….Enfin ce qu’il en reste.
Les cloisons sont déformées. Rendant impossible toute ouverture.
Des traces de batailles. Voilà ce que l’on recherche.
Il y avait donc eu des hostilités sur ce vaisseau.
Quelque chose de rationnel était arrivé à ce bout de feraille.
Une attaque d’être tangible et non pas de fantômes.
Quelque chose que l’on peut abattre.
Cela me rassure quelque peu.
Je regarde derrière moi pour vérifier le sas.
Toujours gardé.
Je retourne à mon inspection.
Un écart entre les deux portes en acier laisse pénétrer un mince filet de lumière à l’intérieur.
Prudemment, le lieutenant s’approche.
Regrettant de ne pouvoir lancer une fusée éclairante à travers la fissure, je mets en joue l’entrebaillement.
Eclairant tant bien que mal, avec la lampe de mon fusil, les recoins accessibles par la fine ouverture, je cherche un quelconque indice.
Sombre.
Tout est noir.
Partout où j’éclaire, tout n’est que ténèbres.
- Faîtes sauter les portes.
L’ordre résonne dans le hangar.
Envahissant les endroits les plus éloignés.
L’echo revient.
Déformé, mais néanmoins audible.
Mon imagination travaille trop.
- Faîtes sauter les portes.
Un moment de flottement.
Au fond de moi je pressens une menace.
Je ne suis pas le seul.
Dans ce silence quasi religieux, tout le monde est figé.
Je serre plus fort mon arme.
J’ai les mains moîtes.
Quelque chose dort. J’en suis persuadé.
Il ne faut pas le réveiller.
Le lieutenant est le premier à briser cet instant fragile.
Arrachant les charges thermiques des mains de l’enseigne, il nous fustigea.
Ne jamais hésiter.
Un officier se doit de montrer l’exemple. Il ne doit ressentir aucune peur.
Ne pas la montrer serait plus juste.
Je dois garder mon sang-froid. Prendre exemple sur le lieutenant.
Je regarde les instruments.
Ils n’indiquent rien.
Intérieurement c’est ce rien qui m’inquiète.
La mort à fait le ménage. Elle ne voulait laisser aucune trace.
Et on la dérange.
Les bombes sont posées.
Je m’éloigne le plus possible.
J’ai peur de ce que l’on va découvrir.
Ma main tremble.
J’essuie mon front.
Curieusement je n’ai plus froid.
J’ai dépassé ce stade.
J’essaie d’influencer le destin.
Ce n’est qu’un élévateur.
Des marchandises.
On va trouver des marchandises.
L’explosion. Intense. Sonore. Assourdissante. Mes oreilles bourdonnent.
De la poussière s’envole.
Rien ne transpire, tout est opaque.
Mon ouïe redevient normale.
Et je suis à nouveau écrasé par le silence.
Lentement le nuage de poussière se dissipe.
J’aperçois quelque chose.
Un trou béant.
La lumière pénètre à l’intérieur de l’élévateur.
La lumière.
Elle diminue.
Elle se fait avaler.
Les ténèbres.
Elles sortent.
Elles nous entourent.
Les ombres.
Je les voie.
