Sur la question des drogues durant la WWII, les plus gros consommateurs furent les pilotes, anglais comme allemands d'ailleurs. Ils volaient très très souvent shootés pour compenser le manque de sommeil.
Après, la pervitine comme d'autres produits du genre a deux inconvénients majeurs : manque et effondrement. Le manque parce qu'une fois qu'on y habitué, il devient difficile de s'en passer. L'effondrement parce qu'une fois l'effet du produit passé, l'organisme s'effondre littéralement et le soldat a besoin de dormir deux ou trois fois que la normale. Sans parle des effets secondaires : dépression, psychose, etc.
Ceci posé, résumer la victoire allemande à la pervitine serait bien entendu un raccourci grossier. Je trouve que Cyrus a bien causé car il a mis en avant les éléments clé de la défaite politique. Pour l'aspect militaire, c'est essentiellement l'usage médiocre et dépassé des hommes et du matériel qui a conduit à la "défaite" militaire. C'est vraiment sur la doctrine que la France s'est faite défoncer au niveau militaire (le politique c'est autre chose).
Et contrairement à ce qu'on peut lire ici et là, les allemands n'ont pas été des génies militaires avec du matériel de pointe mis au service d'une doctrine innovante . Les divisons panzer ont été "bricolées" avec les moyens du bord (d'assez mauvais Pz II et III en majorité) et les officiers allemands ont bâtis leur doctrine en faisant avec ce qu'ils avaient et non en construisant ce dont il avait besoin au service d'une doctrine révolutionnaire.
Pour le dire autrement, l'Allemagne n'a pas bâti la Weermacht au service de la blitzkrieg. Elle a pensé la blitzkrieg parce que la Weermacht n'était pas capable de mettre en application une doctrine plus conventionnelle. Seule la Luftwaffe a réellement été bâtie au service de la doctrine mais son coût (humain et financier) fut incomparablement inférieur à celui des troupes au sol.
C'est donc le manque de moyens qui a rendu nécessaire l'élaboration d'une nouvelle doctrine là où les français, ne souffrant pas des mêmes limitations matérielles, n'ont pas remis en question les "acquis" de la première guerre. Par un curieux tour de l'Histoire, les limitations militaires imposées à l'Allemagne à Versailles ont donc participé indirectement à son succès dans les premières années de la guerre.

