L'antispecisme est il un humanisme?
Citation :OK, mais certains te demanderaient "et comment tu fais fais pour nourrir 7 milliards de personnes - sans compter les animaux d'élevage - avec des râteaux et de la fiente de pigeons, hein gros malin de néo-bobo-fonctionnaire (j'l'aime bien celle-là) ?"

Déjà, en mode troll, j'aurais envie de te dire qu'on ne les nourrit pas les 7 milliards LOL Dans les 2 milliards de nos congénères crèvent de faim, mais ça on l'oublie un peu trop souvent (on a toujours tendance à penser les choses en faisant comme le nuage de Tchernobyl: en s'arrêtant à nos frontières).

Parce qu'on produit pas assez? Loin de là....

On en a déjà parlé mais il est clair que la croissance démographique effrénée va avec le reste et est un problème majeur. Entre les années 50 et maintenant, on est passé de 2,5 milliards d'êtres humains à presque 7.... en deux/trois générations. On ne mesure pas encore les conséquences.

Sinon, petit historique de l'agriculture au XXème siècle: Après la Révolution industrielle du XIXème siècle, la population s'était tellement accrue que les campagnes étaient pleines, et malgré l'exode rural, certains ont vu arriver une famine mondiale aux proportions bibliques.

Ce qui nous a "sauvé" et permis de repartir de plus belle? Les pesticides et engrais, pesticides inventés pour la petite histoire par Fritz Haber, également concepteur du gaz moutarde en 14-18 et à l'origine de la molécule qui donnera plus tard un certain zyklon B... charmant personnage qui a probablement pourtant "sauvé" des millions et des millions de personnes.

Là dessus, dépeuplement des campagnes, crise du modèle traditionnel paysan, "révolution" agricole avec remembrement (souvent de façon absurde et injuste) après guerre. il en résulte l'éclatement du monde paysan traditionnel (avec toutes les conséquences sociales et économiques que ça peut avoir: transformation du paysan en chef d'entreprise (le rendant dépendant de subventions publiques et soumis à une incroyable réglementation), destruction des solidarités et du lien social, résultant sur un mal être grandissant et un isolement prononcé dans le monde agricole). Mais on produit. Et pas qu'un peu, les rendements deviennent dingues dans les années 50/60 (les fameuses 30 "glorieuses" qui pour moi sont responsables en grande partie des soucis que l'on a aujourd'hui). Le productivisme devient la règle et s'ancre dans les mentalités. La qualité, l'impact sur la santé (dont on a en plus conscience que depuis récemment)? Osef.

Au point où l'on a régulièrement des surplus... que l'on stocke ou que l'on détruit... parce que tout ça comme le reste est soumis aux lois du marché, et les denrées agricoles dans le monde sont parmis les plus soumises à des enjeux financiers et autres spéculations.

Je n'ai pas de chiffres ou de données et je ne suis pas spécialiste, mais on pourrait déjà nourrir tout le monde (si on ne le fait pas, c'est encore une fois par choix politique). Par exemple, actuellement, une part écrasante de la production agricole ne sert pas à nourrir les humains... mais les animaux d'élevage. Et il en faut de la bouffe... tout ça pourquoi? Pour que Mr tout le monde parmis les quelques centaines de millions de personne les plus riches (nous, les Occidentaux) puissions avoir notre steak tous les jours si ça nous dit (même si ça nous refile des cancers du colon, ça fait marcher l'industrie médicale et pharmaceutique, donc c'est tout benef... là, j'ironise hein, faut pas tomber dans la théorie du complot, tout ça n'est pas forcément prémédité, mais y a quand même un peu de ça).

Et la bouffe que l'on jette, c'est incroyable. Vous avez déjà été voir les poubelles de votre supermarché? Même d'une Coop bio? Les volumes d'aliments jetés chaque jour sont incroyables. Plusieurs dizaines de kg par établissement voir plus.......... rapporté au nombre de supermarché en France? Dans le monde?

En outre, revenir à des circuits courts et des commerces de proximité, voire de la vente directe, de plus petites exploitations mais plus nombreuses, me semble être une solution dans beaucoup de cas. Même en ville, on voit que l'on peut produire de la bouffe dans une moindre mesure. Aujourd'hui, on a les connaissances pour avoir des rendements élevés sans forcément passer par des produits nocifs à grande échelle et on pourrait faire face aux aléas qui autrefois provoquaient des crises type disettes dans les campagnes. Il ne s'agit évidemment pas de revenir à un monde paysan traditionnel. Mais de rationnaliser la distribution des richesses, dans tous les sens du terme, de façon plus juste et équitable: que ça n'aille pas toujours dans la poche de ceux qui ne savent même plus quoi en foutre. Autre exemple: dans le coin où j'habite, un certain nombre de barrages ont été construit. Leur production en électricité suffirait à alimenter tout le coin largement. Mais on consomme de l'énergie nucléaire et on vient nous coller des éoliennes de m... dans le paysage.

Au-delà, on pourrait tout à fait imaginer une production d'énergie locale vu le nombre de cours d'eau et la pente qu'il y a (et même ailleurs, suffit d'aménager un poil une rive). rien que les anciens moulins, innombrables dans le coin, qu'on a laissé tomber en ruine, auraient tout à fait pu être préservés si on y avait installé des alternateurs à la place des meules (y aurait je pense largement de quoi alimenter chaque hameau). Tout était en place: les canaux qui permettaient de gérer le débit, les constructions: ça aurait permis de conserver un patrimoine extrêmement riche et d'avoir une énergie "propre" (celle de la gravité, ni plus ni moins) pour au moins alimenter les petits villages (où on a vraiment pas besoin de ces putains de lampadaires allumés toute la nuit.... vraiment pas... d'ailleurs depuis que chez moi ils éteignent à 11h, je suis aux anges, j'ai retrouvé un ciel absolument extraordinaire depuis ma porte).

Et les villes? Ces fameuses villes? Il est vrai que les populations urbaines sont aujourd'hui démentes et extrêmement fragiles (fermez les commerces de bouffe, coupez l'eau potable et arrêtez de ramasser les ordures à Paris là pour voir.... j'pense qu'il faudra moins d'une semaine avant que ce soit Mad Max). Mais revenir à de petites exploitations agricoles (quitte à tomber dans le protectionnisme économique pour le permettre en taxant les productions industrielles polluantes: il est temps d'arriver au "pollueur payeur" et pas faire réparer les conneries de certains qui continuent à s'engraisser à ceux qui n'ont déjà pas grand chose), à des circuits courts avec des commerces de proximité, permettrait de générer un nombre d'emploi énorme à la campagne (ici y en a des terres, à la pelle, plutôt que d'y planter des saloperies de sapins en rangs d'oignon...), dans un cadre de vie qui pourrait être d'avantage préservé en compensant l'accroissement de la population par d'avantage de services publics (de nouveaux, plus d'emplois). il en résulterait moins de pression sur les villes, moins de pressions sur les agriculteurs qui actuellement sont dans une fuite en avant: "plus gros=plus de sub= plus de moyens= plus gros" sauf qu'à la fin les mecs se retrouvent à bosser 7j/7, 14h par jour, isolés, chacun pour sa gueule et n'en peuvent plus (et certains se flinguent), et une qualité de vie meilleure. Je pense que beaucoup d'urbains seraient ravis de pouvoir quitter leur cage à poule hors de prix dans les gaz d'échappement si il y avait plus d'opportunités et de vie à la campagne.

Petit aparté sur les services publics et les dépenses de l'Etat: quand ces dernières s'arrêtent, l'économie s'effondre, n'en déplaise aux chantres du libéralisme qui nous dirigent aujourd'hui. Au IIIème siècle, Rome a vidé ses caisses dans des guerres civiles interminables et pour défendre sa frontière, coupant tout l'investissement public qui permettait autrefois d'entretenir les fameuses infrastructures type aqueducs et autres... L'économie s'est littéralement effondré, amenant l'empire à la crise la plus grave qu'il ait connu avant sa dislocation définitive 2 siècles plus tard. Bref, je m'égare, fin de la parenthèse, mais à minima, un modèle d'économie Keynésienne est nécessaire. Les gens eux-mêmes sont bien trop vautour pour que l'économie fonctionne bien toute seule: ça capitalise, mais ça ne redistribue pas, ça ne partage pas, du coup les gens ont de moins en moins de moyens (=pouvoir d'achat, une société de consommation sans que les gens puissent consommer, ça sent le roussis): effondrement économique (encore une fois, l'humain est spécialiste pour scier la branche sur laquelle il est assis tellement il ne sait que se regarder le nombril).



Après, honnêtement je n'en sais rien, au fond, je n'ai pas de connaissances assez larges et détaillées pour vraiment avoir de "solutions". Mais j'ai quand même l'impression que tout cela est avant tout histoire de choix politique (et donc sociaux, économiques), choix politiques actuellement dicté par une petite élite extrêmement fortunés qui tire les ficelles et qui en veut toujours plus alors qu'ils en ont déjà énormément. On a jamais autant produit de richesses qu'aujourd'hui, jamais. Mais on est empêtré dans cette idéologie de développement perpétuel dans une logique libérale, accompagné de cette mythologie d'un "destin" de la civilisation humaine de façonner l'univers à sa façon, et ça pour moi c'est la falaise.

Bref, je suis partis un peu loin, et ça vaut ce que ça vaut hein, je prétend pas avoir la solution. Ce sont juste des pistes de réflexion qui me viennent de temps en temps, histoire de pas avoir que mes yeux pour pleurer...
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Tout ce pavé alors que deux mots suffisent...

Non, Egill est beau, mais je voulais juste rebondir sur ça :
(15-11-2020, 13:55)Egill a écrit : (même si ça nous refile des cancers du colon, ça fait marcher l'industrie médicale et pharmaceutique, donc c'est tout benef... là, j'ironise hein, faut pas tomber dans la théorie du complot, tout ça n'est pas forcément prémédité, mais y a quand même un peu de ça).
Sans tomber dans le complotisme, c'est une simple relation de cause à effet, l'en alimente l'autre. Voire symbiotique quand on voit tous les produits d'aide à la digestion qu'on nous vend. Rien de plus "naturel".

le squat
soylent green
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C est officiel, warmania est un repère de gauchiasses.
Moi aussi je peux sortir des noms d'oiseaux.
Je vous aime au passage.
Bon j ai aussi un master en management environnemental alors ça fait vibrer un truc en moi tout ça, snif. Undecided
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(15-11-2020, 15:07)la queue en airain a écrit : Tout ce pavé alors que deux mots suffisent...

Au four.

Ce qui règle aussi doublement le problème de la bouffe.
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(15-11-2020, 20:24)Cyrus33 a écrit :
(15-11-2020, 15:07)la queue en airain a écrit : Tout ce pavé alors que deux mots suffisent...

Au four.

Ce qui règle aussi doublement le problème de la bouffe.

Tain j'allais le dire :°)
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Citation :C est officiel, warmania est un repère de gauchiasses.

J'ai conscience que c'est une blague hein! Wink

Mais je rebondis quand même là dessus pour dire qu'à mon sens c'est aussi un problème de ne pas sortir d'une lecture gauche/droite (en haut, en bas? T'façon ça change tout le temps en fonction de comment on se tourne LOL ) du problème.

Et plus globalement d'une façon très limitée de réfléchir la politique.

Y a beaucoup de choses dans les idéologies dites "de gauche" (en France donc, puisque c'est une lecture avant tout française de la chose) qui perso ne me plaisent pas. Notamment le fait qu'aucune, à part peut-être certains courants anarchistes (mais qui posent beaucoup de problèmes pratiques à mon sens), ne remet vraiment en question ce modèle de développement matérialiste (sans aucune notion d'"équilibre") qui anime notre civilisation et qui est pour moi le coeur du problème. Par exemple le fait que la société paysanne traditionnelle ait toujours été considérée comme un adversaire des idéologies de gauche: c'est une conception très urbaine de la société et de la civilisation, qui repose sur déjà sur un développement industriel et urbain donc, de la société.

Et inversement, il y a certaines formes de "réaction" (au sens "réactionnaire"), qui me paraissent intéressantes, justement dans le fait qu'elles s'opposent à certains aspects de l'idée de progrès (typiquement je pense au côté un peu réac, sur certains aspects, de Tolkien par exemple, qui pour moi est politiquement inclassable selon les grilles de lectures actuelles, ce qui explique peut-être le fait que son œuvre parle autant à des hippies qu'à des néo nazis, et à la plupart des nuances entre les deux). Bref, on arrive pas je trouve à se penser comme une civilisation, c'est à dire comme un ensemble idéologique et culturel qui n'a rien d'absolu, qui est basé sur des choix, des croyances, des habitudes qui n'ont rien d'absolu et de définitifs.

Et du coup qu'on peut réfléchir selon des perspectives globales qui n'ont pas forcément à être classées idéologiquement.

Citation :Au four.

L'idée est de réfléchir à une alternative. Sinon y a le cannibalisme aussi: on règle d'une pierre deux coups le problème de la surpopulation et de la faim! Ca fait une sorte d'entre deux LOL .
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(15-11-2020, 21:40)Egill a écrit : Sinon y a le cannibalisme aussi: on règle d'une pierre deux coups le problème de la surpopulation et de la faim! Ca fait une sorte d'entre deux
Tu noteras que j'ai anticipé. J'ai laissé aux gens deviner le "au four" tout en proposant le soylent green en post signature.

le squat
pragmatique
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On peut avoir les 2, un cannibale peut souhaiter manger chaud.
Arrow
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Après, faites gaffe à pas bouffer n'importe qui, quand même.
Genre évitez les fumeurs, ya trop de métaux lourds dedans ! LOL

C'est moi ou on a dévié ? LOL
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On a dévié, oui, mais c'est aussi salvateur. Rire fait du bien.
Bref, on va essayer de (se) recentrer.
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Atteindre :