La fin alternative donc.
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Faisant tournoyer autour de lui la grande hache de guerre des snakebites dans un flamboyant ballet d'énergie bleutée, Sitting Wolf se taillait un chemin d'organes déchiquetés à travers la mêlée tournoyante des cavaliers orks et humains pour traverser la prairie dont l'herbe devenait progressivement rouge du sang des combattants. Bras, jambes, têtes, pattes des chevaux hennissant de douleur, tout ce qui passait à portée des coups du chef de guerre était impitoyablement découpé sans même que ses infortunées victimes ne puisse dignement consacrer leur dernier souffle à maudire leur némésis tant il était vrai que ce dernier couvrait sous ses beuglements de haine et ses imprécations dont la vulgarité auraient fait rougir un space marine même le bruit des explosions des lances de chasse et des bolts qui fusaient autour de lui. A sa suite, les nobz qui composaient sa garde personnelle l'imitaient, visiblement décidés à débiter en quelques heures plus de viande hachée qu'ils ne pourraient en consommer en toute une année.
Le Genou Blessé n'était pas un champ de bataille ; C'était un abattoir, une boucherie aux dimensions d'une plaine. En quelques minutes, il était devenu impossible pour les généraux des deux camps d'organiser leurs troupes de quelques manière que ce soit. La mêlée était si dense que chacun ne combattait que pour sa propre survie, sourd aux ordres des officiers résignés, frappant en tous sens tandis que les montures rendues folles par le carnage se piétinaient, grondaient et se cabraient, écœurées par l'odeur inhabituelle d'animaux inconnus. On frappait en tous sens, faisait feu au hasard pour abattre à bout portant indistinctement humanoïdes et quadrupèdes, délivrant aveuglement la mort pour tenter vainement de s'extirper d'une déferlante de chair et de rugissements dont on ne distinguait même plus s'ils étaient émis par des armes ou par des cordes vocales sous l'effet de la douleur et de la rage. Le bruit était assourdissant.
La grande hache de guerre se coinça entre deux côtes quand Sitting Wolf la lança avec force dans la cage thoracique d'un cheval qui s'écroula sur le sol, écrasant sous sa masse l'infortuné cavalier. Sitting Wolf glapit de dégoût mais renonça à récupérer son arme : Un autre adversaire se présentait déjà à lui, le chargeant lance baissée. Sitting Wolf esquiva lestement le coup et, alors que son agresseur le dépassait, dégaina son épée courte pour la planter violemment dans la croupe de son destrier. Celui-ci tomba à son tour avant d'être impitoyablement achevé au sol par Ushkrab.
Les zoms se battaient bien, c'était indéniable ; Leur courage et leur discipline imposaient le respect tandis qu'ils pulvérisaient jusqu'au squelette les corps des braves des charges explosives montées sur leurs lances ou tranchaient leurs membres de larges moulinets d'épées tronçonneuses maculées de sang. Les uniformes bleus, les casques de métal qui gardaient leur tête et leur nuque et les lunettes protectrices fumées qu'ils portaient leur conféraient même un aspect martial intimidant.
Mais Sitting Wolf était un snakebite ; un guerrier, brave parmi les braves ; et il ne craignait, ni homme ni bête née de ce monde ou d'un autre. Plus il appréciait la valeur de ses adversaires, plus il était décidé à redoubler de férocité et de hargne pour prouver la supériorité du peuple de la plaine sur ses occupants illégitimes. Loin de s'essouffler dans cette mer de violence et de fureur, ses boyz sentaient comme lui leur énergie combative décupler dans la vision que leur inspirait le Grand Esprit, celle d'une plaine enfin ramenée dans sa dignité ancestrale et purifiée des infâmes intrus à peau rose venu indûment profiter des bienfaits de cette terre.
Les bizarboyz étaient définitivement devenus fous à lier ; Les cerveaux incapables de contenir pareil bouillonnement d'énergie mentale s'en déchargeaient dans de véritables tornades d'éclairs multicolores qui carbonisaient sur pieds indistinctement sangliers, chevaux, orks et humains. Un grand nombre d'entre eux périrent la crâne pulvérisé, faute d'avoir pu le dissiper à temps, faisant subir un sort semblable à leurs malheureux congénères restés trop près quand le choc en retour psychique était de trop grande ampleur.
Custer était toujours en vie et lui non plus ne déméritait guère dans la tourmente ; Son sabre énergétique virevoltait furieusement dans les airs, frappant inlassablement la horde vociférante des peaux-vertes qui tentait de le submerger dans un nuage liquide de sang dont son cheval et lui-même étaient désormais ruisselants, jurant devant l'Empereur éternel que la racaille extra-terrestre serait anéantie et que même d'abord c'est eux qui avaient commencé.
La pointe d'adamantium du bolt perfora le crâne du sanglier et, très certainement guidé par le Star Child en personne, parvint à trouver une route vers la boule de nerfs à l'extrémité de l'échine qui tenait lieu de cerveau à l'animal. Celui-ci s'effondra dans un grognement sourd, projetant au sol Sitting Wolf qui atterrit tête la première dans une mare de fluides organiques divers aux couleurs et à l'odeur suspectes. Il allait se relever quand le vrombissement sourd d'une chaîne de tronçonneuse siffla à ses oreilles, l'obligeant à replonger. Dans le même mouvement, il roula sur lui-même pour éviter les sabots d'un cheval qui s'apprêtait à le piétiner et parvint enfin à se remettre sur ses jambes.
Le coup suivant le fit trébucher ; un soldat humain arrêté à sa hauteur et qui tenait d'une main les rênes de son cheval, abattit de l'autre le fer de son sabre dans sa direction. Les réflexes foudroyant de Sitting Wolf ne sauvèrent cette fois que sa vie et sa rage rancunière fut portée à son paroxysme quand il constata que le garde, non content de lui avoir soutiré la moitié de son oreille gauche, avait également réduit en lambeaux sa magnifique peau de loup ; L'insolent mourut en même temps que son cheval après que Sitting Wolf eut arraché de ses crocs la gorge de chacun.
La mort de ce dernier adversaire ouvrait enfin une route vers la cité cracheuse de feu au chef snakebite ; Il se rua en avant, croisant au passage un officier impérial dont la cuisse fut aussitôt clouée à la cage thoracique de sa monture par une lame d'un pied de long. L'homme hurla.
Sitting Wolf abandonna ainsi sa dernière arme au moment ou il dépassait l'angle du premier bâtiment ; Ceux-ci étaient constitués d'une matière grise étrange dont l'ork savait qu'elle était une sorte de pierre liquide qui durcissait en séchant à la manière de la boue, mais pour un résultat infiniment plus solide ; Inutile donc de chercher à s'y attaquer. Il poursuivit sa course jusqu'à une large place rectangulaire occupée par de hideuses machines de fer toutes identiques, constitués d'un montant planté dans le sol – voir la terre de la plaine pareillement mutilé souleva une fois de plus le cœur traditionaliste du snakebite – et d'un puissant levier qui se balançait paresseusement de haut en bas dans un cliquetis constant mais rendu à peine audible par le vacarme du massacre qui se déroulait à quelques centaines de mètres de là.
Un tir d'arme automatique obligea une fois de plus Sitting Wolf à se jeter au sol. L'homme paya cher son erreur de tir : Avant même d'avoir pu entamer l'ébauche de raisonnement qui l'aurait conduit à envisager l'éventuelle possibilité de faire feu une nouvelle fois, Sitting Wolf s'était remis d'aplomb et rué sur lui pour défoncer sa boîte crânienne d'un coup de poing si puissant que la bague de cuivre en forme de serpent lové imprima une marque définitive dans la tempe du gêneur.
Sitting Wolf revint vers les machines en fouillant dans la poche de son manteau ; Il en tira une poignée de petits disques de métal. Qu'avait dit le Blood Axe quant à l'usage de ces armes ? Aucune importance. Sitting Wolf les jeta de toutes ses forces au pied du premier balancier, tourna les talons et commença à courir aussi vite que ses jambes le lui permettaient.
Il avait repassé l'angle du premier bâtiment quand une série de déflagrations se fit entendre derrière lui, immédiatement complétée par une dernière beaucoup plus puissante. Sitting Wolf accéléra encore et franchit le périmètre de la cité alors qu'une trombe cyclopéenne de flammes se ruait vers le ciel dans un rugissement infernal. L'air sembla presque instantanément s'épaissir et la chaleur du brasier devint perceptible même aux combattants les plus éloignés des abords de la ville. Un calme irréel s'était, en une fraction de seconde, abattu sur la prairie. N'eussent été les chevaux et les sangliers pour continuer de piétiner rageusement le sol ravagé et se cabrer en hennissant ou grognant, le spectacle de la mêlée chaotique serait soudain devenu une nature morte : Tous les yeux ébahis, orks ou humains étaient braqués vers le geyser de feu et la colonne de fumée huileuse qui s'élevait à des kilomètres de haut.
Un des hommes qui combattaient auprès de Custer attrapa soudain l'épaule de ce dernier. La terreur se lisait sur son visage.
"Les réserves ! Mon général, si le feu se communique aux citernes on y passe tous !"
Des orks, ce fut le vieux Black Cloud qui se ressaisit le premier. Mais avant de passer à l'action – car sa sagesse était à la mesure de son grand âge – il prit consciencieusement le soin d'abattre de toute la force de ses bras épais et noueux le fer de son marteau de guerre sur la tête de l'humain le plus proche pour impulser à la cervelle aplatie une gracieuse trajectoire en cloche qui l'expédia vingt bons mètres plus loin. Alors seulement il se dressa sur son sanglier en inspirant profondément et hurla de toute la puissance de ses poumons :
"ON FOUT L'CAMP !"
Le chaos qui s'ensuivit était indescriptible. Profitant de la surprise de leurs adversaires, les orks se dégagèrent du corps à corps général pour lancer les sangliers dans une charge furieuse, renversant sur leur passage humains et chevaux ; Ceux-ci ne tentèrent en rien de les arrêter ; La panique s'était emparée de l'armée impériale au moment où les soldats avaient pris conscience de la situation et les cavaliers en uniforme bleu cherchaient eux aussi à mettre la plus grande distance entre eux et la raffinerie. Personne n'eut le temps de faire cent mètres avant que l'incendie ne se propage à une seconde pompe qui se désintégra comme la première pour donner naissance à une autre colonne de flammes et de fumée qui rendit l'atmosphère définitivement irrespirable. Une troisième la suivit bientôt.
Sitting Wolf courait toujours ; Avisant un boy qui avait les plus grandes peines à maîtriser son goret surexcité par l'odeur âcre de la fumée qui se déversait à présent sur la prairie, il courut vers lui et attrapa une défense de l'animal.
"C'est pas comme ça qu'on les dresse !" cria-t-il pour se faire entendre.
D'une puissante traction de son bras, il obligea le sanglier à le regarder puis lui infligea une telle gifle sur le museau que la bestiole stupéfaite retrouva son calme. Sitting Wolf l'enfourcha d'un bond, intimant au boy de se cramponner à lui. D'un vigoureux coup de botte, il lança sa nouvelle monture dans le maëlstrom.
Ils n'avaient franchi que la moitié de la distance qui les séparaient du talus quand les derniers puits de forages prirent feu. Sitting Wolf cru qu'il allait rôtir sur place. Toute son énergie était à présent consacrée à obliger le sanglier à galoper en ligne droite pour rattraper le reste de ses gars.
Chauffées à blanc par la fournaise, les parois d'acier des gigantesques citernes plantées aux abords de la raffinerie se disloquèrent une à une. Une série de détonations plus violentes encore que les précédentes retentit quand les milliers d'hectolitres d'essence raffinée se consumèrent instantanément, projetant un nuage de poussière, de débris de tôles et de blocs de béton armé à plusieurs kilomètres de distance. Des projectiles incandescents tombèrent en pluie autour de Sitting Wolf qui s'agrippait de toutes ses forces à l'échine du goret tandis que celui-ci gravissant en haletant et bavant la pente du talus ; par miracle ou par la volonté du Grand Esprit aucun ne les atteignit.
Arrivé au sommet, les deux orks regardèrent autour d'eux ; Les officiers de la Garde avaient semblait-il réussi à ramener dans les lambeaux de leur troupe une organisation suffisante pour la réunir et la masse des chevaux fous partait au galop plein sud. Sur leur droite, les orks fonçaient en direction du serpent à deux têtes. Après un instant d'hésitation, Sitting Wolf lança le sanglier vers le sud-ouest. Les zoms n'étaient plus en l'état une menace pour les snakebites de la plaine.
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"Repos !"
Johnson s'assit ; Schteiner l'imita en dévisageant rapidement l'individu qui se tenait face à eux. La cinquantaine, le visage buriné, une barbe épaisse des cheveux grisonnants, une robe de bure noire à l'aspect austère.
"Ma parole, il a l'air encore plus con que l'autre ?" murmura-t-il.
"Un peu de silence messieurs ! Colonel Johnson ! Colonel Schteiner ! Je suis le juge Parker de l'Adeptus Administratum chargé de l'enquête sur la désastreuse opération militaire qui a été menée par le général Custer au nom des forces armées de Bezak-IV. Il m'appartiendra de déterminer les responsabilités individuelles et j'attends de vous une coopération pleine et volontaire. L'opération Monstre Sous La Mer est bien entendu immédiatement interrompue et le général Custer devra être mis aux arrêts pour incompétence. Euh… si quelqu'un sait où il se trouve…"
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Une immense clameur de triomphe et de joie anima l'assemblée des boyz quand Sitting Wolf leva bien haut au-dessus de lui le chef tranché du général Custer; il n'avait pas été difficile de l'identifier parmi les cadavres de zoms qui jonchaient encore le Genou Blessé grâce au grand nombre de décorations ornant son uniforme.
Sitting Wolf s'approcha d'un épais pieu de bois planté dans le sol pour la circonstance et dont l'extrémité supérieure avait été biseautée. D'un geste sec, il ficha la tête du zom dans le bois.
"Voilà c'qu'on f'ra à tous les zoms qui voud'ront d'nouveau nous chasser d'chez nous !" clama-t-il d'un ton à la fois indigné et convaincu. Un "Ouaaaais !" guerrier monta de l'assistance. "Quand ils verront c'poteau, i' sauront qu's'i' veulent c'te plaine, faudra d'abord qu'i' passent su' l'corps des meilleurs gars d'la lune et qu'nous les snakebites, on aura jamais peur de rien ni d'personne ! Par Gork ! Par Mork ! PAR LE GRAND ESPRIT SANGLIER !"
De nouveau, un "Ouaaaais !" puissant fut relayé par des milliers de gorges déjà largement arrosées d'eau-de-feu. Des festivités célébrant la victoire des orks sur leurs envahisseurs s'improvisaient et un groupe de snakebites se rassemblait sur l'invitation des weirdboyz pour brailler "Waa !", "Ork !", "Waaa !", "Ork !", Waaaaa !", "Ork !" en canon sur toutes les intonations possibles. Leur chant mélodieux fut cependant rapidement couvert par les sonorités métalliques et tapageuses d'une bande de stormboyz rebelles aux vieilles traditions qui avait repris leurs instruments dernier cri pour entonner avec force et virulence "Gork Made Heavy Metal".
Sitting Wolf s'éloigna de ses guerriers et revint au sommet du talus ; au loin, les gigantesques puits de forage brûlaient toujours et les cyclopéennes colonnes de feu déversaient dans le ciel un torrent de nuages noirs qui masquaient le soleil.
"On peut commencer ?" demanda-t-il.
Zugrub cracha son mégot et se tourna vers Rufgob. Celui-ci était nonchalamment assis sur une lourde caisse de bois frappée de l'aigle à deux têtes, ses assistants snotlings à ses côtés. Inscrits sur une des planches supérieures, Sitting Wolf déchiffra péniblement trois glyphes humains : Un 'T', un 'N' et un autre 'T'.
Rufgob acquiesça et sauta au bas de son piédestal improvisé. Zugrub ralluma un cigare et reprit :
"C'est moche tout c'pétrole qui crame. On commence quand tu veux grand chef."
<i>There has been much killing !</i>
There will be much more !
The weirdboy is dancing,
He's calling us to war !
Bolters sing with pride !
Let the oomies diiiiie !
