"Je... le soupçonnais."
"Vous l'avez su dès l'instant où notre père vous a parlé de l'Ultime Secret. Mais vous refusiez de le croire et vous avez préféré vous mentir plutôt que de douter de lui. Il ne vous a peut-être pas exactement dupé d'ailleurs ; vous présenter les choses sous la forme d'un mensonge si ridicule était le moyen le plus simple de vous faire comprendre la situation. Ce qui est étonnant dès lors, est que vous ailliez obéi sans poser aucune question."
'Vous m'avez toujours obéi sans poser aucune question frère Kuja," objecta sèchement Josephus.
"Mais vous ne m'avez jamais donné un ordre aussi inepte que celui-ci depuis que vous êtes mon capitaine ; depuis toujours. Quand vos instructions me paraîtront infondées ou déraisonnables, je ne manquerai pas de vous le faire savoir."
Josephus ne répondit rien ; Il s'effondra dans le fauteuil, laissant Kuja poursuivre.
"J'ignore quel est l'enjeu du pari mais Maggotgurgle Pukeslime a désigné son propre champion qui disposait des mêmes informations que vous en arrivant ici ; A l'heure actuelle, il cherche peut-être déjà le moyen de quitter cet endroit. Nous devons le précéder, mais nous devons surtout l'éliminer pour l'empêcher de révéler notre double tricherie : Le seigneur Magnus a enfreint les termes du pari dès que cela lui a été possible en vous venant en aide." Il désigna une nouvelle fois le revolver d'argent. "Je serais surpris cependant, si Pukeslime n'avait fait de même. Dans tous les cas, ma présence ici pour vous assister rend le pacte définitivement caduque."
Ayant achevé de se préparer, il alla ouvrir la porte. Josephus se leva et le rejoignit.
"Etes-vous prêt pour le dernier acte de cette comédie frère-capitaine ?"
*
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La réception était déserte. La porte menant à l'extérieur n'existait plus. A l'endroit où elle s'était trouvée n'était plus qu'un mur de plâtre décrépi et moisi.
"Amusant n'est-ce pas ? Je vous l'ai dit : l'Hôtel est une conscience qui cherche à nous maintenir prisonniers. Allons donc saluer notre hôte."
*
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Le feu crépitait toujours doucement dans l'âtre. Seule source de lumière dans le salon lugubre, il projetait des ombres fantomatiques sur les murs de tentures pourpres.
Kuja eut un mouvement de stupéfaction en voyant Zerr. Le vieillard édenté leur faisait face, arborant sur sa poitrine les larges brûlures laissées par l'explosion des munitions squales à travers les lambeaux de sa chemise crasseuse et déchiquetée. Josephus quant à lui, ne fut guère surpris. Il n'avait jamais considéré, contrairement à Kuja, que cela pourrait être si facile. Helbrecht Hamp était assis dans son fauteuil, face à l'âtre, leur tournant le dos. Debout à ses côtés se tenait le cinquième personnage de cette petite tragédie auquel le frère-capitaine n'avait pas encore eut l'heur d'être présenté. Mais il connaissait déjà son nom.
Ce fut Hamp qui prit la parole de son ton las, sans cesser de fixer le feu ni prendre la peine de se lever.
"Chacun d'entre vous a enfreint plusieurs règles de cet établissement de la manière la plus déplaisante et il m'est pénible de dire que depuis que je gère cette maison, je n'ai jamais observé chez mes invités un tel manque de courtoisie. Vous y avez introduit des armes, vous vous êtes attaqué à d'autres invités et même au personnel de l'Hôtel. Etes vous tous venus ici pour nous présenter vos excuses, à monsieur Zerr et à moi-même ? Je l'espère. Ce serait bien la moindre des choses."
Il se leva enfin et se tourna vers les deux frères qui braquaient leurs armes vers lui. Kuja avait un lanceur squale dans chaque main. Josephus en tenait un dans la main droite tandis que sa main gauche serrait la crosse du revolver d'argent.
"Baissez vos armes frère Kuja," fit Josephus. "Vous avez pu constater qu'elles ne sont d'aucune utilité."
"Au contraire monsieur Kuja Magnusson," reprit Hamp. "Elle pourront être très utiles dans peu de temps ; je vous demanderai simplement d'avoir l'obligeance de cesser de les braquer dans la direction de vos hôtes."
Kuja n'écouta ni l'un ni l'autre et maintint ses armes en position. Josephus se tourna vers le cinquième homme qui avançait, sortant doucement de la pénombre. Il était grand, puissamment charpenté, doté d'un crâne chauve et épais dans les orbites desquels étaient enfoncés de minuscules yeux blancs sans pupilles. Sa peau était rongée par une gale brunâtre qui pourrissaient, répandant autour de lui une puanteur épouvantable. Ses doigts boursouflées étaient dénués d'ongles. De profondes coupures barraient ses joues et ses tempes qui semblaient anciennes mais n'avaient jamais cicatrisé et dont s'écoulait un pus écœurant.
"J'attendais de pouvoir faire votre connaissance," commença Josephus, "Bligh Burrower. J'aimerais pouvoir vous proposer ce que nous pourrions appeler un pacte de non agression temporaire dans la mesure où nous avons le même intérêt à sortir de cet endroit ; mais nous savons également que je ne peux pas vous laisser sortir d'ici vivant pour révéler mes tricheries ; pas plus que vous ne pouvez me laisser sortir vivant pour révéler les vôtres."
"Mais où croyez-vous aller de toutes façons ?" intervint de nouveau Hamp d'un ton ennuyé et agacé.
"Vous n'avez qu'une seule balle." La voix de Burrower était une sorte de sifflement d'outre-tombe, rauque et à peine audible.
Il avait raison. Les munitions squales seraient sans effet sur Zerr et probablement sur Hamp. Pour que les démons dévoreurs d'âme qui y étaient emprisonnés puissent faire leur office, il leur fallait trouver de la nourriture. Ces deux là n'en offraient vraisemblablement pas. Ce fut Kuja qui posa la question.
"Qu'est-ce qui vous fait croire que nous ne pouvons pas vous tuer ?"
"C'est un des termes du pari. Il est réciproque, bien sûr."
Bien sûr. Mais la balle d'argent lui serait certainement fatale. Là résidait peut-être la tricherie de Magnus. Comment être certain qu'elle était bel et bien destinée à Burrower cependant ? Et comment Burrower connaissait-il son existence et son pouvoir ? Disposait-il d'une arme similaire destinée à le tuer lui, Josephus ? En tuant Burrower, il se retrouverait dans une impasse parce que la balle d'argent était probablement également seule capable de tuer le maître d'Hôtel, condition certainement nécessaire pour quitter les lieux.
"La règle veut que le maître d'Hôtel ne se mêle pas des affaires privées de ses invités." Hamp avait repris la parole. "Mais cette situation est tout à fait intéressante. Je vous devine hésitant monsieur Magnusson. Vous avez… une seule balle et trois cibles c'est bien cela ? Qui avez-vous l'intention de tuer ?"
Pour la première fois depuis le moment où il avait signé le registre, Josephus eut de nouveau la conscience du temps qui s'écoulait. Les secondes s'égrenaient, semblant durer des heures. Un silence de plomb était tombé sur la pièce. Ce fut Zerr qui le rompit finalement.
"Un courrier est arrivé à l'hôtel ce matin". Il n'y avait pas eu de matin. La nonchalance surréaliste avec lequel l'enregistreur remplissait, ou plus exactement, jouait son rôle impressionna une fois de plus Josephus. "Il est destiné à Kuja Magnusson et ne porte aucune mention de l'expéditeur. Bien sûr, je ne l'ai pas lu. Le personnel de l'Etablissement s'interdit de violer le secret des missives qui lui parviennent."
Il ramassa sur la table basse un pli de papier jauni et craquelé qui venait d'y apparaître. Ignorant la menace des armes, il approcha du space marine à pas lents et le lui tendit. Une sourde angoisse étreignit soudain Josephus.
"Je vous déconseille de lire cette lettre frère," intima-t-il.
"Vous pouvez la consulter immédiatement ou préférer attendre d'avoir retrouvé le calme de votre chambre," suggéra poliment Zerr.
Après un instant d'hésitation, Kuja replaça un des lanceurs dans son étui et arracha la lettre des mains du gnome qui grimaça ce qui devait être un sourire avant de reculer.
"Ne lisez pas cette lettre, je vous en prie frère," répéta Josephus.
Sa main gauche toujours serrée sur la crosse d'acier poli du lanceur, Kuja menaçait alternativement Burrower, Hamp puis Zerr. Sa belle confiance déjà entamée par la réapparition du réceptionniste s'était évanouie. D'où venait cette lettre apparue de nulle part qui lui était soit disant destinée ? Si Josephus ne voulait pas le voir la lire, pourquoi ne le lui en donnait-il pas l'ordre formel ? Ne le pouvait-il pas ? Kuja aurait obéi. Gardant un œil sur ses trois adversaires, il déplia le morceau de papier jauni entre ses doigts et blêmit sous la surprise en reconnaissant dans les quelques lignes typographiques qui y étaient inscrites la structure et l'encodage d'un rapport militaire impérial vieux de dix millénaires rédigé dans le langage de bataille des Thousand Sons.
Une voix dans son esprit lui hurlait de ne pas lire ; une autre lui hurlait qu'il devait connaître la vérité.
Il lu.
Sa main droite se crispa, chiffonnant le rapport qu'il laissa tomber à ses pieds. Il dégaina une nouvelle fois son second lanceur pour la braquer droit sur la tempe du frère-capitaine Josephus.
"Je vous autorise une phrase de neuf mots au maximum pour me convaincre de ne pas vous cribler de missiles squales si ce document dit la vérité capitaine. Et de grâce, ne commettez pas le crime de me donner une ordre."
Josephus ferma douloureusement les yeux. Les trois autres personnes présentes dans la pièce les observaient immobiles, curieux et amusés.
"Vous êtes ici pour m'aider à en sortir."
"Alors c'est vrai. N'est-ce pas ? C'est… vrai… Pourquoi ? Pourquoi… frère-capitaine ?"
Depuis dix mille ans, Kuja supportait l'amertume de la défaite ; celle d'avoir du abandonner tout ce pourquoi il avait autrefois combattu ; celle de mener l'existence d'un renégat immortel animé par la poursuite farouche d'une vengeance inassouvie et impossible à assouvir ; il la supportait parce qu'il l'avait vécue sous les ordres d'un homme à qui il vouait une admiration absolue et en qui il avait une foi inextinguible. En l'espace d'une fraction de seconde, tout cela s'était effondré en même tant que s'ajoutait l'amertume infiniment pire de découvrir que son combat avait été trahi – par ce même homme. Cela n'avait pas de sens.
"Je n'ai… jamais pu haïr nos frères qui ont l'ont volée. Sans doute se trompaient-ils mais ils ont librement choisi leur camp et en ont affronté et payé les conséquences. Vous… vous êtes le seul combattant de cette guerre à avoir trahi les deux camps à la fois. Comment… avez-vous pu…"
Il se tut un instant. Son visage était livide.
"Mais vous avez raison ; je suis venu ici pour vous aider. Je ne vous donnerai pas la satisfaction posthume de vous trahir à mon tour."
L'arme de Kuja changea de direction. A présent, il la braquait sur Bligh Burrower.
"Faites votre office capitaine. Une seule balle et trois cibles. J'espère que vous ne commettrez pas d'erreur."
Josephus leva le revolver d'argent dans la direction de Zerr et pressa la détente.
*
**
Il connaîtra votre pire cauchemar et l'exaucera.
Bast ne s'était pas trompé. En révélant à Kuja le plus lourd et le plus terrible secret qu'il ait jamais gardé et qu'il avait tout fait – en vain bien sûr – pour oublier lui-même, le Maître du Chaos avait donné à Josephus une réponse à la hauteur de l'offense qui lui avait été faite.
Josephus regarda autour de lui ; mais il ne s'y trouvait rien. Il baignait dans une blancheur lumineuse et éclatante qui ne laissait voir aucune ombre, aucun relief. Il ne ressentait aucun contact solide sous ses pieds. Il était plongé dans un univers de lumière n'émanant d'aucune source et qui s'étendait à perte de vue – si tant est que le concept de vue y ait encore un sens. Aucun objet, aucun corps de consistance matérielle n'était observable. Il ressentait pourtant sur les cellules de sa peau les chocs parfaitement ordonnés et réguliers des molécules d'une atmosphère. Ses capacités extrasensorielles étaient réapparues.
Zerr était bien le véritable gardien de l'Hôtel. Il en avait acquis la certitude en découvrant que le premier nom inscrit sur le registre était celui de Helbrecht Hamp. Hamp n'avait jamais été que le premier locataire – le premier prisonnier – du Havre. Quel crime abominable avait pu commettre cet homme pour qu'une telle prison soit bâtie dans le seul but de l'accueillir ? Et qui avait été son juge ? Josephus devinait qu'il ne tarderait pas à l'apprendre.
Avec son gardien, l'Hôtel avait disparu, se dissipant dans le néant dont il était né. D'où venait la balle d'argent qui avait permis à Josephus d'accomplir un tel miracle ? Magnus lui-même l'avait-il fabriquée ? C'était improbable.
Burrower était mort, sa chair et son âme dévorée par le torrent de munitions squales que le lanceur de Kuja avait vomi l'instant d'après. Les termes du pari interdisait à Josephus de tuer son concurrent ; pas de le faire tuer par un autre. Ils avaient triché, triché encore, joué sur les mots, enfreint toutes les règles mais Pukeslime n'en saurait jamais rien ; ils n'avaient pas gagné mais l'honneur de Magnus – ou n'importe quoi d'autre qui ait pu être mis en jeu dans ce pari imbécile – était sauf.
Il se demanda soudain si Pukeslime avait réellement été impliqué. En y repensant, l'idée absurde d'un pari entre Pukeslime et Magnus lui paraissait dénuée de sens et il commençait à douter qu'il ait jamais existé. Si le véritable but de cette pathétique épopée était de détruire l'Hôtel, qui en avait décidé ? Le Grand Architecte lui-même ? Les paroles de Magnus lui revinrent : Ce que vous cherchez Josephus, vous dépasse. Il nous dépasse tous. C'est l'Ultime Secret, sur lequel repose tous les mythes et toutes les légendes de toutes les races intelligentes qui peuplent nos univers et bien d'autres encore. Le seigneur primarque avait sûrement choisi ses paroles avec soin ; Il ne pouvait espérer que Josephus croie une assertion si parfaitement ridicule. De toutes évidences, il ne l'espérait pas et ne le voulait pas.
A quoi bon ces manœuvres volontairement naïves et cette mise en scène inepte ? Magnus savait bien que s'il avait simplement ordonné à son fils d'aller se mesurer à Malal en personne, il aurait obéi sans discuter. Pourquoi cette mascarade ?
Quoi qu'il en soit, Josephus avait triomphé de l'Hôtel.
Mais en avait payé le prix : Désormais, Kuja savait.
"Quelles sont vos intentions pour l'avenir, seigneur Josephus Magnusson ?"
La voix douce et lente provenait d'un scintillement de lumière plus violent encore que celle dans laquelle baignait le space marine, flottant à quelques mètres devant lui. Et une nouvelle fois, Josephus eut peur. Durant son interminable existence, il avait affronté ou pactisé avec des démons, combattus ou trompé des êtres à la puissance inimaginable, avaient face à des armées entières ; et était toujours en vie pour le narrer. Mais l'hostilité que pouvait lui vouer l'Imperium tout entier et les enfers de Nurgle réunis n'était qu'une paille en comparaison de celle qui animait probablement l'entité qui lui faisait face. Jamais Josephus n'avait dialogué en tête à tête avec un dieu.
Il eut préféré que ce ne fut pas celui-ci.
"Je l'ignore seigneur Illuminas."
"Vous ne pouvez plus ni avancer, ni faire marche arrière. Il est peu probable que les vôtres vous acceptent encore comme leur compagnon. Encore moins que vos ennemis vous pardonnent dix mille années de guerre. Seul, vous n'aurez plus la capacité d'entreprendre quoi que ce soit dont l'ambition soit à votre mesure. L'heure du choix à sonné capitaine Josephus Magnusson ; elle devait sonner un jour ou l'autre. Lorsqu'elle s'est présentée pour la première fois il y a dix mille, vous l'avez fuie. Parce que, à l'instant exact ou le destin vous a placé dans la position très particulière de pouvoir seul décider du cours de la guerre, vous avez éprouvé le doute. Sûrement cherchiez-vous à vous convaincre vous même que votre choix n'était pas irréversible ; peut-être en bon soldat teniez-vous à vous ménager une voie de retrait. L'évidence est que vous avez refusé de choisir.
Avez-vous finalement jamais fait autre chose que fuir l'heure du choix seigneur Josephus Magnusson ? Votre fidélité aveugle à votre père en a peut-être toujours été le meilleur moyen.
L'écoulement du temps est un concept que j'appréhende mal et que je déteste ; N'en est-il pas de même pour vous seigneur Josephus Magnusson ? Quel genre de souffrance endure-t-on quand on vit dix millénaires durant avec la peur de voir son secret le plus terrible révélé ? Une autre question que je me pose est celle-ci : Magnus connaissait-il votre responsabilité dans la défaite ? Comment pourrait-il l'ignorer lui dont l'œil voit tout et perçoit tout ?"
"Que voulez-vous seigneur Illuminas ?"
"Vous. Bien sûr."
Il y eut un silence. La voix reprit.
"Ce n'est pas à moi qu'il faut donner une réponse, c'est à vous même : n'êtes vous pas fatigué de vous mentir en permanence capitaine Josephus Magnusson ? En prétendant faire de la force vive du Chaos votre instrument alors que le Chaos vous manipule ? En prétendant être dévoué à votre père qui n'hésite pas à vous envoyer dans l'un de mes havres ? En prétendant combattre l'Imperium des hommes alors que vous ne faites qu'infliger des piqûres d'insectes au cuir d'un colosse ? Moi seigneur Josephus Magnusson, je ne vous mentirai jamais ; Des combattants et des sorciers de votre valeur et de votre courage sont d'une rareté exceptionnelle même à l'échelle de l'univers. Tous ce que vos maître actuels vous donnent, je peux vous le donner également ; mais je peux vous apporter bien plus. Je peux vous apporter la paix avec vous-même.
Ce que le Grand Architecte vous offre, c'est une aventure ; ce que je offre, moi, c'est une cause. Vous vous battez depuis dix millénaires pour renverser un ordre malsain et fragile et le remplacer par un autre qui sera plus malsain, instable et éphémère encore et vous le faites sous la bannière de l'entropie. Ce que je vous offre moi, c'est un ordre véritable, parfait et éternel. Songez à cela ; songez surtout qu'il n'y à guère d'autre option à votre disposition."
Josephus sourit faiblement.
"Votre discours ressemble dans sa structure à celui du Maître du Chaos. Il est une créature de Malal, exact ? Un gardien de l'Hôtel comme Zerr. Vous avez dit que vous ne me mentirez jamais et je vous crois très volontiers ; avez-vous l'intention de me tuer ?"
"Non. Une telle menace pourrait influencer votre décision. Or, encore une fois, vous êtes à l'heure du choix. Il n'appartient qu'à vous."
"Je ne veux pas de l'ordre que vous m'offrez. Moi qui ai contemplé l'enfer du changement perpétuel, je préfère y vivre à jamais comme un esclave qu'être un empereur dans votre paradis de vide solidifié et de lumière figée. Quant bien même mon opinion serait différente, ma réponse elle, ne le serait pas : je ne puis vendre ou donner ce que je ne possède pas ; et mon âme appartient à mon père."
Il s'inclina respectueusement.
"Je vous suis reconnaissant de l'honnêteté dont vous avez fait preuve à mon égard. Permettez moi à présent de retourner parmi les miens. Qu'ils m'acceptent ou non relève de leur seule décision. Pour eux aussi peut-être, l'heure du choix a sonné."
La vision de Josephus s'assombrissait doucement tandis que retentissaient dans son esprit les dernières paroles d'Illuminas.
<i></i>
Ma proposition reste à tout jamais valide seigneur Josephus Magnusson.
Si vous devez un jour changer d'avis, il vous suffira de prononcer mon nom.
Et que le hurlement du frère Kuja, space marine de la première compagnie de la légion Astartes des Thousands Sons, incendiait sa mémoire.
<i></i>
Pourquoi ?
Vous saviez qui était à bord !
Vous connaissiez leur destination !
VOUS POUVIEZ STOPPER LA FREGATE EISENSTEIN ET VOUS L'AVEZ LAISSEE PARTIR !
POURQUOI ?
