Migrer vers l'ailleurs : le départ en fanfare

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Citation :
Il y a 13 heures, FAM a dit :




Tu parles des enfants, c'est aussi un aspect intéressant de la trilogie, quand on a de vrais "martiens" nés sur Mars, ça change tout le paradigme !




 




C à d ?




 




Pour moi, le paradigme dépend de l'éducation. Ce n'est pas parce que tu nais quelque part que tu développes immédiatement un sentiment national (et que celui-ci peut s'exacerber en vocation d'indépendance). Le nationalisme date du XVIIIème siècle, c'est très récent dans l'histoire humaine. Est-il adapté à ce nouveau contexte de planète vierge ?




(amha, la réponse est dans les transports et leur rapidité, que ce soit de l'information ou des gens).




 




Dans cette trilogie, la colonisation martienne est initiée par des démocraties, donc Mars a un développement (conflictuel) de démocratie aussi bien interne que vers l'externe, avec cependant une asymétrie continuelle de moyens qui fausse de nombreux rapports de force. Nonobstant, sa fusion des nationalismes-racines en un supranationalisme martien n'est pas mécanique par le simple avènement de nouvelles générations locales (par contre la culture l'est).




 




Si je reprends quelque idéaux contemporains, avoir des enfants sur d'autres planètes pose des contraintes de libertés : de mouvement notamment. Accueillir un étudiant né sur et venu de Mars demandera par exemple un accueil spécifique (de son corps, de ses poumons...) et vice-versa. Ce sera encore pire avec des sélénites. J'imagine les résidences universitaires avec leur "sas" à caissons hyperbare... 




Or, la liberté de mouvement, conserver le choix de sa planète comme on a aujourd'hui celui de son pays de résidence, est fondamental.




 




Le bouquin l'aborde aussi : quelle justice, quelle juridiction pour Mars (ou autre) ? Aujourd'hui, tout ce qui est extérieur à l'orbite terrestre a le même statut que l'Antarctique. Le nationalisme y est interdit. Au mieux, c'est la juridiction de l'ONU qui s'applique. Mais dans les faits ? (les langues "officielles" martiennes sont à ce titre intéressants dans cette trilogie).




De nombreux Etats, même sans industrie ou recherche spatiales, envoient actuellement des représentants sur l'ISS, mais on est encore loin d'y voir défiler tous les pays du monde. La colonisation extra-terrestre va-t-'elle renforcer ce fossé technologique, financier, culturel ?




 




L'intérêt stratégique d'irriguer la culture martienne par ses propres ressortissants, et leurs descendants, peut apparaître comme impérieux : exister sur Mars pour exister sur Terre. Avoir place au "banquet des nations". Gagner un "raccourci historique", aussi bien de "remise à niveau" qu'apte à revenir enrichir son pays d'origine sur Terre...




Ou tout laisser à quelques pays (et renforcer l'inégalité de naissance).




 




Si on prend le dernier exemple de colonisation "collective" d'une terre "vierge" par l'Humanité (autre que native) : les Etats-Unis.




Les nations historiquement les plus avancées impérialistes (y compris Pologne, Grecs...) fournirent le gros des contingents de base, s'agglomérant à la seule politique d'Etat de l'époque, l'Indentured Servants de la Couronne britannique, qui envoyait des pauvres en échange de terres.




De multiples causes économiques, politiques, religieuses, abondèrent ensuite le flux multiculturel. L'impact des langues communautaires fut très vite identifié ("germanisation" isolationniste de la Pennsylvanie, là où les français protestants, tous passés à l'anglais, gagnaient uniformément de hautes positions sociales).




A ces initiatives individuelles coexistèrent toujours des volontarismes d'Etats (de délestage démographique, religieux...). L'évolution des lois d'émigration en Allemagne et en Suisse "lâchent" par exemple les allemands vers le Nouveau Monde vers 1760 (ils fourniront le tiers du socle WASP).




Ou des initiatives pro-actives : le Homestead Act de Lincoln en 1862, ce qu'on appelle la Conquête de l'Ouest. Si tu peux justifier de l'occupation d'un sol pendant 5 ans, ce sol est à toi : ça a donné 30 millions de migrants (doublant la population US en 30 ans) et la première loi dès lors "filtrante" d'immigration de 1882 (puisque latins et slaves, salopiaux, en avaient profité pour dépasser l'immigration anglaise, allemande et scandinave !).




Test d'alphabétisation en 1917 (entrée "au facies"), loi des quotas en 1921 (immigration limitée à 3% de la communauté d'un pays d'origine déjà présente) jusqu'en 1965 (où les WASP retrouvent l'illusion que les proportions ethniques ne changeront plus. Raté : les asiatiques réduisent depuis les entrées européennes à 10%, et les latino-américains espagnolent le pays ;)  Quota religeux avec Trump...




 




Qu'importe la planète, ou la génération qui y décide, la façon de coloniser en trahit beaucoup sur le colonisateur.



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Migrer vers l'ailleurs : le départ en fanfare - par KDJE - 27-05-2018, 09:27