en pré-équipant chaque (garde du) foyer d'un thudd gun sous licence, on risque pas de privilégier l'armement libre comme le drone antigrav ! Pour garder le foyer, rondeur du ventre et longueur de barbe ne sont pas les critères d'un Etat moderne, voilà ce que je pense.




Retour Sur Negromundheim - Xavier - 18-12-2005


Citation :Bref, pas de demi-privatisation : pour s'opposer au coup d'Etat d'une armée privée, l'Etat en question doit pouvoir faire appel au marché galactique en ouvrant les clauses de l'appel d'offres non pas sur de seuls critères de mieux-disant financier ou de durabilité technologique, mais sur des normes qualitatives portant sur la compatibilité des vecteurs d'import avec le tissu munitionnaire local, la garantie face à l'obsolescence ou la mise en valeur des zones irradiées selon un bail renouvelable. Sinon, forcément qu'en pré-équipant chaque (garde du) foyer d'un thudd gun sous licence, on risque pas de privilégier l'armement libre comme le drone antigrav ! Pour garder le foyer, rondeur du ventre et longueur de barbe ne sont pas les critères d'un Etat moderne, voilà ce que je pense.

Oh mais bien sûr que si : un état moderne est hypocrite ou mort. "In Grugni we trust". C'est marqué sur tous leurs billets de banque. Bien sûr que les mondes squats sont partisans de l'ouverture et de la libéralisation totale du marché, de la suppression de toutes les barrières douanières et de toutes subventions. Ils soutiennent avec ardeur ce principe.


Pour les autres.




Retour Sur Negromundheim - Xavier - 03-03-2006


La suite des aventures de Jimini Painkiller sur Negromundheim vous est offerte par 88 Export la bière qui fait pschitt.


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Les deux squats observaient depuis la passerelle de commandement du vaisseau le va-et-vient des mercenaires qui débarquaient et préparaient leur matériel de combat en dessous d'eux. Le spectacle évoquait une fourmilière qui s'activaient dans un ordre parfait né de décennies d'expériences et d'une discipline rigoureuse.


"Etes-vous satisfait Docteur ?"


En guise de réponse, le docteur Jimini Painkiller tira de sa poche un petit rectangle de métal recouvert de touches numérotées. L'autre fit de même et lui tendit le sien. Painkiler accola les deux rectangles et pressa quelques chiffres.


"Le quart de la somme maintenant capitaine. Le reste après notre retour sur Solurb, comme convenu."


"N'oubliez pas la majoration de un pour-cent par heure standard de retard décompté dès la première minute avec répercussion sur votre facture de la taxe en vigueur sur les opérations militaires libres."


L'autorisation de virement en poche, le capitaine reprit son observation. Il pointa soudain du doigt une forme noire à l'autre bout de la gigantesque plate-forme d'atterrissage. Un humain qui semblait regarder dans leur direction.


"Ils ne nous aiment pas n'est-ce pas ?"


"Ils détestent avoir à engager des mercenaires, à fortiori non humains. Mais ils n'ont pas le choix. La cible est au delà du territoire de New Heldon qu'ils ne peuvent pas survoler. Ce serait un Casus Belli et ils n'en veulent pas. Pour l'instant. Les squats du consortium par contre, ont un accord avec New Heldon qui leur permet d'utiliser leur espace aérien et notre opération sera maquillée en conséquence. Le consortium a accepté de nous couvrir de manière limitée et en échange d'une somme… raisonnable et parce que cette attaque contre la cible les arrange bien eux aussi. Tout le monde les déteste de toutes façons. Ils sont une plaie à la surface de cette planète. Je dois rejoindre mes consultants. A bientôt capitaine."


"Attendez. Prenez ça."


Il lui tendit un petit médaillon de métal. Il était frappé de la rune de Valaya.


"Notre déontologie nous interdit d'accepter tout cadeau d'entreprise. Et par ailleurs, vous savez très bien que je suis athée."


"Je vous en prie Docteur. C'est le cadeau d'un ami qui voudrait vous voir revenir vivant. Cela peut vous protéger là où vous allez."


Painkiller attrapa le petit objet métallique et partit.


***


A l'Est, les terres verdoyantes de l'empire de New Heldon. A l'Ouest commençaient les plaines de cendres. La flotte de gyrocoptères de transport s'éloignaient des terres glaciales qui délimitaient le Vide Septentrional. En tant que groupes de consultants militaires habilités de niveau cinq, la Genocide Inc n'était pas autorisé par la Guilde à posséder d'engins de transport spatial et devait donc systématiquement recourir à la sous-traitance pour l'acheminement des troupes et du matériel ; leur récente accréditation par la guilde, par contre, leur permettait d'entretenir du matériel de combat aérien et Painkiller était impatient de commencer à rentabiliser le lourd investissement qu'avait été l'achat à crédit court terme d'une escadrille polyvalente complète auprès de la B.S.W. Heureusement, la formation des pilotes était incluse dans le coût et il avait profité d'une promotion exceptionnelle pour faire équiper tous les appareils de missiles sol-air auto-guidés au phosphore-sodium. Une technologie rustique mais un résultat toujours aussi spectaculaire que plaisant. La Guilde ayant par ailleurs autorisé cette année l'ouverture de la période des soldes sur l'armement léger plus tôt que d'habitude, Stone avait également fait renouveler tout le matériel personnel des employés par la Death Head Industry au meilleur prix.


Assis à droite du pilote dans le cockpit du gyrocoptère de tête, Painkiller regardaient le sol qui déroulait loin en dessous de lui.


Tout ici le ramenait au douloureux souvenir de sa précédente venue bien des années auparavant et de la débâcle militaire de la ferme aux cochons. Seul survivant de la boucherie innommable à laquelle avait tourné une opération mal préparée et bâclée avec son ami le docteur Samuel Stone qu'il avait ramené dans un état quasi désespéré, ils avaient raccrochés de la régulière pour fonder la Genocide Inc. Ses relations avec l'armée ne s'étaient pas arrêtées là mais c'était une autre histoire.


Il attrapa le communicateur qui le mettait en relation avec l'ensemble de ses combattants.


"Si vous n'avez jamais rien vu de vraiment dégueulasse, regardez par le hublot de droite."


Au loin se dessinait la forme sinistre du gigantesque cratère, cicatrice infernale laissé par un cataclysme cosmique qui avait balafré à tout jamais la surface de cette planète autrefois hospitalière quelques deux siècles plus tôt. Ils étaient à plus de cent kilomètres des limites de l'abysse et même à cette distance, chacun pouvait ressentir ce qu'il y avait d'anormal, de surnaturel dans la vision de cauchemar de ce trou noir et béant qui s'ouvrait sur nulle part. ; que ce n'était pas une simple curiosité géologique ; qu'il y avait quelque chose là au fond.


Quelque chose de mal intentionné.


"Rassurez-moi Docteur : ce n'est pas là qu'on va ?" demanda le pilote. Painkiller fit non de la tête. Pour rien dans l'univers il n'aurait signé un contrat exigeant qu'il s'approche plus près du gouffre maudit. Il pointa du doigt une petite tâche noire à l'horizon.


***


Les squats s'étaient placés en ordre, réunis par unités de combat, prêts à écouter les dernières instructions de leur chef. Les pilotes restaient à l'écart, prêts à reprendre l'air. Ils savaient déjà en quoi allait consister leur travail. Le soleil se couchait au loin, éclairant d'une lueur sanguine et inquiétante la déprimante étendue grise.


Ils étaient une trentaine. Une trentaine au total face aux hordes innombrables de monstres ignobles et difformes qu'était déjà prête à vomir sur eux comment un torrent de pus immonde formé des millions de cloportes mutants, abjects rebuts dégénérés de l'engeance infecte de ce qui avait été des êtres humains et de créatures surgies de l'Abysse animés de la volonté collective de les engloutir la nécropole infernale de Veh-Deh-Merd. En soi, cela n'était pas un sujet d'inquiétude : la pré-étude de faisabilité - dont les conclusions avaient été retenues pour la rédaction du devis définitif par le service marketing - menée par la section Opérations Sub-Tactiques du bureau des experts de la Genocide Inc. avait établi que ce nombre de combattants offrait, étant données le contexte opérationnel, le meilleur rapport entre efficacité et la nécessaire discrétion qu'allait exiger la mission.


Un mois standard plus tôt, un convoi revenant des régions désertiques du Sud et traversant les plaines de cendres, pourtant à bonne distance de Veh-Deh-Merd, avait été attaqué et pillé par une bande de mutants errants. Il n'y avait aucun espoir de retrouver des survivants – dont les autorités de New Anadyr se moquaient de toutes façons éperdument – mais le convoi ramenait une caisse de métal hermétiquement fermée et blindée. Elle était emplie de minerai de negromnium – un métal qu'il était extrêmement rare, même à l'échelle de toute la galaxie, de trouver à l'état natif.


"Pas de questions ?"


Un des mercenaires leva la main, signe qu'il réclamait la parole.


"C'est quoi ce métal qui vaut si cher pour qu'ils nous envoient le récupérer ?"


"Le negromnium est une anomalie de la nature. Un métal potentiellement hautement radioactif qui devrait être physiquement et chimiquement instable mais qui ne l'est pas. On peut s'en servir pour fabriquer des piles atomiques de très grande puissance et la minuscule quantité qui se trouve dans cette caisse représente une source d'énergie colossale. Notre travail consiste a trouver et à sécuriser le caisson de protection après quoi notre gyrocoptère Atho-II viendra le récupérer."


"Un gyrocoptère pour un demi mètre cube de cailloux ? Elle pèse combien votre caisse ?"


"Environ douze tonnes."


Il n'y eut pas d'autre question.


A l'Est, la forme décrépie de la citadelle se découpait dans la lumière du crépuscule, plantée comme un couteau qui blessait une terre déjà meurtrie par le cataclysme au milieu des dunes de cendres. Elle n'était ni réellement impressionnante ni vraiment effrayante. Sa vision était juste malsaine, vaguement écœurante. Par bonheur, ce n'était pas là que se trouvait l'objectif – sans quoi sa récupération eut été un pur suicide – mais dans un petit taudis situé à dix kilomètres de là vers l'Ouest, comme il s'en trouvait beaucoup aux alentours. Les monstres stupides, ignorant la valeur de leur butin, l'avaient très probablement ramené comme un trophée mais, du fait de sa masse, n'avaient pu le traîner plus loin.


Le hameau se composait d'une cinquantaine de huttes misérables faites d'un conglomérat de boue de cendre, de schiste et de silicate. Le travail de construction le plus méprisable qu'il avait jamais été donné à Painkiller et ses soldats de contempler. Mais il n'était pas question de s'attarder à constater ce qu'ils savaient déjà de toutes façons : ces pitoyables créatures étaient des inaptes débiles mentaux et physiques incapables de planter un clou.


Couché dans la cendre, ses jumelles thermiques à la main, Painkiller observait.


"Ils peuvent être deux cent ou trois cent là-dedans. Ce ne sera pas un problème sauf s'ils sont dirigés par un monstre de l'Abîme ou par un Dominator. Dès que nous serons repérés, chacun devra activer son psycho-brouilleur. Vous ne les couperez que sur mon ordre. Si votre brouilleur tombe en panne ou est endommagé, restez le plus prêt possible d'un gars de votre unité portant un brouilleur opérationnel."


Les Dominators étaient sa seule véritable source d'inquiétude : mutants d'apparence quasi humaine capable de dominer psychiquement autrui et de prendre à distance le contrôle d'un esprit, ils exerçaient sur les mutants qui leurs servaient de larbins, une autorité absolue et pouvaient leur conférer une mentalité de groupe capable de mener une attaque concentrée et organisée, transformant des crapules inoffensives à force d'être stupides en vague meurtrière. Il vérifia rapidement son propre psycho-brouilleur. La technologie permettant de fabriquer ces machines était encore à ses balbutiements ; elles coûtaient une véritable fortune, étaient fragile, assez peu fiable et d'un usage, disait-on, dangereux. Chacune incorporait au sein son mécanisme un petit morceau de malepierre, de matière brute du warp solidifiée au contact de la réalité, taillée suivant une forme très précise ; soumises à une contrainte d'origine mécanique, électrique, magnétique ou nucléaire, elle émettait un champ d'énergie psychique à la forme difficile à prédire. A l'inverse, soumise à une contrainte psychique, elle se dotait subitement de propriétés physiques étranges. En la soumettant simultanément à l'action d'un champ magnétique constant et d'un "bruit blanc" électrique, un signal fait d'un enchevêtrement chaotique d'un très large spectre de fréquences différentes, elle émettait un signal perturbateur dans un rayon d'environ un mètre, rendant l'utilisation d'un pouvoir psychique très difficile ou même impossible à l'intérieur de cette bulle et protégeant le porteur d'une éventuelle tentative d'intrusion mentale. Dans une certaine mesure.


La nuit était à présent tombée. Un noir d'encre régnait sur la plaine.


"On entre, on balance tout, on ressort !"


Une des mercenaires qui se trouvait allongée non loin de Painkiller fit la grimace.


"Docteur, si ce genre de proposition machiste héroïque vous aide à vous concentrer sur la mission, parfait. Mais pourriez vous s'il vous plait nous épargner les allusions d'ordre sexuel ?"


"Hein ? Oh pardon."