L'unité porte-poisse

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- Caporal tenez bon !

- C'est juste une éraflure, Flo.

- Vous êtes pâle. Laissez moi voir votre blessure.

- Puisque je vous dis que je vais bien. Je n’ai pas besoin de vos bons soins. Vérifiez plutôt les alentours.

- Caporal laissez le docteur vous examiner. Sanary, Yuki regardez si vous trouvez des survivants. Flo sera votre ange gardien les gars.

Le docteur Nazdreg gardait un visage inexpréssif comme à chaque fois qu’il inspectait ses patients.

- Appuyez-vous sur mon bras. On se met à l’abris.

Le caporal était crispé. Il ne voulait lâcher aucun gémissement. Il avait connu pire. Il ne pouvait voir l’état de sa jambe, où ses élancements commençaient. Il faisait peine à voir. Recouvert du sang de l’homme qui lui avait servi de bouclier, on aurait pu le croire à deux doigts de sa fin. Mais l’envie de vie qui brillait dans ses yeux démontrait le contraire. Il parlait pour relacher la pression, pour dédramatiser.

- Au prochain barrage on tire à la courte paille.

Le sergent le regardait attentivement pour voir la moindre faille. Si ses paroles étaient données avec l’énergie du désespoir, sa voix l’aurait trahi. Il avait vu de trop nombreux morts à son goût quittant cette terre, sous une dernière bravache, pour rejoindre l’Empereur. Exhalant un soupir d’apaisement, il se sentait rassuré.

- Les bléssés ne pourront pas participer, cela va de soit.

- Même si c’est Yuki ?

- Même si c’est Yuki.

- Vous n’avez rien caporal. Le tir n’a fait qu’érafler votre cuisse. Un bon morceau de chair est parti avec, mais tout se passera bien. Il faudra juste de pas trop vous appuyer sur votre jambe le temps que les tissus se reforment.

La nouvelle finit d’apaiser les inquiétudes.

- Il y a plus de peur que de mal caporal. Je vais vous faire une injection pour calmer la douleur. Vous devrez vous appuyer sur une béquille en attendant.

La blessure était donc bénigne. Le boucher était toujours très alarmiste. Le choc devait être plus psychologique. Pour remédier à ce problème le sergent ne connaissait qu’une solution.

- Docteur et si la plaie était infectée ?

Nazdreg se retourna pour fixer le sergent dans les yeux. Un sourire se dessina sur ses lèvres. Il avait compris le message. Il cachait bien son jeu. Il avait entendu ce qui se disait sur lui. Son apparente désinvolture face à la rumeur n’était donc qu’une façade.

- Vous avez raison. Un examen plus approfondi va être nécessaire.

- Je vous assure, je vais très bien.

Se levant pour démontrer ses paroles, le caporal faisait plaisir à voir. Toute vigueur retrouvée, il entendait échapper comme le sergent plutôt à un « examen approfondi ».

- Vous voyez ? Moi c’est votre état sergent qui m’inquiète. Vous avez l’air d’avoir du mal à tenir debout.

Voilà qu’il se faisait avoir à sa propre tactique.

- Chef ! On a trouvé un survivant !

- L’Empereur soit loué !

Les deux bléssés crièrent à l’unisson leur joie de voir arriver une diversion. Le médecin n’était pas dupe, mais le moral était parfois un des meilleurs remèdes.

- A t’il dit des choses intéressantes ?

- Je ne sais pas sergent ! Je suis juste venu vous prévenir. Sanary et Yuki le ramènent.

Yuki marchait à reculon vérifiant les alentours. Sanary quant à lui tenait le prisonnier menoté et tiré par une sorte de laisse accrochée à sa tête.

- Mais qu’est ce qu’il fait ?

Plus le prisonnier approchait, plus ce qui le retenait prisonnier se précisait. Le caporal fut le premier à se prononcer.

- Ils lui ont mis une grenade dans sa bouche ! M’étonne pas qu’il ne peut parler. Et bien sûr la goupille est tenu par la laisse.

- Imbéci…

- Grenade !

Le cri de Sanary annonçait un danger. L’esouade entière plongea au sol pour se protéger un maximum du souffle et des éclats qu’il charrie. Un bruit retentissant se produisit quelques secondes plus tard. L’explosion pulvérisa le captif. L’onde se propagea dans tous les membres du sergent. La sensation désagréable disparut aussi vite qu’elle était apparut.

- Tout le monde va bien ?

Tous les membres se relevaient péniblement. Aucun ne vacilla. Cela soulignait que l’escouade n’avait pas à déplorer de blessures graves. Sanary essaya de dire quelque chose. Mais le son puissant de la déflagration faisait bourdonner les oreilles du sergent qui ne parvenait pas à comprendre ces paroles.

- Qu’est ce qu’il dit ?

- Il dit qu’il a glissé, Chef !

Il ne servait à rien de polimiquer. Ce qui est fait, est fait. Promettant intérieurement des corvées à n’en plus finir pour Sanary. Il annonça le départ.

- En route. On part !


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