La porte métallique claqua, et Arvon s'empressa de fermer le lourd verrou.
Il pouvait enfin prendre le temps de reprendre sa respiration. Cela devait faire plus d'une quarantaine de minutes qu'il courrait à toute jambe à travers la plaine polluée au sol craquelé, et il se sentait pour une fois heureux de retrouver une entrée du réseau souterrain qu'il avait tant rêvé de fuir dans sa jeunesse.
Il décrocha une unité d'eau de sa ceinture qu'il but en vitesse, puis tourna son regard vers l’intérieur des boyaux métalliques. La faible lueur des éclairages de sécurité donnait une atmosphère chaude aux parois si glacée, familière au quotidien des mineurs. Arvon repris sa course. Il savait maintenant que les rongeux pouvait trouver des entrés aux souterrains qu'aucun mineur ne connaissait. Il devait se presser.
Il y avait treize jours, il avait recueilli un rat de belle taille qu'il avait trouvé la pâte brisée sous un monte-charge. Quelque chose de déroutant dans le regard du mammifère n'avait pu le pousser à l'achever, et il s'était occupé de lui. Dissimulé des autres journaliers dans sa cabane, le rongeur s'était rapidement remis de ses blessures, et une certaine affection était née entre Arvon et lui. Mais au bout de quatre jours, le rat avait disparu.
Puis des évènement étranges s'étaient succédés. Arvon se sentait de plus en plus observé, et entendait des bruits de grattement dans les parois des murs et dans les tuyauterie du complexe. Il trouvait régulièrement sur son chemin des petits tas mélangeant déchet, objet précieux et reste d'animaux morts. Cela lui rappelait étrangement les offrandes qui étaient faites au temple du Saint Patron. Plusieurs fois, dans les secteurs les moins éclairés, il jurerait avoir aperçu une forme massive et voutée qui regardait dans sa direction. Il avait à chaque fois pressé le pas, de peu de ce qu'il aurait pu y trouver.
Et il y avait maintenant presque une heure, la forme s'était montrée. Massive, la peau violacée, une crinière de fourrure épaisse sur les épaule. Et dans son regard un désir passionnel.
Un frisson parcouru son corps. Perdu dans la frayeur de ses pensée, il prit le prochain virage trop brusquement, et trébucha sur un tuyau décroché, qui traversait la passerelle. Il chuta en avant, et sa tête heurta la rambarde. Un voile noir l'enveloppa.
Lorsqu'il repris conscience, il n'ouvrit pas tout de suite les yeux. D'étranges sensations l'assaillaient, et il ne comprenait pas d'où elles venaient. Une chaleur presque réconfortante l'enveloppait, et il se sentait lové en fœtus contre ce qui aurait put être une peau rugueuse. Une main qui lui paraissait anormalement grande caressait ses cheveux. Il sentait par moment des griffes lui écorcher la peau du crâne. Une odeur acre et bestiale lui envahit soudainement les narines, et il en eu terriblement la nausée. Il voulu bouger, se dégager, mais il sentait qu'une trop grande force le retenait. Il réussit tant bien que mal à ouvrir les yeux, et il vit ce regard penché sur lui. Ce même regard de désir et de tendresse dans lequel pour rien au monde il n'aurait voulu replonger.
Et la gueule de la créature semblait répéter toujours les mêmes mots, dans un murmure incessant.
"Tendre... enfant..."
![[Image: 1608.jpg]](https://g-fig.fr/image/1/6/0/1608.jpg)
Le Bel (selon elle)
![[Image: 1609.jpg]](https://g-fig.fr/image/1/6/0/1609.jpg)
![[Image: 1602.jpg]](https://g-fig.fr/image/1/6/0/1602.jpg)
Et la Bête (selon lui)
![[Image: 1607.jpg]](https://g-fig.fr/image/1/6/0/1607.jpg)
![[Image: 1603.jpg]](https://g-fig.fr/image/1/6/0/1603.jpg)
![[Image: 1604.jpg]](https://g-fig.fr/image/1/6/0/1604.jpg)
![[Image: 1605.jpg]](https://g-fig.fr/image/1/6/0/1605.jpg)
![[Image: 1606.jpg]](https://g-fig.fr/image/1/6/0/1606.jpg)
Vos avis sont toujours les bienvenus!
Les photos de la sculpture sont ici.
Aller, vieux fruit, amène toi!
(Modification du message : 30-06-2020, 20:04 par Sceptik le sloucheur.)
Il pouvait enfin prendre le temps de reprendre sa respiration. Cela devait faire plus d'une quarantaine de minutes qu'il courrait à toute jambe à travers la plaine polluée au sol craquelé, et il se sentait pour une fois heureux de retrouver une entrée du réseau souterrain qu'il avait tant rêvé de fuir dans sa jeunesse.
Il décrocha une unité d'eau de sa ceinture qu'il but en vitesse, puis tourna son regard vers l’intérieur des boyaux métalliques. La faible lueur des éclairages de sécurité donnait une atmosphère chaude aux parois si glacée, familière au quotidien des mineurs. Arvon repris sa course. Il savait maintenant que les rongeux pouvait trouver des entrés aux souterrains qu'aucun mineur ne connaissait. Il devait se presser.
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Il y avait treize jours, il avait recueilli un rat de belle taille qu'il avait trouvé la pâte brisée sous un monte-charge. Quelque chose de déroutant dans le regard du mammifère n'avait pu le pousser à l'achever, et il s'était occupé de lui. Dissimulé des autres journaliers dans sa cabane, le rongeur s'était rapidement remis de ses blessures, et une certaine affection était née entre Arvon et lui. Mais au bout de quatre jours, le rat avait disparu.
Puis des évènement étranges s'étaient succédés. Arvon se sentait de plus en plus observé, et entendait des bruits de grattement dans les parois des murs et dans les tuyauterie du complexe. Il trouvait régulièrement sur son chemin des petits tas mélangeant déchet, objet précieux et reste d'animaux morts. Cela lui rappelait étrangement les offrandes qui étaient faites au temple du Saint Patron. Plusieurs fois, dans les secteurs les moins éclairés, il jurerait avoir aperçu une forme massive et voutée qui regardait dans sa direction. Il avait à chaque fois pressé le pas, de peu de ce qu'il aurait pu y trouver.
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Et il y avait maintenant presque une heure, la forme s'était montrée. Massive, la peau violacée, une crinière de fourrure épaisse sur les épaule. Et dans son regard un désir passionnel.
Un frisson parcouru son corps. Perdu dans la frayeur de ses pensée, il prit le prochain virage trop brusquement, et trébucha sur un tuyau décroché, qui traversait la passerelle. Il chuta en avant, et sa tête heurta la rambarde. Un voile noir l'enveloppa.
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Lorsqu'il repris conscience, il n'ouvrit pas tout de suite les yeux. D'étranges sensations l'assaillaient, et il ne comprenait pas d'où elles venaient. Une chaleur presque réconfortante l'enveloppait, et il se sentait lové en fœtus contre ce qui aurait put être une peau rugueuse. Une main qui lui paraissait anormalement grande caressait ses cheveux. Il sentait par moment des griffes lui écorcher la peau du crâne. Une odeur acre et bestiale lui envahit soudainement les narines, et il en eu terriblement la nausée. Il voulu bouger, se dégager, mais il sentait qu'une trop grande force le retenait. Il réussit tant bien que mal à ouvrir les yeux, et il vit ce regard penché sur lui. Ce même regard de désir et de tendresse dans lequel pour rien au monde il n'aurait voulu replonger.
Et la gueule de la créature semblait répéter toujours les mêmes mots, dans un murmure incessant.
"Tendre... enfant..."
![[Image: 1608.jpg]](https://g-fig.fr/image/1/6/0/1608.jpg)
Le Bel (selon elle)
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Et la Bête (selon lui)
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