Des cliquetis raisonnèrent signe que les armes étaient prêtes. Le silence reignait. Tout le monde retenait son souffle. Les mains bien en vue, pour montrer ses bonnes intentions Evandree s’avança devant les gardes.
Analysant les alentours le calme de la faune le frappa. Aucun vent ne venait perturber l’atmosphère. Son expérience lui avait appris qu’un bruit tonitruant brisait toujours ce fragile instant. Détaillant les hommes en arme un à un, leurs attitudes trahissaient une certaine apréhension.
- Pourquoi nous avoir arrêté ?
Un homme plus imposant que les autres vint à sa rencontre pour engager la discussion. Le visage pâle, son état présageait une grande fatigue. Son regard vide d’expression ajoutait une impréssion de malaise en sa présence.
- Nous devons informer nos chefs de toute présence étrangère en ce lieu. Seul ceux dont l’identité a été vérifiée peuvent passer.
Une légère brise s’était levée. Apportant fraîcheur et autre chose. Une odeur entêtante, devenant de plus en plus désagréable envahissait les poumons du caporal. Détournant la tête pour déterminer sa provenance un mouvement dans les buissons proche de la chimère attira son regard.
Mais l’immobilité reprit ses droits. Tout était redevenu statique. Une sensation de danger le tirailla. Une présence hostile était en train de les contourner. Quelque chose d’arnomal était en train de se produire.
- Je vous demande votre code d’identification pour le faire correspondre avec la base de donné de l’état major.
Mensonge. Aucune liaison n’était établie. Ils avaient justement été envoyés pour rétablir les communications. Son interlocuteur etait entrain de proférer des mensonges. Il gagnait du temps. On encerclait leur position.
Glissant sa main dans son dos ses doigts entamèrent un décompte. Cinq. Les tirs devaient être simultanés. Quatre. S’il commençait les hostilité seul, les gardes ennemis auraient le temps de réagir. Trois. L’assaut devait être aussi synchronisé que brutal. Deux. Son visage devait se décrisper pour ne pas donner l’alerte. Un.
- Traître !!!
En plein milieu d’une unité ennemie, le caporal n’avait pas d’autre choix que de se servir d’un bouclier humain. Egorgeant son interlocuteur, un jet carmin souilla le sol. Des tirs fusèrent au même moment. L’attaque coordonnée et rapide prit par surprise toutes les sentinelles.
Un temps de flottement perdura avant qu’une action des survivants ne soit entreprise. Mettant ce temps à profit pour se protéger derrière le cadavre le plus proche, le caporal essaya tant bien que mal de se mettre à l’abris.
- Vince fonce. On va le sauver.
La voix du sergent couvrait les tirs incessants. Appuyé sur le rebord d’une ouverture, son laser fauchait la vie. Ayant repris connaissance, le danger actuel lui avait fait oublier sa blessure. Un de ses tirs déchira une jambe. L’unijambiste, ne pouvant plus fuir, aperçu sa mort progresser à grande vitesse, essayant de se tirer à la force de ses bras pour éviter de finir écrasé sous les chenilles.
La peur se lisait sur son visage. Inexorablement sa fin approchait. Un bruit de chair déchirée fut la dernière chose qu’il emporta dans sa tombe.
- Magnez-vous les gars on me tire comme un lapin !
Le corps qui protégeait le caporal n’etait plus qu’une puple sanguignolante. Des bruits d’explosions accompagnèrent de violent flash. Les grenades entraient en jeu. Se précipitant à plat ventre pour éviter les éclats, des cris lui annoncèrent que plusieurs ennemis étaient à proximité. Se réperant au son comme il le pouvait, il déclencha un déluge de feu. Des exhalaisons de peau brulée envahirent le champ de bataille.
Des torches vivantes couraient en tous sens, certains se roulaient dans la terre pour essayer d’éteindre les flammes, d’autres encore finissaient de se consumer. Un épais voile de poussières et de fumées l’empêcha de continuer à regarder cette vision de guerre. Un vent tourbillonant c’était levé masquant les horreurs du combat. Un déclic couvrit les hurlements. Une sueur perla le long de sa tempe. Le sentiment de sentir la grande faucheuse poser le regard sur son dos le prit à la gorge. Il ne pourrait éviter ce tir. Une détonation sonna le glas de ses espérances.
- Beau tir Yuki.
- Nous ne subissons plus le feu ennemi sergent. Aucun ennemi en vue.
Vivant ! Souriant à la vie, le caporal se dirigea vers la porte de la chimère, pour se reposer derrière un blindage. Là où la mort ne viendrait pas le chercher. Une vive douleur parcourut soudainement son corps. Il avait été touché finalement.
