Les Primarques : Lion, Fulgrim, Perturabo
#1


J'inaugure ici une série d'articles qui ont pour objectif de vous livrer une analyse des primarques.  Et je dis bien une analyse et non un "historique".  Ce qui suit est donc avant tout un point de vue, une opinion venant d'une personne qui a rouler sa bille dans le secteur de la santé mentale (moi donc, oui je parle de moi à la troisième personne, c'est pas bon signe).  Je n'ai pas la prétention d'affirmer que les auteurs successifs qui ont écrits sur les primarques avaient en tête la volonté de donner tel ou tel traits à leurs personnages mais le fait est que l'on trouve une vraie cohérence, en particulier dans les romans BL, sur la tournure d'esprit des primarques.  Et le fait est que lamajorité d'entre eux souffre de troubles mentaux sévères, y compris du côté des loyalistes.




 




Je profite également de ces articles pour disserter sur les noms des primarques et l'origine de ces noms.  Pour ce point, si je suis parfois dans la spéculation, de nombreux noms de primarques ont une origine claire et avérée en lien avec notre histoire réelle (ex : Jaghatai Khan), ses mythes (ex : Horus) ou d'autres oeuvres de fiction (ex : Konrad Curze).




 




On attaque donc avec les trois premiers en espérant vous apprendre quelques bricoles et lancer de bonnes discussions.




 




<b>Lion El’Jonson – Primarque de la Ière légion « Dark Angels » - Le Caractériel.</b>




 




 




<b>1/ Origine et analyse du nom</b>




 




Contrairement à la croyance répandue qui fait de Lion El’Jonson un clin d’œil à Jervis Johnson, le primarque doit en fait son nom à Lionel Pigot Johnson, un poète anglais du XIXème siècle.  Lionel Johnson est l’auteur d’un poème nommé « The Dark Angel ».  Ce poème traite, avec la pudeur de l’époque, de la question de l’homosexualité masculine et des désirs «  contre-nature » de l’auteur dans une société alors très chrétienne.  L’auteur se fait violence pour ne pas céder à ses désirs et évoque des notions telles que la pénitence, la honte et le besoin de dissimuler son inavouable secret.




 




Difficile de ne pas y voir un parallèle sérieux avec Lion El’Jonson et les Dark Angels, n’est-ce pas ? 




 




En premier lieu, la question de l’homosexualité.  Sans partir sur des hypothèses incongrues, il est évident que sa relation avec Luther comporte des éléments d’amour platonique.  On ne saura jamais s’ils ont rejoués Brokeback Mountain dans les forêts de Caliban mais les deux hommes étaient assurément très proches.  En particulier dans leur relation maître-élève, qui finira pas s’inverser comme souvent dans ce type de relation.  On pourrait presque parler d’une relation dominant-dominé en ce qui les concerne, avec inversion des rôles lorsque Lion atteint son apogée.




 




Viennent ensuite le sentiment de honte, le culte du secret et la pénitence pour une « faute » ignorée de la société.  Ici aussi, le lien saute aux yeux et il me paraît évident que l’écriture de l’histoire de Lion El’Jonson avait pour objectif de créer cette honte et ce secret.  Bien qu’il ne s’agisse pas ici d’homosexualité dans une société catholique, il s’agit tout de même d’hérésie que les Dark Angels cachent et à cause de laquelle ils souffrent. 




 




Les ponts entre Lionel Johnson, son poème et l’histoire des Dark Angels semblent bien solides et le lien peut être considéré comme établi.   




 




<b>2/ Analyse de la personnalité</b>




 




Il est évident que Lion El’Jonson est un primarque extrêmement autoritaire, violent et caractériel.  Certains éléments démontrent également un goût de la perfection qui vire à l’obsession.




 




Un caractériel se définit comme une personne qui manifeste des colères irraisonnées, de la violence foudroyante et qui s’adapte difficilement  aux règles et contraintes de la société.  De toute évidence, Lion est un solide caractériel.  Capable de décapiter brutalement l’un de ses propres hommes sous le coup de la colère, il est également connu pour ses relations « difficiles » avec les autres primarques.  Le simple fait qu’il a passé (littéralement) son épée à travers de Leman Russ démontre combien la colère du Lion ne connaît pas de limite.  Il éprouve de réelles difficultés à se maîtriser et ne constituait de ce fait en aucun cas un candidat envisageable pour le poste de Maître de Guerre, malgré la très haute opinion qu’il a de lui-même.




 




Ces troubles du comportement lui viennent-ils de sa première décennie de vie qu’il a passé seul dans les forêts de Caliban, combattant les pires monstres que l’on puisse imaginer ?  Il n’est pas interdit de penser que cette enfance ultra-violente et totalement isolée de l’humanité soit la cause des troubles du comportement dont il fait preuve.




Individualiste brutal et inadapté social, Lion aurait facilement pu se retrouver du mauvais côté de l’hérésie.  Il est un peu surprenant qu’Horus n’ait pas tenté de le convertir en jouant sur son opposition à Leman Russ. 




 




C’est sans doute le côté totalement imprévisible de Lion qui a empêché Horus de le « recruter ».  En effet, Horus a convertis de nombreux primarques à sa cause en jouant sur les traits de caractères de ces derniers.  Cela aurait été difficile sur le Lion car ce dernier manque justement de constance dans ses actes et dans ses choix, ce qui rend son caractère trouble et de là, difficile à manipuler. 




 




<b>Fulgrim « Le Phénicien » – Primarque de la IIIème légion « Emperor’s Children » - Le Schizophrène</b>




 




 




<b>1/ Origine et analyse du nom</b>




 




Deux théories existent concernant le nom de Fulgrim.  La première voudrait qu’elle soit une contraction de « Full of Grim » soit « Très sinistre ».  Je vous le dis tout de suite, je pense que c’est de la connerie monumentale, GW n’a nommé aucun autre primarque avec ce genre de jeu de mot d’un niveau cours de récré. 




La seconde, bien plus cohérente selon moi, est dérivée du latin <i>fulgur</i> qui a d’ailleurs donné le mot français encore en usage <i>fulgurant</i>.  <i>Fulgur</i> donc peut se traduire par éclair ou « éclat » dans le sens de « la vive lumière d’un corps brillant ». 




 




Fulgrim n’était-il pas brillant ?  N’était-il pas considéré comme le plus rapide des primarques ?  N’est pas celui qui veut qu’on le regarde, qu’on l’admire, celui qui veut briller et éblouir ? 




 




Etablir un lien entre Fulgrim et la vive lumière d’un éclair ne me paraît pas idiot.  En tout cas bien moins que la sinistrose de la première théorie.  Pour enfoncer le clou, plusieurs primarques ont des noms dérivés du latin.  En ce qui me concerne je m’en tiendrai donc à cette option, le choix du nom de Fulgrim vient de <i>fulgur</i> et colle parfaitement à la personnalité du primarque. 




 




Fermons le cercueil du débat avec ce constat : le dieu principal du panthéon phénicien historique était Baal, dieu de l’orage qui sera plus tard associé à Seth (le Chaos) dans la mythologie égyptienne avant  de devenir  Ba’al Zebub, Belzebuth, Robert de Niro et tout çà. 




 




Bref, il n’est pas interdit de penser que Fulgrim a été nommé par association à la brillance et à la rapidité d’un éclair.




 




<b>2/ Analyse de la personnalité</b>




 




Fulgrim souffre d’un énorme complexe de supériorité et d’un perfectionnisme pathologique.  Du moins c’est l’image qu’il donne de prime abord.  Comme la majorité des personnes ayant un complexe de supériorité affiché, cela masque en fait un très réel complexe d’infériorité.  




 




Lorsque l’Empereur le retrouve, sa légion ne compte que 200 marines (contre des milliers aux autres légions) suite à un accident génétique.  Durant les nombreuses années nécessaires à la reconstruction de sa légion, Fulgrim sera inféodé à Horus et dépendant de la légion de ce dernier pour mener des opérations, n’ayant tout simplement pas assez d’hommes pour être autonome.   Cet évènement à lui seul a pu nourrir un sentiment d’infériorité chez Fulgrim.  De plus, malgré ses bravades, Fulgrim est parfaitement conscient de la supériorité de certains de ses frères dans divers domaines.  Il n’aura jamais les talents d’administrateur de Roboute et ne pourrait s’opposer au Lion en duel.  Même sur le plan physique et malgré sa grande beauté, il sait qu’il n’aura jamais la noblesse de Sanguinus.  Tandis que d’autres primarques acceptent cette diversité de talents comme un bienfait de l’Empereur en y voyant les rôles complémentaires des primarques, Fulgrim n’y voit que le reflet de ses propres échecs et insuffisances.




 




Ce complexe d’infériorité est fréquemment associé à des troubles mentaux et en particulier à la schizophrénie.  Cette maladie mentale se caractérise par des hallucinations auditives (voix qui commentent ou critiquent les actions de la personne) et visuelles (objets ou personnes).  Les schizophrènes finissent par accorder à des objets ou des personnes des significations absurdes et incohérentes (« si cet homme met un chapeau noir, alors je dois tuer une femme noire »). 




 




Bien que le cas de Fulgrim soit lié à une possession démoniaque dans un univers de fiction, son parcours est typique du schizophrène.  De plus il s’agit d’un trouble héréditaire et donc lié à la génétique.  Quand on sait les déboires génétiques de la légion, on ne peut s’empêcher de penser que papy a dû se mélanger les pinceaux au moment d’établir l’ADN de Fulgrim et des Emperor’s Children.




 




<b>Perturabo – Primarque de la IVème légion « Iron Warriors » -L'Autiste frustré</b>




 




 




<b>1/ Origine et analyse du nom</b>




 




Point de grand mystère ici.  <i>Perturbo </i>en latin signifie bouleverser, perturber.  Les auteurs se sont contentés d’ajouter un « a » pour que le nom roule mieux sous le langue, sans doute pour gommer le son « turbo » qui pourrait prêter à sourire (« Mon primarque met le per-turbo, haha ! »).




 




Perturbé, Perturabo l’est assurément.




 




<b>2/ Analyse de la personnalité</b>




 




Perturabo est avant tout un frustré, un vrai grand frustré avec toutes les conséquences que la frustration peut faire naître lorsqu’elle s’accumule.  Il souffre d’un manque flagrant de considération de la part de ses frères et de son père. 




 




Imaginez deux seconde que vous avez au boulot un collègue glacial, distant et hautain mais qui est de très loin le meilleur dans son domaine d’expertise.  Pensez-vous que la hiérarchie va le promouvoir ?  Probablement pas.  Car pour progresser il faut non seulement disposer de réelles capacités professionnelles mais aussi disposer de capacités relationnelles adéquates permettant de travailler avec les autres.  Malheureusement pour lui, Perturabo est fort dépourvu en matière de capacités relationnelles et de ce fait, restera cantonné à ce qu’il sait faire : la guerre de siège.  Ce qui va nourrir sa frustration car le bougre ne manque pas d’ambition.  Mais cette ambition diffère de celle d’Horus.  Là où Horus envisage sa réussite comme une évidence, Perturabo recherche avant tout la reconnaissance de son père et de ses frères.   Reconnaissance qu’il n’obtiendra jamais mais sur laquelle Horus jouera habilement.




 




Perturabo accumule ensuite une seconde dose de frustration au niveau de sa planète, Olympia.  Contrairement à la majorité des primarques, il n’a jamais réussi à imposer son autorité sur la planète et son père adoptif lui contestera même cette autorité après que l’Empereur l’eu accordée à Perturabo.  Pire encore, la planète se révoltera contre Perturabo et ce dernier anéantira littéralement son propre peuple.  Au niveau estime de soi, on a vu mieux.




Bref, Perturabo manque en fait fortement de confiance en lui (pour un primarque) ainsi que d’empathie.  Ce dernier trait est fréquent chez les primarques mais particulièrement prononcé chez lui.   De ces « défauts » naissent des frustrations intenses qui ne feront qu’aggraver ses liens avec ses frères, conduisant à encore plus de rancœur et de frustration.  C’est bien cette frustration qui conduira le primarque à sa chute.




 




Toutefois, on ne peut s’empêcher de penser que l’histoire de Perturabo fut un terrible gâchis car sous ses dehors austères, Perturabo est en réalité un primarque sensible qui ressent des émotions.  Un passage dans l’un des romans démontre à quel point il est capable de concevoir des merveilles d’ingénierie et des bâtiments non seulement techniquement superbes mais dans lequel il s’implique émotionnellement.    Ce passage me fait penser que sur le plan clinique, Perturabo n’est absolument pas le psychopathe dénué d’émotion que l’on pourrait voir de prime abord.  Il est fait bien plus proche d’un diagnostic autistique.  Autrement dit, Perturabo ressent énormément d’émotions, trop en fait.  Et il met de la distance avec ses frères pour maîtriser ces émotions car celles-ci pourraient le déborder. 




 




Frustration, colère, autisme, le profil clinique de Perturabo démontre finalement un individu qui aurait eu besoin d’aide et de compréhension de la part de sa « famille » et non le boucher froid et insensible qu'il semble être de prime abord.


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#2

Je me demandais ce que mes Dark Angels faisaient pour s'amuser lorsque je les remettais dans leurs boites. Maintenant je sais [img]<fileStore.core_Emoticons>/emoticons/default_biggrin.png[/img].


Merci le Lapin Blanc Bleue

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#3

Citation :
il y a 12 minutes, DV8 a dit :




Je me demandais ce que mes Dark Angels faisaient pour s'amuser lorsque je les remettais dans leurs boites. Maintenant je sais [img]<fileStore.core_Emoticons>/emoticons/default_biggrin.png[/img].


Merci le Lapin Blanc Bleue




En tout cas les DA de la boîte Dark Vengeance, ils sont fait pour s’emboîter, c'est une certitude.




 




J'aurai pu causer également de l'aspect "moines" des DA qui prête également au soupçon quand on sait combien les nuits d'hiver étaient dures et longues dans les monastères... fallait bien se réchauffer un peu. 


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#4


Et ils recrutent des enfants aussi tant que tu y es ^^




 




Pour Lion des DA, je rajouterai que si il s'appelle Lion, ce n'est pas forcément anodin.




Les lions sont tout sauf manipulables, ceux sont les rois de la savane quand même : pas de compromis, pas de compromission !




Alors de là à fricoter avec des anarchistes qui méprisent leur père...




 




Et question de honte : fracasser son primarque et chef avec un bombardement orbital, ils peuvent se cacher, hein !




 




Bon je vais lire la suite mais pas au taff...




En fait, il faut que je parte ! ahahahahahahah


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#5

Citation :
il y a 20 minutes, Skyrraahh a dit :




Et ils recrutent des enfants aussi tant que tu y es ^^




 




Pour Lion des DA, je rajouterai que si il s'appelle Lion, ce n'est pas forcément anodin.




Les lions sont tout sauf manipulables, ceux sont les rois de la savane quand même : pas de compromis, pas de compromission !




Alors de là à fricoter avec des anarchistes qui méprisent leur père...




 




Et question de honte : fracasser son primarque et chef avec un bombardement orbital, ils peuvent se cacher, hein !




 




Bon je vais lire la suite mais pas au taff...




En fait, il faut que je parte ! ahahahahahahah




 




L'auteur qui a choisit le nom est clairement parti de Lionel pour le transformer en Lion'El.  




 




La scission était effectivement intéressante puisqu'elle donnait Lion (en lien avec l'animal comme tu le dis) et El, couramment utilisé dans les patronymes (arabes et autres).  Il est amusant de savoir que El signifie également Dieu dans certains langages antiques situées au moyen-orient actuel.


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#6


Dieu, le père de tous.




 




Bon sinon, en essayant de m instruire sur mon signe astrologique ^^




Le lion représente et est représenté de nombreuses fois dans le religieux.




 




En gros, 




C est beau




C est fort




C est majestueux




Le Lion




...




...




Arrêtez !  Vous allez me faire r(o)ugir  ! 




 




 


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#7


...




C'est caractériel.




C'est une salope qui bute les lionceaux du prédécesseur pour que les femelles soient en chaleur




C'est une grosse feignasse qui envoie les femmes chercher la bouffe mais se sert en premier




 




Une belle bête, c'est sûr.  [img]<fileStore.core_Emoticons>/emoticons/default_biggrin.png[/img]

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#8


Mais c'est juste super intéressant cette analyse! Je veux la suite! 




Je peins un Roboute en ce moment, et j'ai un Mortarion et un Horus au chaud! Typiquement ce genre de recherche me permet de penser l'ambiance même de la pièce pour la rendre encore plus crédible!




J'ai vraiment hate de lire la suite ^^


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#9

Pour Roboute j'ai vraiment du chercher et j'ai trouvé un truc qui est très très peu connu.  J'entend bien faire tous les primarques au final.  Les trois suivants sont déjà bien avancés, je pense les finir demain.  Horus est déjà écrit par contre Mortarion je ne m'y suis pas encore intéressé.

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#10

Citation :
Il y a 4 heures, Alias a dit :




<b>Perturabo – Primarque de la IVème légion « Emperor’s Children » -L'Autiste frustré</b>




 




 




C'est pas les "Iron Warriors" plutôt ?




 




Sinon comme tout le monde ici j'adore cette analyse très personnelle des traits de caractère des Primarques, qui complète agréablement les compilations historiques qu el'on trouve habituellement sur le net. En plus c'est en français, et ça c'est bien aussi. Ca repose l'anglophone "moyen" :)


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