Histoire guerrière et militaire, de la fronde aux armes autonomes
#81
(24-04-2020, 11:45)Egill a écrit : Mais c'est pourtant un débat qui anime pas mal les archéologues pour certaines périodes. J'ai entendu et lu à de nombreuses reprises qu'un objet un peu décoré, un cimier représenté sur une fresque ou une céramique, c'étaient des "tenues d'apparât". Dans la culture populaire, on voit souvent le Moyen Age comme une période sombre et crasseuse où les gens ne portaient que des armes patinées voir rouillées, mal entretenus et ne connaissaient comme couleurs que diverses nuances de bruns.

D'un autre côté, souvent, les reconstituteurs, qui sont souvent des amoureux des objets d'une époque donnée, cherchent eux à trouver tout un tas d'arguments, souvent aux frais de l'objectivité, pour dire que les objets les plus clinquants et ornementés étaient portés.


Tout dépend de se que tu considere comme ornementé, l'ornement seul ne fait pas de lui un objet chere à produire, tout dépend de ce qui est fait dessus et par qui, pour exemple un casque polis parfaitement (donc lisse) est plus dure et plus long à faire qu'un casque couvert de motif ciselé et je parle de ma propre expérience, car je suis à l'origine ciseleur de l'école Boulle et connue par mes paire pour etre capable de faire un polis noir (miroire).



(24-04-2020, 11:45)Egill a écrit : Etaient-il portés ou n'étaient-ce que des pièces d'apparât ou à vocation cultuelle (le premier a été retrouvé dans une tombe, le second en petits bouts dans une grotte, où des dépôts d'objets ont été fait de la préhistoire au Moyen Age, probablement lié à un culte Chtonien (divinités souterraines, monde des morts, tout ça)?

casque préviking de Valsgard en Suède
Sur ce casque qui est en bronze (et acier mais je suis pas sure pour le cimier) il y a des motifs ciselé en tracé matis et de la cote de maille ca peut etre un casque de bataille pour un chef de guerre.

casque gaulois d'Agris retrouvé en Charentes
Celui là c'est un casque avec une fine feuille d'or pure ciselé en tracé matis et en repoussé (les forme en voulume) avec des emaux, c'est purement un casque d'apparat ou pour des ceremonie religieuse, ou faire officie de couronne pour un roi guerrier.

(24-04-2020, 11:45)Egill a écrit : Les cimiers des casques antiques nous semblent aberrants tellement ils pouvaient déséquilibrer un combattant ou constituer une prise et un point faible dont l'ennemi peut profiter.

Il faut déjà séparé les cavaliers des fantassins, car ce n'est pas la meme problématique pour le corps à corps deplus, un cimier peut servir à un général ou un officier pour etre visible par ses hommes sur le champs de bataille (ou pour etre vue par les méssagé) sans forcément que ces dernier combattent; mais souvent les cimiers ou les coiffes très impressionnante était pour les défilé d'apparat ou pour des garde du corps de souverain pour impressionner.




(24-04-2020, 11:45)Egill a écrit : Et j'ai eu de longs et passionnants et passionnés débats sur la question, que ce soit avec d'humbles amateurs comme moi, des reconstituteurs, et parfois des historiens ou archéologues. L'usage et la place de l'objet dans les sociétés anciennes, et en particuliers des armes et armures qui sont tout sauf des objets anodins, sont loin d'être simples. Toute la dimension religieuse, le rapport au monde de ces culture (souvent imprégné de "magie") comptent énormément (et peut-être que dans l'esprit du guerrier de Valsgard, les ornementations de son casque le protégeait des sorts ou malédictions que ses ennemis risquaient de lui envoyer (et que ça pouvait donc être plus importants que la protection physique offerte par le casque) ou que s'il mourrait au combat, il fallait arriver chez les dieux avec un équipement qui en jette pour être reconnu comme héros..... ce ne sont que des idées sans fondement, mais ça montre à quel point les mentalités jouent sur la façon de porter un équipement).

C'est vraie que les symboles ciselé avait tous un but, tu ne met pas un dessin de sanglier sur un casque gaulois par ce que ca fait jolie, tu le met pour un symbole de force; le designe était réfléchie pour un but précis, rien n'est fait au hasard et pour les armures polis miroir la raison est que c'était tres impressionnent de voir un cavalier ou un fantassin avec la lumière du soleil se refléter dedans ca donné un coté "magique" avec une armure scintillante.
Il faut savoir aussi que le polis empeche ou ralentie l'oxydation du métal et peu en cas de combat singulier éblouir un peu l’adversaire.

(24-04-2020, 15:55)Egill a écrit : Je suppose aussi que dans notre inconscient (donc même malgré nous), l'image de barbares dépenaillés et un peu arriérés (qui ne saurait donc arborer une telle finesse dans ses ornementations) est fortement ancrée.

C'est aussi du à l'éducation à l'école, pour exemple les gaulois ont inventé le savon, le rouge à levre, le peigne, le gratte ongle/oreille , ils étaient un peuple tres propre, tout les hommes se peigné la barbe et les cheveux, ils se les teinté meme (les gaulois n'était pas blond à l'origine mais aimaient se teindre les cheveux dans cette teinte) les femmes se maquillé les lèvres et les yeux avec du fard; leur travaille sur les métaux était exeptionel, si bien que les forgeron dans l'empire romain était majoritairement gaulois; on à peu de trace de leur batiment car il avaient choisie le bois comme matériaux principale, mais en terme de joaillerie rien à dire, le casque en or que tu a mis en photo à longtemps était considéré comme une piece plus récente car les archéologue pensé les gaulois incapable d'un tel travail.

La vision que l'on a en france des gaulois est une vision rétrograde de gentil barbare avec des casque ailé (qui eu n'existe pas, c'est une mauvaise interprétation des textes de jules cesar) alors que c'était une grande civilisation avec une culture, un culte et un gros savoir faire en métallurgie et en agriculture riche est puissant.
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#82
Citation :casque préviking de Valsgard en Suède
Sur ce casque qui est en bronze (et acier mais je suis pas sure pour le cimier) il y a des motifs ciselé en tracé matis et de la cote de maille ca peut etre un casque de bataille pour un chef de guerre.

Les casques de type Valsgard/Vendel sont très particuliers. ils sont plutôt petits, déjà (même si ça ne veut rien dire, leurs porteurs étaient peut-être plus petits qu'aujourd'hui). Et surtout, on ne les trouve qu'en milieu funéraire et dans une région très limitée (au nord de Stockholm et du Lac Malar, à l'exception notable du casque de Sutton Hoo qui semble du même tonneau dans sa conception et retrouvé en Angleterre).

Le cimier (l'espère de bourelet somital) est constitué d'une fine tôle de bronze. La calotte est en acier.

Citation :avec des emaux

Ce sont des incrustations de corail.

Citation :Celui là c'est un casque avec une fine feuille d'or pure ciselé en tracé matis et en repoussé (les forme en voulume) avec des emaux, c'est purement un casque d'apparat ou pour des ceremonie religieuse, ou faire officie de couronne pour un roi guerrier.

Pour celui là les spécialistes (dont son découvreur) pensent même qu'il s'agit d'un casque votif, c'est à dire réalisé spécialement pour être offert dans le cadre d'un rite religieux.

Il est constitué d'une calotte de fer recouvert d'une taule de bronze ornementée sur laquelle a été appliqué de la feuille d'or qui fait ressortir les décors, eux-même incrustés de corail. J'ai eu la chance de le voir de près, et c'est un truc incroyable.... chaque rivet est décoré, ça se voit à peine à l'oeil nu....

Le fait cependant que l'on classe ces objet dans telle ou telle catégorie, ou même que les peuples de cette époque aient pu faire les même distinctions que nous (apparât, fonctionnel; ornemental/utilitaire) me paraît quand même découler d'un biais qui est un regard contemporain sur l'objet et sa dimension matérielle.

Ces décors fins et qui semblent peu adaptés au combat avaient peut-être une toute autre importance qui justifiait de prendre des risques.

Certaines armes gauloises, notamment les fourreau d'épée (en fer, constitués de deux tôles d'acier bombées et maintenues ensemble par des gouttières et fermées par une bouterolle) étaient très ornementées. Il y avait clairement une fonction magique à ces ornementations. En effet, les motifs n'étaient bien évidemment pas choisis au pif, bien qu'il ne faut pas nier non plus leur dimension artistique. Les gens de cette époque aimaient aussi le beau, et ne cherchaient pas forcément à donner un sens prévis à tout. La plupart des motifs de l'art celte antique sont d'ailleurs des motifs et thèmes classiques, grecs surtout, réadapté en fonction de leurs goûts et de leur rapport au monde.

Citation :Il faut déjà séparé les cavaliers des fantassins, car ce n'est pas la meme problématique pour le corps à corps deplus, un cimier peut servir à un général ou un officier pour etre visible par ses hommes sur le champs de bataille (ou pour etre vue par les méssagé) sans forcément que ces dernier combattent; mais souvent les cimiers ou les coiffes très impressionnante était pour les défilé d'apparat ou pour des garde du corps de souverain pour impressionner.

Des textes (Hérodote? Thucydide? Me rappelle plus) nous disent que les grandes crêtes et autres cimiers typiques des hoplites grecs étaient bien destiné à se rendre plus impressionnant au combat.

Les armes et armures de la période achéenne (âge du bronze grec) étaient incroyables au niveau des ornementations et des cimiers. Et ça correspond pile poile à la période homérique, où les combats consiste en des combats singuliers entre champions et héros, souvent montés sur des chars eux aussi conçus pour impressionner. Cette dimension héroique imprègne beaucoup les cultures de l'antiquité et leur façon de combattre. On retrouve ça chez les gaulois du début du Second âge du fer.

Et le guerriers typique de l'antiquité, c'est avant tout un fantassin: hoplite, phalangiste, légionnaire, ou même un guerrier gaulois. D'ailleurs les "cavaliers" celtes, souvent montés sur des petits chevaux n'étaient que des fantassins hippomobiles: le cheval ou le char étaient destiné à accroître leur mobilité et leur réactivité, mais ils mettaient pied à terre pour combattre.

Citation :C'est aussi du à l'éducation à l'école, pour exemple les gaulois ont inventé le savon, le rouge à levre, le peigne, le gratte ongle/oreille , ils étaient un peuple tres propre, tout les hommes se peigné la barbe et les cheveux, ils se les teinté meme (les gaulois n'était pas blond à l'origine mais aimaient se teindre les cheveux dans cette teinte) les femmes se maquillé les lèvres et les yeux avec du fard; leur travaille sur les métaux était exeptionel, si bien que les forgeron dans l'empire romain était majoritairement gaulois; on à peu de trace de leur batiment car il avaient choisie le bois comme matériaux principale, mais en terme de joaillerie rien à dire, le casque en or que tu a mis en photo à longtemps était considéré comme une piece plus récente car les archéologue pensé les gaulois incapable d'un tel travail.

On est d'accord et pourtant même en discutant avec de grands spécialistes de la question (ou en assistant à leurs conférences ou en lisant leurs livres) on sent un peu parfois une certaine méfiance qui persiste, une prudence en tous cas, que l'on ne constate pas pour d'autres peuples.

Je rajouterais que l'art de la Tène est unique en son genre dans l'antiquité et s'écarte largement des canons esthétiques classiques qui pourtant imprégnaient toute la culture de la Méditérannée à l'époque.

Citation :le casque en or que tu a mis en photo à longtemps était considéré comme une piece plus récente car les archéologue pensé les gaulois incapable d'un tel travail.

Le casque d'Agris a été trouvé dans les années 80 donc je pense que tu confonds avec un autre casque également ornementé retrouvé dans la Seine (j'ai oublié son "nom") et qui a effectivement été retrouvé au XIXème et que l'on refusait de croire gaulois.

Edit: le casque d'Amfreville (même époque et même style artistique que celui d'Agris, soit le IVème siècle av JC.... contemporain d'Alexandre le Grand à peu près donc):

[Image: Casque_d%27Amfreville_Eure.jpg]

Mais pour le reste, tout à fait d'accord, la civilisation de la Tène ne cesse de surprendre par son raffinement, notamment dans son art. Je vous recommande la lecture des bouquins de Venceslas Krutas sur la question, il a une approche de cet art vraiment intéressante.
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#83
oui c'est celui là, exact, pour le casque Valsgard/Vendel il faut savoir qu'avec le temps les metaux se rétracte avec un pourcentage plus ou moins grand selon comment ils ont été conservé ce qui donne souvent les casque particulièrement petit alors qu'a leur origine ils étaient plus grand; c'est le cas avec le reste aussi mais c'est plus visible sur les casques.

Au niveaux des ornements ce qu'il faut aussi voire c'est que avant les personnes capable de faire çà étaient bien plus nombreuse qu'a notre époque, pour exemple à paris les ciseleurs/orfevres (orfevrerie, c'est les pieces de déco et l'art de la table) en 1900 étaient plusieurs millier alors que maintenant ils sont quelques dizaines.


Pour les casques et armure il y a aussi une chose à prendre en compte c'est la façon de combattre de l'époque (qui n'est pas vraiment ce que l'on voit dans les film) qui permet aussi d'expliquer pourquoi il y a tel ou tel chose en ornement, en gros quand tu est dans une phalange il y a peu de chance qu'un mec se saisisse de ton cimier pour te mettre à terre.
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#84
(24-04-2020, 19:56)appolo a écrit : la façon de combattre de l'époque (qui n'est pas vraiment ce que l'on voit dans les film)

Tu m'étonnes Big Grin , avec une armure sur le dos, une arme à la main et un bouclier, je pense qu'au bout de 10 minutes, tu sues comme bœuf, souffles comme une forge et peut à peine lever ton arme pour frapper...
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#85
Je n'y connais rien, mais finalement est-ce que la qualité de l'équipement ne venait pas du fait qu'il soit personnel ?
J'en sais rien, mais si je devais m'acheter avec mes sous une armure et une épée, j'aimerai bien avoir un peu tuning dessus,
ou des portes bonheur accrochés. Si c'est mon matos et que je dois les trainer pendant des années, autant que ça soit jolie à regarder, non ?

http://swompytimeindustrie.blogspot.fr/

ODF, mon combat, ma bataille

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#86
ca dépend des époques et des peuples, si l'armée était professionnelle ou pas, équipé par un seigneur ou non etc..

Une bonne épée en acier çà coutait tres tres cher; c'est beaucoup d'heure de travail, à cela tu ajoute la qualité de l'acier, la qualité du travail qui va dessus, de la forme qui va jouer aussi et enfin les decorations que tu va mettre dessus mais en gros une tres bonne épée c'est 6-8 mois de travail sans decoration, car le fait de replié le métal sur lui meme (ce que l'on appel vulgairement du damas) prend tres longtemps (les gaulois le pratiqué déjà).
Donc si tu es un seigneur pas de probleme (car je rapelle que l'épée se transmetait en héritage ) si tu es un paysan là c'était plus compliqué, pour reprendre l'exemple des gaulois les plus riche avaient des épées les autres des Scramasaxe (fauchards) et on atrouvé dans des tombes pour les moins fortuné des épée en bois cerclé d'une bande de fer afutée.
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#87
Il y a un mec en 14-18, il a fait ça:

[Image: 917b478d42_87219_album-avion-mythique3.jpg]

Du coup, mine de rien, si un aviateur a pu peindre son avion aisni pour prouver qu'il avait des cojones et faire peur à ces adversaires, j'imagine mal un haut seigneur du Moyen âge ou un grand guerrier de l'Antiquité ne pas faire de même.

Je me souviens de l'épée de François Ier visible aux Invalides:

[Image: 220px-Spada_di_francesco_I%2C_con_elsa_f...ca._03.jpg]

C'est une véritable oeuvre d'art, entièrement fonctionnelle. Un objet fait pour exprimer son rang ET tuer des gens.

Par les textes, on sait tout de même que les bannières, les écussons, les armoiries, les rubans, bref, une foultitude tâches colorées permettaient aux différents combattants de se reconnaître ou de garantir la cohésion d'une unité. que dire des lansquenets qui ont inspirés une certaine armée de fantasy?

Je subodore que les armées d'empire étaient peut-être moins chatoyante (et encore, j'imagine mal la légion romaine avec des pauvres pagnes brun et des chemises de même couleurs), mais à partir du moment où la guerre est devenu une question d'ego en la réservant à une élite fortunée, il faut se montrer sur le champs de bataille et si on a les moyens, montrer ses gens.
J'étais Steve.

Maintenant, appelez moi juste Commissaire Xavierovitch!

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#88


Big Grin
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#89
Citation :Donc si tu es un seigneur pas de probleme (car je rapelle que l'épée se transmetait en héritage ) si tu es un paysan là c'était plus compliqué, pour reprendre l'exemple des gaulois les plus riche avaient des épées les autres des Scramasaxe (fauchards) et on atrouvé dans des tombes pour les moins fortuné des épée en bois cerclé d'une bande de fer afutée.

Je me permet de rectifier: les gaulois ne connaissaient pas la scramsaxe. C'est une arme germanique de la fin de l'antiquité et du début du Moyen Age (que l'on retrouve chez les vikings) inspirée probablement de la falcata romaine. Et j'ai jamais entendu parler de ces épées en bois cerclées de fer....

L'arme par excellence du gaulois c'est la lance, et l'épée, cette dernière étant, pour les raisons que tu invoques, réservée à l'élite, aux guerriers "professionnels". Les paysans (mais il n'y avait pas forcément de distinction nette entre nobles et simples hommes libres dans ces sociétés, les "nobles" étaient les plus riches et les plus influents) étaient armés avant tout d'une lance, d'un bouclier, et c'est tout (peut-être un couteau ou un poignard en plus).

Les gaulois, comme les germains, fonctionnaient avec une aristocratie guerrière à leur tête, où des puissants (des hommes libres riches et influents donc, auxquels l'assemblée des hommes libres pouvaient conférer des charges spéciales, comme des commandement militaire, à l'instar des statèges en Grèce) s'entouraient d'un groupe de fidèles: la drott chez les vikings, la druzina chez les slaves, qui donneront les mesnies médiévales. Ces hommes rejoignaient un puissant, leur étaient fidèles et constituaient une sorte d'armée privée permanente (et constituaient les toupes d'élite en temps de guerre) autour de lui. Ces groupes étaient soudés par un système de dons et de contre dons. Les puissants remerciaient leurs fidèles par des dons, notamment des armes de prix et des parures. Souvent, c'était financé par le butin de guerre, donc il fallait faire des expéditions, et pour ça il fallait des hommes et pour avoir des hommes, il fallait pouvoir les récompenser, donc le système s'entretenait de lui-même. César décrit très bien ces liens de clientélisme dans la Guerre des Gaules. C'était aussi un moteur des expéditions vikings au moment où une aristocratie scandinave (puis des lignées royales) s'imposaient de plus en plus.

L'armement fourni par un seigneur ou l'Etat c'est très tardif. En Grèce antique, les hoplites, ceux qui pouvaient se payer l'équipement hoplitique (casque, cuirasse, hophlon, le grand bouclier de bronze, et une épée ainsi qu'une lance) constituaient l'élite économique et politique de leur cité. Les plus basses classes censitaires constituaient les auxiliaires, archer, frondeur, et très important à Athènes (et qui a joué un rôle très important dans l'affirmation de la démocratie) les rameurs de la flotte. A Rome, les légionnaires devaient également payer leur équipement, ce qui implique une bien plus grande disparité dans les équipement de ce qu'on voit dans les films ou autres médias dépeignant des romains.

Citation : car le fait de replié le métal sur lui meme (ce que l'on appel vulgairement du damas) prend tres longtemps (les gaulois le pratiqué déjà).

Les épées gauloises étaient en effet d'une très grande qualité, ce qui contredit certaines sources, notamment l'auteur grec Polybe, qui raconte que les gaulois devaient redresser leurs épées tordues après avoir donné quelques coups. Toutes les épées gauloises retrouvées (et elles sont nombreuses, contrairement aux casques et autres protections) prouvent que c'était faux. De là à imaginer que Polybe a mal interprété une pratique cultuelle (les épées prises aux vaincus étaient systématiquement offertes aux dieux et avant cela mutilées, et notamment tordues de manière assez étonnantes) il n'y a qu'un pas. Il faut toujours se méfier des sources et surtout les croiser entre elles.

Les Germains et notamment les mérovingiens ont perfectionné cet art de la métallurgie à un point surprenant (les épées mérovingiennes étaient des bijoux, avec des lames en "damas" (les gaulois ne connaissaient que le corroyage) et jusqu'à l'époque viking, les lames franques étaient les plus réputées d'Europe, d'un niveau au moins égal à ce que les japonais ont pu faire avec leurs sabres 1000 ans plus tard (après, la question n'est pas de savoir qui avait la plus grosse.... c'est le cas de le dire).

[Image: 6076f3e329f61c6f316dadfe33a4e185.jpg]

Et l'ornementation pouvait être impressionnante:

[Image: fMwucQJg.jpg]

Citation :Je n'y connais rien, mais finalement est-ce que la qualité de l'équipement ne venait pas du fait qu'il soit personnel ?

Dans ces cultures, l'arme n'est pas un simple outil. On prête aux armes des propriétés magiques, religieuses (que l'on voit dans des mythes tardifs comme celui d'Excalibur ou de Durendal). L'arme est également un symbole de liberté. Chez les Gaulois, un homme libre n'avait le droit de paraître aux assemblées qu'à partir du moment où il avait le droit de porter une arme (c'est à dire à partir du passage à l'âge adulte).

Chez les vikings, l'arme est également un symbole de liberté: un homme libre se doit d'assurer la défense de son clan, de sa communauté, sans forcément s'en remettre à un seigneur ou un roi (que l'on va rejoindre d'avantage pour agresser que pour se défendre).

C'est proche de l'idée du citoyen soldat grec. On a les droits d'un citoyen qu'à partir du moment où on contribue à la défense de la cité (oui l'Histoire de l'humanité ne passe que par des rapports de force guerriers, c'est triste, mais ça fait au moins de beaux objets).

Citation :Pour les casques et armure il y a aussi une chose à prendre en compte c'est la façon de combattre de l'époque (qui n'est pas vraiment ce que l'on voit dans les film) qui permet aussi d'expliquer pourquoi il y a tel ou tel chose en ornement, en gros quand tu est dans une phalange il y a peu de chance qu'un mec se saisisse de ton cimier pour te mettre à terre.

tout à fait, c'est ce qui m'est revenu en tapant mon précédent message.

Mais je parlais également des parures des guerriers achéens de l'âge du bronze: à cette époque, pas de phalange hoplitiques, c'est l'idéal héroique du duel entre guerriers qui prévaut (incarné par le duel Achille/Hector dans l'Illiade). Et pourtant, les mecs étaient sapés comme des sapins de noël. A l'époque du casque d'Agris, les Gaulois combattaient de façon très différente qu'à l'époque de la Guerre des Gaules. D'ailleurs, je ne saurais que vous recommander une fois encore le roman "Les Rois du Monde" de J Philippe Jaworski, roman de fantasy historique, qui est assez bluffant sur la restitution de ce qu'on connait des mentalités de ces élites guerrières de l'époque et de cette culture.

La guerre a toujours été au coeur des repères sociaux et culturels, une sorte de ciment social où se légitiment les hiérarchies et l'exercice du pouvoir. Dans l'antiquité, un roi se doit d'être un roi guerrier, qui mène ses hommes à la victoire. Elle revêt également une grande importance spirituelle et religieuse: c'est un jugement des dieux (les au-delà pour les héros tombés au combat, que ce soit les champs élyséens ou la Valholl scandinave, sont toujours les plus enviables par rapport à l'Hades qui n'est pas l'enfer chrétien, mais qui fait pas des masses envie non plus), une façon de rétablir l'équilibre entre ordre et chaos. Et cette dimension se reflète dans l'équipement, loin des considérations pragmatiques contemporains par lesquels on a tendance à interpréter les choses.

Et ça passe aussi par la parure. C'est également le cas chez des peuples "primitifs" comme les indiens des plaines: la parures distinguent ceux qui s'illustrent à la guerre, en protégeant et menant leur communauté à la victoire.

En Irlande ou chez les vikings, une défaite peut signifier l'arrêt de mort pour les chefs et les rois. Leur pouvoir n'avait rien d'absolu, ils avaient plus de responsabilités que de facilités en fait (et pas qu'à la guerre, qu'une épidémie ou une famine surviennent, et les puissants avaient du soucis à se faire, car ils étaient responsables de l'harmonie entre le monde des hommes et celui des dieux, de la concordance entre les équilibres naturels, incarnés par les dieux, et l'organisation de la société.... en cas de calamité, les roitelets de l'époque païennes en Irlande étaient systématiquement sacrifiés aux dieux).

Citation :Tu m'étonnes Big Grin , avec une armure sur le dos, une arme à la main et un bouclier, je pense qu'au bout de 10 minutes, tu sues comme bœuf, souffles comme une forge et peut à peine lever ton arme pour frapper...

Je n'imagine même pas ce que ça devait être de combattre avec un casque corinthien sur la tronche, une cuirasse en bronze, des cnémides en bronzes et un lourd bouclier sous le soleil de Grèce ou de Perse....

Ceci dit, on a également de fausses idées là dessus. Un combattant entraîné supporte tout à fait cet équipement, et les batailles de l'antiquité pouvaient durer des heures, voir des demi journées entières. Et on ne se rend pas compte, mais un équipement hoplitique n'est pas "si" lourd que ça.... ça représente autour de 20/30 kg tout compris. Ca peut paraître beaucoup, mais un soldat contemporain, avec son casque blindé, son gillet parre balle, ses flingues, ses grenades, ses munitions, son paquetage (pouvant comprendre radio et autres), peut porter jusqu'à 40 à 50 kg sur le dos.... les mecs en Irak ou Afghanistan doivent bien suer comme des boeufs aussi... mais ils sont entraînés pour ça, et manifestement, ça se fait.

Les légionnaires romains étaient entraînés à trainer tout leur bardas (y compris de quoi roupiller et faire la popotte en plus des armes et armures) jusqu'à 40 km par jour, et à monter un camp retranché pour la nuit après...
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#90
Voilà, ils sont entraînés, c'est un métier même s'il est saisonnier dans certains cas. Malgré tout, ils devaient en chier Big Grin !
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