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Le 20/04/2018 à 16:36, Egill a dit :
Et il y a fort à parier que là haut non plus, ça ne l'est pas, vide.
Raison de plus pour foutre la paix au reste de l'univers.
Tu ne crois pas si bien dire.
La science bosse pour nous, les gars, et il est sage de la diffuser ici où l'imaginaire fait le vote qui la finance (et puisqu'on est à ce titre toujours au regret de constater ce que Ridley Scott et ses Prometheus-Covenant font de ce genre d'info ;(
L'info du jour vient donc de Progress in Biophysics and Molecular Biology, une revue très sérieuse qui vise d'abord le grain à moudre entre scientifiques, notamment à croiser les spécialités.
Pour bien comprendre, rappel des faits, dans leur ordre chronologique admis jusqu'alors :
1) Premier éon de la Terre, la période Hadéenne, -4,5 à -4,0 milliards d'années <span>: de l'océan magmatique à la proto-croute continentale (Théia frappe également la Terre et s'en crée la Lune en -4,45 Mds d'années).</span>
2) Grand Bombardement Tardif (principaux cratères sur la Lune) de -4,1 à -3,9 Mds d'années, qui ramène de l'eau (via des astéroïdes couverts de glace) sur la Terre asséchée par l'impact lunaire, en débute alors la tectonique des plaques. Les conditions d'apparition de la vie ainsi réunies clôturent l'Hadéen.
3) Soupe primordiale canonique dite Haldane-Oparine jusqu'à -3,2 milliards d'années, permettant l'abiogenèse (génération de la vie à partir de la matière non-vivante).
4) Premières preuves de vie microbienne (fossiles de cyanobactéries) en -3,1 milliards d'années, qui place à cette date l'origine de l'arbre évolutionniste que débusquera Darwin. Ces stromatolithes, couches minérales laissées par des colonies de bactéries, disparaissent vers -1,25 milliards d'années pour laisser place à des acritarches (du grec akritos "incertain, confus" et Arche "premier, originel") <span>:</span> micro-organisme à coquille calcaire, peut-être foreur, spores d'algues vertes...
5) -541 millions d'années : Explosion Cambrienne, cette vie unicellulaire terrestre se démultiplie brutalement en d'innombrables espèces multicellulaires, générant une biodiversité en mode accéléré. Du biofilm bactérien couvrant le fond des océans s'engendrent d'autres algues vertes, puis bleues, des créatures dépassant le millimètre, puis le centimètre, mues désormais par la prédation ; apparition des premières "carapaces molles".
Charles Darwin s'en émeut dans De l'origine des espèces, consacrant un chapitre entier à ces plantes, animaux, macrobactéries sortis de nulle part en un instant géologique, qui viennent faire obstacles à sa théorie de la lente sélection naturelle (et remettent la Bible au centre du créationnisme). Les pro-darwiniens conservent cependant l'abiogenèse sans l'expliquer, à peine tentent-ils d'en réordonner l'étendue possible du calendrier.
6)1850 : William Thompson, anobli Lord Kelvin (1824-1907), physicien britannique à l'origine de l'échelle des températures thermodynamiques (degrés Kelvin), conteste la théorie de Charles Lyell (1797-1875), fondateur des Couches Géologiques dues à un lent et unique refroidissement de la Terre, en obtenant par calculs le même résultat par une conduction thermique bien plus courte (24 à 400 millions d'années).
Les pro-darwiniens conspuent Kelvin, lui reprochant d'avoir sous-estimé l'influence de la radioactivité ("Erreur de Kelvin", qui vient en fait du transfert thermique par convection du manteau terrestre). N'empêche que le calendrier a désormais des trous et de méchantes zones d'ombres.
7) 1883 : Svante Aarhenius (1859-1927), chimiste suédois, prix Nobel en 1903, s'oppose à Michael Faraday sur la théorie des ions (Recherches sur la conductibilité galvanique des électrolytes ; l'Adeptus Mechanicus lui doit tout ;).
Pour Aarhenius, un courant électrique (électrolyse) n'est pas nécessaire pour charger une solution saline, la seule réaction chimique eau pure + sels dissocie le sel en particules chargées, conduisant seule à ce qu'il nomme "réchauffement climatique". Il conclue que la différenciation moléculaire augmente avec la chaleur de la solution (soupe primordiale -> Explosion Cambrienne = chaleur brutale). L'évolution naturelle des espèces découle donc d'une succession réchauffement-glaciation. Les pro-darwiniens hurlent au scandale.
Passionné par les ères glaciaires, Aarhenius en déduit un "effet de serre" périodique réchauffant la Terre (origine de la théorie actuelle) et associe l'émission de Co2, y compris humaine, comme facteur positif préservant l'Humanité d'une nouvelle glaciation. Milutin Milankovitch minimise cette influence chimique en ramenant les ères glaciaires comme conséquences des changements d'orbite de la Terre (théorie du forçage orbital, prédictif) avant que la complémentarité de ces deux phénomènes (amplification chimique) ne s'impose aujourd'hui (boucle de rétroaction).
De ces soubresauts planétaires, les pro-darwiniens intègrent toutefois le hasard de cette chaleur chimique comme déclencheur de sauts évolutifs par facteur d'adaptation, d'où l'explosion cambrienne et la biodiversité insulaire. Et bim.
Aarhenius en déduit, lui, une loi biogéographique : l'espace disponible, en surface comme en altitude calorifiquement graduée, conditionne la biodiversité. Le nombre d'espèces dépend de l'aire. Il en prédit l'endémisme de certaines espèces végétales et y intègre le développement des villes et transports (on en calcule toujours la surface et le contexte nécessaires des réserves écologiques), mais soutient que les anomalies de cette loi (manque de matériaux dissociables dans la solution d'origine) sont le fruit d'un apport extraplanétaire (spores poussées par les radiations interplanétaires), inventant le terme de... panspermie. Tout le monde rigole.
8) Soumis aux mêmes anomalies lorsqu'il étudie la fermentation du vin, Pasteur conteste au XIXème siècle le dogme abiogenèse : omne vivum ex vivo prédit-il ("toute vie vient de la vie", et pas toute vie vient de la Terre), mais tout le monde s'en fout.
9) 1909 : Charles Waldcott découvre dans les schistes du Mont burgess au Canada 65 000 fossiles appartenant à 120 espèces différentes, datant de -563 millions d'années ! Des arthropodes à corps mous, de taille métrique, là où ne devraient exister que des vers nanométriques à éventuel corps calcaires vivant sur ou sous le biofilm bactérien.
Ces fossiles, inclassables alors, n'appartenant à aucun embranchement connu, n'ayant aucune ressemblance avec un animal existant, sont rapidement oubliés et ne seront redécouverts qu'en 1960 par Harry Wittington (révélation du trilobite, qui n'a rien à voir avec la diphallia ;).
De toutes façons, une grande partie de cette "Faune de l'Ediacarien" (pré-cambrien) disparaît avec l'Explosion Cambrienne (comme ces grands disques mous sans tête ni queue ni membre ni bouche ni organes digestifs, filtrant sans doute l'eau à la manière des éponges), telle de simples impasses darwiniennes, donc à nouveau on s'en fout.
10) 2010 : découverte en Australie de trilobites datant de -1,2 milliards d'années (là où les plus anciens connus, ceux de Waldcott, plafonnaient jusqu'à présent au demi-milliard d'années).
Au Gabon, des microfossiles d'organismes multicellulaires à noyau (étape suivante des acritarches) sont datés de... -2,2 milliards d'années ! Ils auraient donc précédé leurs ancêtres.
Et on explique toujours pas, même désormais génétiquement, les disques mous de l'Ediacarien, sinon par un darwinisme désormais climatique, saccadé par les extinctions de masse qui effaceraient les traces de leurs forfaits, ne laissant que quelques branches survivantes rayonner par leurs (super)gènes en toutes les espèces suivantes.
11) Sauf que, exemple parmi d'autres, la pieuvre ne correspond pas à cette survie. Entre le nautile archaïque et le calmar actuel se trouvent les céphalopodes, dotés dès le départ (-500 millions d'années) d'une complexité anatomique hors-norme : cerveau énorme, réseau nerveux sophistiqué, dispositif oculaire dynamique HD, tissus souples et hyper-résistants, camouflage instantané ; 33 000 gènes codants de plus que dans le génome de l'Homo Sapiens, sans étape évolutive ! Un défi pour le darwinisme.
Sur ces postulats, l'étude du jour propose de lever la tête, comme en 2012 au Sri Lanka où sont tombées des "Pluies Rouges" ( et ce ne sont pas les premières ), des micrométéorites dans lesquelles des fossiles microbiens à pigment rouge ont été extraits. Là où des analyses antérieures concluaient simplement à une algue (mais sur un mode défensif !?), l'étude y illustre une provenance sans équivoque (isotope de l'oxygène) : les poussières (et leurs passagers ?) ne sont pas d'origine terrestre.
On apprend ainsi que dans notre stratosphère, entre 30 à 41 km d'altitude (là où la contamination terrestre par remontée d'eau peut être exclue), les études cométaires désormais en veille continuent de récupérer du matériel microbien, lequel peut survivre à la descente dans l'atmosphère dans des météores (parfois de la taille du micron !).
L'altitude chère à Aarhénius... Et la chaleur : les pluies rouges espagnoles ne se dupliqueraient qu'à partir de 300 degrés, et sans ADN.
12) 2017 : une étude publiée dans Nature confirme des preuves de vie microbienne au Canada, restes d'une fosse hydrothermale datant de -4,28 milliards d'années, en pleine période hadéenne où la croute terrestre se stabilise dans une chaleur infernale mais... sous une pluie de météores.
Mêmes traces microbiennes dans l'affleurement rocheux de Jack Hills, en Australie, datées de -4,1 milliards d'années (soit 1 milliard d'années trop tôt selon le dogme abiogenèse).
Ce matériel extraterrestre régulier a-t-il interféré et interfère-t-il encore avec l'ADN local, expliquant bien des énigmes darwiniennes, à commencer par l'Explosion Cambrienne et ses préquelles disparues-pour-n'avoir-jamais-existé (à peine 800 à 400 millions d'années les séparent du Grand Bombardement Tardif) ?
En intégrant l'exogène comme intrant normal, ondée céleste, les auteurs de l'étude vont jusqu'à lui donner la paternité éruptive de la grande peste de 1918 et du VIH, comme l'inadaptation brutale condamnant certaines lignée d'hominidés : "Sans remettre en question la pensée darwinienne, il est temps de reconsidérer la biosphère terrestre comme une partie infinitésimale d'un système beaucoup plus grand, deux biosphères inextricablement liées".
Un approvisionnement continu en nouveaux virions et micro-organismes d'origine extraterrestre, ARN se mêlant à l'ADN, parfois même assez complexe pour sauter des étapes évolutives (et importer la pieuvre), jalonnant l'histoire de la Terre, prend à contrepied la pensée abiogenèse, laquelle restreint la vie organique terrestre à sa transformation instantanée en bactérie.
Ne plus penser une évolution linéaire, ainsi spontanément enclenchée (qui serait un modèle endogène, disponible sur n'importe quelle exoplanète réunissant les mêmes conditions), pour un modèle "pandémique" connectant simplement un "pool cosmique de gènes viraux" dans un flipper galactique, faisant avec ce qu'il trouve (et l'éon du moment), parfois dans le désordre évolutif.
L'Univers serait donc d'abord plein de vie dans son vide interplanétaire, ce qui rendrait la Vie aux abords bien plus efficace (mais en limiterait aussi les formes et la préciosité).
13) en 2018, le nombre d'exoplanètes comparables à la Terre dans la seule Voie Lactée est estimée à 100 milliards.
Est-ce ce qu'elles s'envoient qui désormais importe (soit autant de raisons qu'a l'univers de ne pas nous foutre la paix, pour contrephraser Egill ;) ?
Je serais d'ailleurs curieux de savoir ce qu'une éruption volcanique de chez nous envoie chez les autres (comment se métabolisent nos déchets ou éternuements vers l'orbite) ?
