Les visions sont de plus en plus intenses.
Mes draps sont trempés de sueurs.
Le reveil est plus difficile à chaque fois.
Il ne me reste que des lambeaux de mémoire, des impréssions, une menace oppressante.
Ce rêve qui me hante se précise.
Pourtant je ne veux pas connaître le visage de ma peur, je ne veux pas connaître ma mort.
Je dicte ces lignes à l’ordinateur pour essayer de décrire mon cauchemard.
Tant que les mots pourront expliquer ce qui m’arrive, je saurais que je ne suis pas devenu fou.
Je me pique, comme à mon habitude, avec la pointe de mon couteau pour être sûr que je suis éveillé et non pas en train de me débattre dans mes limbes.
Ce geste devient rituel. Il m’apporte la preuve que mon cauchemard ne débute pas.
Mes visions commencent comme une journée "normale". Je me lève tremblant, espérant de tout cœur que cette matinée ne se déroule pas comme les autres.
Hélas, inéxorablement, chaques mouvements, maintes et maintes fois répétés, se déroulent à l’identique.
Seul la douleur me permet de ne pas mélanger réalité et rêve. J’apprécie de voir la perle de sang couler le long du couteau, après la sensation salvatrice.
Dans mon cauchemard, je ne ressens rien, à part de la résignation. Mon esprit refait encore le même trajet infernal.
Je me laisse diriger par des mains invisibles, tel une marionnette. Aucune action de ma part n’empêchera l’achevement de mes noires pensées.
La fin est écrite et indélébile.
