Archéologie, histoire et préservation des sites...

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Pourquoi ces fouilles sont-elles ouvertes à la concurrence ? Il y a des sociétés privées de fouilles archéologiques ?? 




 




Et oui, l'idée sous jacente étant de casser le prix d'une fouille, ce qui explique que les services de l'Etat tirent maintenant la langue. Saccage des pouvoirs publics, vision neo libérale à cours terme à la c.... tout ça.




 




J'hallucine de voir qu'il y a des archéo professionnels dans le coin! Moi j'ai fui lâchement, les crêpages de chignons et guerres d'ego, j'ai jamais compris, ni eu l'envie, d'y faire mon trou. Pis je suis bien trop casanier... Pis.... Nan les regrets c'est le mal...




 




Perso j'ai pu participer à plusieurs chantiers archéo au cours de mes études. C'est du bénévolat mais c'est pas franchement très difficile d'y aller. J'étais gonflé à bloc et vraiment ultra heureux d'enfin voir de l'archéologie de prêt. La première semaine, j'étais tellement perclus de courbatures, cramé par le soleil et manquait vraiment de sommeil (dormir à 30 sur des matelas de camping dans une salle de classe de l'école locale, quand on a pas l'habitude, ça aide pas au sommeil) que j'ai cru que j'allais arrêter. L'intérêt pour l'archéologie a été le plus fort et je suis resté les deux mois. Mais faut s'y faire quoi, ça peut surprendre. Derrière, j'ai fait un certain nombre d'autres chantiers( dont certains sur le même site), et j'ai pu ainsi voir de prêt le monde de l'archéologie pendant un certain nombre d'année.




 




Mais c'est vrai que pour en faire son métier, c'est autre chose: il faut quand même un minimum de diplômes (même si c'est moins fermé qu'en Histoire), un certain nombre de connaissances, une méthodologie...etc. En outre, on commence généralement par des contrats précaires et mal payés. En effet, la sélection est rude. Pourquoi? C'est pourtant pas le taff qui manque? Parce que dans cette société qui rend un culte aux dieux rentabilité et efficacité, la culture on s'en tamponne, on y met des moyens dérisoires, on l'arase même quand ça fait trop chier. Résultat, ben les places sont chères, et quoi qu'on en dise, faut se battre (et moi me battre, c'est pas mon truc, la guerre je l'ai suffisamment étudiée pour savoir que je veux pas la faire).




 




De la même manière, on a des bibliothèques immenses remplis de trucs à lire/voire/écouter, mais les gens n'y vont pas, ne font pas l'effort de s'intéresser. Résultat derrière, les biblio ferment ou deviennent payantes. C'est un peu fort de café du coup de crier à l'élitisme comme je le fais parfois.




 




Pour l'Histoire des tumulus arasés, le cas que tu cites <a contenteditable="false" data-ipshover="" data-ipshover-target="<___base_url___>/profile/13533-boulicomtois/?do=hovercard" data-mentionid="13533" href="<___base_url___>/profile/13533-boulicomtois/">@Boulicomtois</a> n'est pas un cas isolé. Le coin  où j'habite est littéralement couvert (pour le sommet des collines) de tumulus dâté de l'âge du bronze à la période gallo romaine. Et il se trouve qu'entre des agriculteurs indélicats et les forestiers, c'est un véritable massacre. Pourtant des associations bossant avec la DRAC en avaient répertorié beaucoup. C'est effectivement un problème autant que les détectoristes, mais l'un n'annule pas l'autre.




 




Dans tous les cas, raser un site archéo, même qui a servi de carrière par le passé (c'est le cas de la plupart des sites archéo "en dur"), même non répertorié, même qui gène pour passer le tracteur ou la herse (franchement, quand on écoute les agriculteurs, faudrait transformer tout le pays en Beauce géante tellement le moindre cailloux, le moindre buisson, le moindre accident de terrain semblent être des éléments absolument rédhibitoires pour l'exercice de leur profession ... comment ils faisaient les anciens? Ils avaient pas 500 vaches à s'occuper tout seuls et pas de tracteurs qui font la taille d'un Konigstiger? Faudrait peut-être penser à ça plutôt qu'à araser tout ce qui bouge), je trouve ça profondément lamentable. Une fois fait, c'est irrémédiable, c'est le témoignage des populations qui nous ont précédé, les racines qui nous relient à un territoire, un élément constitutif de notre culture (en tant qu'humains hein, je suis pas en train de partir sur un discours identitaire), qui s'évapore à jamais. Peu importe que si un jour on sort enfin de cette agriculture productiviste et mécanisée à outrance, ça fera pas repousser les monuments et traces détruits.




 




Franchement, voir un élément susceptible d'être un monument très ancien et passer dedans au tracteur comme un gros bourrin, ça dénote d'une certaine mentalité. Où est la curiosité? La fascination? L'humilité? Le soucis de préserver un cadre de vie agréable et qui fait sens (l'idée de patrimoine, tout ça)? Même si il a certainement servi de sources de matériaux, le fait est que le tumulus était toujours là 2000 ans après et qu'en quelques décennies, on a vraiment, encore une fois, encore tout défoncé. L'esprit de la machine a triomphé comme dirait Tolkien...


(Modification du message : 01-05-2018, 12:36 par Egill.)

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Archéologie, histoire et préservation des sites... - par Egill - 01-05-2018, 12:20