Migrer vers l'ailleurs : le départ en fanfare

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Citation :
Il y a 15 heures, L`Eternel a dit :




Au risque de me répéter, l'exploitation, sauf bond spectaculaire dans la technologie, ne rapporterait RIEN a ceux qui engagerait l'investissement. Car on parle d'un retour supérieur à la vie d'un humain. Vouloir à tout prix ignorer cet état de fait ne le rendra pas moins vrai.




Je ne te suis pas.




Qui engage l'investissement ?




Tu te souviens des gars, du privé ou du public, qui ont massivement investi dans le chemin de fer sous Napoléon III ?




Avant qu'ils ne soient tous rassemblés dans la SNCF, que le TGV n'mène ce bond spectaculaire dans la technologie, les petites compagnies privées et l'infrastructure stratégique d'Etat leur ont certes rapporté. Et elle rapporte encore. Pourtant ces initiateurs sont morts.




 




Quelle différence y a-t-il avec ce matin, lorsque la NASA satellise un télescope spécialisé dans la recherche des exoplanètes. Investissement d'Etat, avec la certitude que les divers personnes qui ont initié ce projet, l'ont résolu techniquement, l'ont financé au nom des contribuables, n'iront jamais sur une exoplanète de leur vivant ?




Le lanceur utilisé est une fusée SpaceX, société d'Elon Musk, investissement privé donc, qui lui par contre rêve de faire un aller-retour sur Mars avant de mourir. Le bénéfice immédiat du lancement de ce matin n'est pour lui qu'un moyen, qui fera que son rêve, atteint ou pas, de toute façon lui survivra, et profitera à d'autres. Comme le télescope qui n'est pas que profit pour les fabricants de lentilles.




 




Je ne comprends pas cette limite d'une vie humaine pour cautionner ou non un projet qui, par nature, dépasse cette limite.




Même Elon Musk peut mourir demain d'un AVC ou d'un accident de voiture. Faut-il ne rien faire parce qu'on peut mourir ?




Comme si notre mort nous appartenait.




Et je comprends encore moins qu'on puisse assujettir un destin collectif à son seul point de vue individuel, ses connaissances momentanées. Sans doute y a-t-il un appétit de la récompense immédiate, mais celle-ci n'est pas constitutive dès qu'on y réfléchit trois secondes.




Tes petits-enfants vivront peut-être sur Mars (malgré toi, mais grâce à d'autres, pourtant ce sont *tes* petits-enfants, une part transmise de toi qui se poursuivra là-bas, Môssieur L'Eternel qui assume mal son pseudo ;)




 




En clair, j'exhorte à la vigie : ne pas ignorer le monde pour ne pas qu'il vous ignore (une frustration qui peut toujours amener à des propos fatalistes ou, pire, au veganisme ;). 




 




Nous sommes faillibles individuellement, comme collectivement, mais l'inverse s'applique aussi. C'est la rançon, cruelle, du libre arbitre, pilier de la définition de l'Humanité.




 




Un simple exemple (qui vient aussi répondre à la question posée dans un autre thread parallèle "à quoi sert la SF") :




 




Deux articles viennent d'être simultanément publiés dans la revue Nature : "le Gulf Stream ralentit, et ce n'est pas une bonne nouvelle".




Pour ceux qui ne savent pas nager, je résume :




 




"Ce courant transocéanique, principal régulateur du climat planétaire, n'a jamais été aussi faible depuis 1600 ans (conclusion d'une étude sur la grosseur des grains de sable qu'il transporte).




Le Gulf Stream a deux étages : un chaud proche de la surface, d'eau douçâtre, et un froid, profond, d'eau salée, qui s'interalimentent et assurent la vitesse, donc le lissage climatique.




Entre l'an 400 et l'an 1850, la taille des grains et donc la vitesse de transport est stable, ensuite cette vitesse ralentit jusqu'à un a-pic vers 1950. Depuis, le Gulf Stream a encore perdu 15% de sa vitesse. La vague de chaleur de 2015 en est l'une des conséquences, les positions des courants ont également changé, redistribuant la pêche commerciale.




 




Ce n'est pas nouveau dans l'histoire de la planète, toutes les glaciations doivent par exemple à ce ralentissement, interactif avec la composition de l'atmosphère. C'est la brutalité actuelle de celui-ci qui inquiète. Les dates de déccélaration, 1850, 1950, résonnent également (révolution industrielle, mondialisation) même si l'impact de l'homme qui chauffe l'air, fait prouter les vaches et pêche dans l'eau n'est pas prouvé.




La fonte des glaces, avérées aujourd'hui, explique en partie ce phénomène : l'eau douce libérée ne se sale pas assez vite et donc ne coule pas assez vite pour que l'étage inférieur équilibre l'étage supérieur du Gulf Stream.




 




Pire, la quantité d'oxygène dans les différentes strates marines en décroit : les océans ne sont donc plus la principale éponge à dioxyde de carbone mais, au contraire, l'abondent. La diminution d'eau riche en oxygène flingue le plancton, les poissons, les oiseaux, les baleines. Des zones de pêche entières disparaissent depuis 30 ans, néantisation accélérée par la surpêche par ignorance (je peux en témoigner : deux de mes oncles pêchaient sur chalutiers industriels dans l'Atlantique, et je les vis se déporter année après année d'Ecosse à l'Islande, de plus en plus profonds, pour des tonnages moindres. Ces chalutiers ont aujourd'hui disparu des ports français).




 




La paléoclimatologie montre que ce cercle vicieux, à un moment brutal, bascule : le Gulf Stream s'arrête. La dernière fois c'était il y a 13 000 ans.




Ce qui stresse vraiment les scientifiques est l'absence de prédiction possible : le système ralentit, rien de notable ne peut mécaniquement venir le raccélérer, mais personne ne sait jusqu'où il tiendra. Ils en sont donc arrivés à préciser les conséquences de l'inéluctable (et c'est là où Nature précise que ça pue du cul, je traduis rapidement ;)




 




Les premières côtes touchées seront celles de l'Atlantique Nord. Le très sérieux magazine Nature en remercie le film de Roland Emmerich "Le Jour d'Après", de l'illustrer très précisément, y compris dans sa brutale rapidité (!)




Toujours d'après Nature relayant des modèles informatiques que ces études vérifient, l'arrêt imminent de Gulf Stream élève le niveau des eaux par une cascade complexe, mais rapide, de dérégulations, immergeant New York et Boston plus vite que la Bretagne (d'autres endroits aussi, mais qui lisent moins Nature ou contribuent moins au financement de l'University College London, la Woods Hole Oceanographic Institution, le fonds de recherche européen Atlas ou l'Institut Potsdam ;). ça pénètrera les terres jusqu'au Sahel."




 




L'Humanité n'en mourra pas, certains esprits (grâce à Valérian, The Expanse... Cette SF qui pille très tôt les revues scientifiques, à la Jules Verne, comme autant de Dixième Homme de World War Z ;) sont même préparés depuis longtemps à cette image impactante de New York remparée, ce qui est toujours un plus mental quand il faut réagir, accepter, refaire sa vie au premier étage de s'baraque.




 




Le côté "marrant", c'est que tout Warmania s'en branle, ie qu'on en parle pas chez le boulanger, que Pernaut n'en fait pas une édition spéciale : pourtant, d'après Nature, cet évènement peut donc désormais intervenir de notre vivant, <a contenteditable="false" data-ipshover="" data-ipshover-target="<___base_url___>/profile/19695-leternel/?do=hovercard" data-mentionid="19695" href="<___base_url___>/profile/19695-leternel/">@L`Eternel</a>.




 




Du coup, période glaciaire pour période glaciaire, si on ramène ça aux programmes d'aide à l'isolation des habitations des particuliers, aux conséquences qu'ont sur l'électricité et les transports un hiver normal, je ne vois pas pourquoi j'irai faire chier les africains pour loger ma famille loin des congères.




La glacière martienne au moins bénéficiera des dernières avancées technologiques, d'un air vraiment pur, d'une architecture libérée par la disponibilité foncière, d'une ambiance familiale et d'un système fiscal avantageux. Pour peu qu'on puisse aussi y importer NetFlix... ;)


(Modification du message : 19-04-2018, 13:12 par KDJE.)

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Migrer vers l'ailleurs : le départ en fanfare - par KDJE - 19-04-2018, 13:11