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  Les Aventures De Zugrub Oomifrind
Posté par : Xavier - 31-10-2004, 00:52 - Forum : Récits et Poésies - Pas de réponse


Sur l'air de deux des plus formidables chansons de Renaud (regretté chanteur français de grand talent mort il y a une quinzaine d'années maintenant.)


*****


"Les aventures de Zugrub Oomifrind"


------------------------------------------


Tadadin !


Ta-tadadiin !


Au quarantième millénaire


Dans le cosmos où qu'il fait nuit


L'espace sidéral est désert


Le grand Zugrub rentre chez lui.


Dans le lointain les barges de bataille vont sans bruit.


ça y est j'ai planté le décor


Créé l'climat de ma chanson


ça sent la peur, ça pue la mort


J'aime bien c't'ambiance, pas vous ? Ah bon.


Voici l'intrigue proprement dite


Voici l'histoire d'Armageddon


Le Kosmik Stompa va très vite


Ses réacteurs crachent des protons.


Dans le lointain les salmeks meurent par wagons.


Lorsque soudain vient le malheur


A l'approche d'un système solaire


Y'a plus de jus dans le kroozer


Oomifrind de rage est tout vert


Tu d'vrais pas Zu-grub Oomifrind


Aller sur Aaaa-rmageddon


Tu d'vrai rester à Zugrubtown


Tuer les Bad Moons !


Ta-tadada-dadadiiin !


Il coupe toute la mécanique


S'asseoit au sol et réfléchit


Sur ces planètes désertiques


Y a pas un seul mekboy ami.


Dans le lointain passent des vaisseaux de beekies gris.


"Qu'est-ce que j'vais faire dans c'coin miteux


J'vais quand même pas rentrer à pieds."


Plus il s'agoisse moins ça va mieux


Quand soudain lui vient une idée :


"J'vais siphonner deux trois mille litres


Dans l'réservoir de ce Space Hulk.


Pis après j'y casse toutes les vitres


Comme ça gratuitement par plaisir.


Faut bien qu'j'me défoule un p'tit peu


Chuis énervé."


Une fois son forfait perpétré


Zugrub essaie d'redémarrer


Mais le Stompa veut pas bouger


C'est p'têt' l'Emp'reur qui s'est vengé.


Tu d'vrais pas Zu-grub Oomifrind


Aller sur Aaaa-rmageddon


Tu d'vrai rester à Zugrubtown


Boire deeees caaa-nooons !


Ta-tadada-tadadiiin !


Alors pendant une demi-heure


Dans le moteur il tripatouille


Il est crevé il est en sueur


Il a du cambouis jusqu'aux coudes.


Dans le lointain y a une baston comme d'habitude.


A c'moment un vaisseau arrive


Un scout space marine monte à bord


Et qui lui dit, comme dans les livres


"S'te plait dessine un mouton mort


Une soeur de baaa-taille, un calibre


Un couteau, une armure Mark 7.


Tout c'que tu veux, mon pote, t'es libre


Mais dessine moi quequ'chose de chouette."


Dans le lointain il s'passe plus rien du moins i'm'semble.


Alors d'un coup d'crosse de bolter


Bien placé entre les deux yeux


Ta-ta-tiiin !


Zugrub Oomifrind perfore le coeur


Du petit scout de mes deux.


Faut pas gonfler Zugrub Oomifrind


Quand il répare son chouette vaisseau


C'est la morale de ma chanson


Moi j'trouve ça beau.


Pas vous ?


...


Ah bon.


Tadadiiiin !


Tadadiiiin !


*****


"Le retour de Zugrub Oomifrind"


-------------------------------------


Pas d'problème les Deathskulls sont tranquilles ce matin


Y s'pass'ra pas grand chose dans les rues d'Zugrubtown


Le Über-Diktator, le tueur de Bad Moons


Est parti pour Bezak flinguer quelques humains


Y va y avoir du sang, des tripes et d'la baston


Le bolter est chargé prêt à cracher du plomb


Y a un guerrier Blood Axe, la terreur des gretchins


Qui s'dirige vers Bezak, son nom c'est Oomifrind


Ta-ta-tin !


Zugrub c'est un héros, alors i' peut pas mourir


Avec lui, c'est l'retour de la grande aventure


Celle qui fait trembler, celle qui fait frémir


Dans la nuit, dans le vent et dans la froidure


Dur.


(C'est pas fini).


Au volant d'son buggy, à une vitesse folle


Il s'écoute Boltthrower qui passe à la radio


Musicalement il aime bien, euh, surtout les paroles


Quoique des fois il trouve qu'c'est pas assez intello


Par la p'tite meurtrière percée dans le blindage


Il voit la pluie qui tombe sur la plaine désertique


Il a perdu son ch'min au mileu du bocage


Et le v'là paumé dans une forêt maléfique.


Commence à s'énerver, perdr' du temps, il aime pas


Il avait un rencart, au bistrot, avec Gurgot


Le goff lui doit vingt dents, si Zugrub est pas là


C'est sûr, il va s'tirer en lui laissant la note.


Ta-ta-tiiin


(ça continue, attends.)


ça fait maintenant une plombe qu'il se perd dans la nuit


Voilà l'brouillard qui tombe, c'est normal, c'est l'hiver


Pour l'ambiance d'la chanson, faut des intempéries


Faut un climat sordide comme toujours à la guerre.


Ta-ta-tiiin


Dans la lueur des phares, tout à coup, soudainement,


'Voit passer une silhouette, sur le bord du sentier.


"Un salmek à crever !" se dit-il joyeusement,


"J'vais lui d'mander mon ch'min pis après j'vais l'buter."


Il arrête son buggy auprès d'un arbre en bois


Et à pieds, dans la nuit, sous la pluie qui ne cesse


S'enfonce dans la forêt, poursuivant la gozesse


'lle a des oreilles pointues, c'est un truc qui n'trompe pas.


Ta-ta-tiiin


(Arrête j'ai peur.)


Elle est jeune, elle est belle, avec son armure blanche


Son sabre énergétique et son pistolaser


"Par Gork !" se dit Zugrub. "Elle va m'tailler en tranches.


Mais chuis un guerrier ork et j'vais pas m'laisser faire."


Il imagine derrière le masque en moëlle spectrale


La tronche de la donzelle prête à pousser son cri.


Il attrape son bolter pour y loger une balle


Et son énorme hache qui crépite d'énergie.


Non ?


Si si.


"T'es moche, tu pues, alors pour toi ce s'ra dix sacs."


A ces mots Oomifrind flaira un peu l'arnaque


Il éclata la tête de cette créature


Et s'en fut dans la nuit vers d'autres aventures.


Ta-ta-tiin


C'est finiiii


La chansooon

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  L’infection Genestealer
Posté par : Patatovitch - 28-10-2004, 19:34 - Forum : Warhammer 40k - Background - Pas de réponse


Je poste ici un petit texte que j'ai composé pour voir si mes collègues ont la même vision que moi de la chose suivante :


<b>Hop on édite</b>


L’INFECTION GENESTEALER


Se faire infecter par un genestealer est une chose qui arrive lorsqu’on traîne trop dans les space hulk et dans les endroits malfamés à la recherche de la gloire et de la fortune.


Qui peut infecter ?


Les genestealers (patriarches inclus), les hybrides de 1ere et 2eme génération et 50% des hybrides de troisième génération.


Les hybrides de 3ème génération peuvent aussi le faire par transfusion sanguine. Et si vous êtes une femme, ne couchez pas avec ceux de la 4 génération sans protection !


http://perso.wanadoo.fr/taran/tytystealers.htm


Comment cela ce passe ?


Les créatures sus-citées disposent d’une longue langue terminée par un ovipositeur et d’un regard hypnotique.


Une fois arrivé au contact de sa victime (lors d’une action de charge), le genestealer doit réussir un jet pour toucher sans bonus pour la charge (sauf si sa cible est inerte ou hypnotisée auquel cas la touche est automatique). S’il la touche, cette dernière, si elle est capable d’agir, à droit à un test d’initiative modifié de plus 10 par point d’armure sur la bouche (qui est en général égal au nombre de point sur la tête).


Si le test est réussi, la langue est évitée et le genestealer peut retenter la même action à sa phase active suivante.


Si le test est raté, le casque éventuel est ôté ou brisé et la langue pénètre dans la bouche de la victime pour un french kiss langoureux qui dure un tour entier. Le stealer ne fait rien d’autre durant ce temps et achève son œuvre même s’il est tué entre-temps.


Evidement, si la victime est endormie ou hypnotisée, l’infection ne peut échouer...


La victime sombre dans un coma profond pour 1D6+1 heures. Elle ne se rappèle plus du tout des 1D3 heures qui ont précédé son agression et n’en porte aucune séquelle. Elle est infectée…


Et alors, ça fait quoi ?


En fait, rien dans l’immédiat sinon 1D6 points de folie (des cauchemars terribles).


Les PJs peuvent agir comme bon leur semble.


Un seul détail : ils ont un malus de –30 à un éventuel test de FM pour résister à une tentative de séduction d’un membre du sexe opposé. De plus, ils ont soudainement envie de fonder une famille et d’avoir des enfants.


Pour les hommes, mettre enceinte une (ou des) femmes devient un objectif prioritaire. Mais cela peut tout à fait passer pour une obsession de cul très naturelle. De plus, ils pourraient avoir tendance à s’attacher, l’implant leur commandant de rester près de leur compagne pour protéger le futur hybride. S’ils restent à proximité de leurs compagnes, dès que l’hybride naît, ils sont est totalement asservis par leur enfant et ne disposent plus de leurs libres arbitres (donc le joueur doit rendre sa feuille de PJ au MJ).


Pour les femmes, elles tomberont automatiquement enceinte lors du prochain rapport (hétéro)sexuel (si, si). Même au stade fœtal, l’hybride détiendra sur sa psyché et elle refusera toute idée d’avortement. Dès que l’hybride naît, 9 mois plus tard, elle est totalement asservi par son enfant et ne dispose plus de son libre arbitre (donc le joueur doit rendre sa feuille de PJ au MJ)


Une fois un personnage infecté, aucun genestealer ou hybride ne lui fera du mal ou tentera de l’attaquer, ce qui ne l’empêche pas de continuer à combattre…


Généralement, si c’est possible (tous les survivants sont infectés), le stealer essayera de se faire emmener par l'infecté. Dans ce cas, inutile de dire aux PJs qu’ils apportent dans la soute de leur vaisseau un stealer… Ils le savent mais pas consciemment. Même s’il est en face d’eux, sa présence leur paraît si normale qu’ils ne le remarquent pas.


On peut guérir ?


Non. La castration/stérilisation peut être une solution mais l’individu y sera farouchement opposé (ce qui se comprend un peu).


L’hypnose :


Arrivé à moins de 12mètres (15cm ou 6 pouces à l’échelle des figurines), le stealer peut dépenser une de ces phases action pour hypnotiser sa victime. Il ne peut rien faire d’autre. Sa victime tente immédiatement un test de FM où est complètement paralysée à compter de la prochaine phase (il peut arriver que le genestealer soit tué et le personnage hypnotisé s’ils peuvent agir dans la même phase).

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  La Voix Du Samouraï
Posté par : Visiteur - 27-10-2004, 22:55 - Forum : Récits et Poésies - Pas de réponse


La voie du Samouraï


Chapitre 1: Sous l'ombre du Yang-Tou.


Ma mère me disait souvent que lorsque la nuit tombait sur la vallée, les démons de la montagne descendaient dans les plaines et emportaient les enfants imprudents qui se risquaient dans l’obscurité. Pendant mon enfance, ce conte m’avait gardé à la maison quand le ciel au-dessus des Yang-Tou rougissait et que les bois prenaient une teinte indigo, mais ce soir je m’étais décidé à sortir pour aller voir partir mon père et les autres guerriers du Seigneur des Kedowara.


Le village où j’habitais était construit de petites fermes et de maisons de bois espacées les unes des autres par des champs de millet. Au dessus du village, je pouvais voir en sortant la colline escarpée sur laquelle se tenait la demeure du seigneur du clan: plusieurs étages de bois blanc, de poutres, de toits de tuiles et de panneaux de papiers posés sur un socle de pierre grise. Le château m’impressionnait toujours lorsque je le voyais; un jour, lors de la fête de Yangoun, le Dieu Rieur, j’avais pu gravir le chemin de pierre en lacet qui montait jusqu’au portes de bois noir. De là-haut, le regard dominait toute la vallée: au Nord, les cascades blanches des montagnes dévalaient les pentes boisées comme des fils d’argent et bondissaient sur les escarpements sombres, enfin elles se regroupaient dans un torrent violent qui contournait le village et les champs par l’Ouest puis tournait à l’Est au Sud du hameau.


C’était l’été, la chaleur du jour était tombée avec la nuit et une brise tiède et humide soufflait des montagnes, rendant ma peau moite. Ma mère triait des fruits et les mettait à sécher pour l’hiver, l’odeur de fumée du feu parvenait encore à mes narines lorsque je quittai le village en me dirigeant vers le grondement sourd du torrent. Je quittais les lumières jaunes du village, et plongeait dans l’obscurité de la nuit seulement contestée par la lueur pâle de Yakima, la plus grande des Jumelles.


Je comptais dire mes adieux à mon père lorsqu’il passerait le pont de pierre qui enjambait le fleuve en aval: en prenant le chemin des pêcheurs qui longeait les eaux bruyantes du torrent, j’arriverais avant eux qui prenaient la route contournant les dépressions humides où les moustiques pullulaient.


Mon cœur était resté serré jusqu’à maintenant par l’angoisse de voir mon père, guerrier du clan Kedowara, partir vers la capitale loin d’ici. Cela faisait quelques jours qu’il était resté à la caserne du château sans que je puisses le voir et c’est ma mère qui m’avait appris la nouvelle: il allait escorter le vieux seigneur du clan qui se rendait à la fête d’anniversaire du Seigneur de Guerre, à Tagoshima, la cité impériale: il serait absent longtemps.


Si j'allais jusqu'au pont, mon père verrait que j’étais brave et que j’étais digne d’être un guerrier comme lui. Je rêvais de devenir un guerrier, c’était pour moi le but le plus noble que je puisse avoir; cependant, je n’en étais qu’à ma treizième année et mes cousins plus âgés porteraient avant moi la coiffe des combattants et mon apprentissage des armes serait sûrement écarté au profit de celui du dogme : selon la tradition, c’était mon grand-père qui décidait de l’avenir de ses petits-fils et il ne désirait pas en voir trop d’entre eux entrer dans la classe des guerriers.


Je pensais être celui qui connaissait le mieux les bords de la rivière et en tirait une certaine fierté : je courrais vite dans les hautes herbes et j’évitais tous les trous sombres remplis d’eau stagnante. La fraîcheur de la nuit m’environnait et la course me procurait un sentiment de liberté sans borne : je riais dans l’obscurité en pensant à la tête que ferais mon père en voyant son fils jaillir sur le chemin tel un démon des bois. Enfin, la courbe de la rivière tourna vers l’Ouest et j’aperçus le pont de pierre éclairé par des lampes de toiles vertes et bleues : les couleurs des Kedowara.


La troupe des soldats n’était pas encore là, mais le vent m’apportait la rumeur de sabots ferrés claquant sur la route. Je décidais de me cacher derrière un arbre près de la chaussée de pierre et d’attendre en écoutant. Ils arrivèrent rapidement à ma hauteur et les silhouettes des cavaliers se dévoilèrent à la lueur des lampes : Aucun d’eux ne portaient leurs casques et je pus facilement distinguer mon père des autres guerriers. Je sortis de ma cachette et apparus à ses côtés d’un bond. D’abord surpris, il se raidit et porta sa main au pommeau de son sabre, puis en entendant le son joyeux de ma voix, il se radoucit et m’invita à monter quelques instants avec lui car ils ne pouvaient s’arrêter pour moi. Il m’aida à monter sur le grand cheval et nous reprîmes notre place dans la colonne.


« Ta mère vas être furieuse quand tu reviendras à la maison. » dit-il non sans une teinte de reproche.


« Grand-mère sait que je suis ici. »


Mon père acquiesça en silence et je sus qu’il était fier de mon courage et de ma prévoyance.


« Serez vous longtemps absent, père ? » lui demandais-je.


« Le temps que Yakima redevienne dans le ciel exactement comme elle est ce soir. »


Je levais la tête et regardais l’astre pâle au dessus de nous, gravant sa forme dans ma mémoire. Mon père me fit plusieurs recommandations sur le travail que j'aurais à la maison et les responsabilités que j’aurais tant que lui et mes cousins seraient absents.


« Akio et Funio t’accompagnes ? » m’étonnais-je.


« Oui Enaï, mon fils, tes cousins ont tous deux l’âge de commencer leur véritable rôle en tant que guerrier Kedowara. Ce voyage sera leur première mission, et ce n’est pas une des moindres : avec tous les nobles importants réunis en un seul endroit, l’atmosphère risque d’être tendue au palais du Seigneur de guerre. Nous sommes sur le qui-vive et le resteront jusqu’au moment où nous repasseront les portes de Yung-Na. »


« C’est pour cela que le Seigneur a préféré partir de nuit si discrètement ? »


« Oui, il craint une attaque ou une filature, et il n’a pas tord. Moi-même, j’ai cru un instant à une attaque quand tu as surgit des arbres ; pourtant les chevaux ont senti ton odeur et n’ont pas bronché, cela aurait du m’avertir que tu n’étais pas un bandit. » se reprocha t-il. Un léger silence seulement troublé par le vent et les chevaux s’installa.


Assis devant lui, je me sentais dans l’endroit le plus sûr du monde et j’étais heureux de partir en voyage. Je ne voulais rien dire pour ne pas rompre le charme et j’eus bien voulu que son cheval ne s’arrête jamais pour me laisser redescendre.


« Veilles sur ta mère et sur les autres. Honores nos ancêtres et ils veilleront sur toi. »


Je le saluais respectueusement, la gorge légèrement nouée.


Puis le cheval s’ébroua et mon père disparut vers la torche du cavalier de queue.


Lorsqu’il passèrent derrière un épaulement et que leur lumière s’évanouit, je me retrouvais dans le noir le plus complet. J’attendis un instant que mes yeux s’acclimatent, puis je suivis la route dans l’autre sens.


Le retour fut morose et la nuit semblait avoir perdu sa saveur de liberté.


A mon retour, ma mère me gronda sévèrement en me menaçant avec les pincettes du feu; mais je m’y étais préparé et laissais passer l’orage : je savais qu’elle ne me tiendrait pas vraiment rigueur d’être aller dire au revoir à mon père. La maison, toujours chaude et accueillante comme les bras de ma mère, sentait la pêche et la prune. Sur le feu près d’un écran ouvert, une tarte finissait de cuire et mon appétit acheva de chasser mon affliction passagère due au départ de mon père.


Ma mère suivit mon regard et m’avertit :


« Celle-là est pour demain. Si tu as faim, il reste un peu de galette et il y a du miel dans le placard. »


Je grignotais un moment en pensant à la journée de demain. La moisson n’était pas terminée dans les champs et il y aurait du travail pour tout le monde dans la fraîcheur du matin, ensuite, aux heures chaudes, le prêtre du Dieu Sage instruirait les fils de guerriers sous le grand chêne près du torrent. Et enfin, lorsque le soleil baisserait, j’irais à la rivière pour pêcher avec les autres garçons ou alors nous ferions des parties de Jang, un jeu de stratégie avec des pions et des cases, si le temps était mauvais.


Je souhaitais bonne nuit à ma mère et j’allais m’étendre sur ma natte dehors sur un des balcon. Je m’endormis paisiblement en tentant de me souvenir d’un coup fameux que m’avais montré un jour mon grand-père.


Les journées chaudes de la fin d’été passaient avec une lenteur exaspérante. Chaque jour semblait copier le précédent et je me sentais enfermé dans une routine paisible et rassurante. Cependant, chaque soir, je sortais sur le balcon et levais les yeux vers la pâle Yamika.


Je savais que quelque part, mon père regardait comme moi la même silhouette nacrée avec au cœur la nostalgie d’une belle terre au pied des montagnes: alors je priais la déesse blanche qui nous voyait tous deux, de veiller sur lui et de lui trouver une voie sûre dans son manteau de ténèbres.


Je restais longtemps assis à contempler la nuit, ne cessant que lorsque ma mère venait enfin me chercher : un soir, elle s’assit à côté de moi, sa robe du soir légèrement ouverte pour profiter de la brise fraîche. Le bruissement lancinant d’un grillon nous berçait lentement, tandis que le hululement sonore d’une chouette résonnait dans la nuit. Tous ces sons, ces odeurs de pins et de fleurs auxquelles s’ajoutait le parfum de ma mère me semblaient plus vivants que les journées brûlantes que je passais à travailler ou à m’instruire.


Ma mère prit ma main dans la sienne.


« Yakima nous montre ce soir le même visage que lors de son départ…et il n’est toujours pas rentré… »


Il n’y avait nul besoin de préciser qui était « il ». Je savais qu'elle parlait de mon père.


Je serrais ses doigts frêles et graciles dans les miens.


« Il ne devrait pas tarder. Père n’est jamais en retard…Je suis sûr qu’il sera là demain matin pour nous saluer avant que les travaux de l’aube commencent. »


Mais le lendemain, seul un soleil rose et doré me salua lorsque j’ouvris les yeux.


Mon père n’était pas seul à me manquer. Mes cousins, qui étaient plutôt des frères pour moi, revenaient souvent dans mes pensées.


Le rire cristallin d’Akio et sa bonne humeur, le ton sévère de Funio lorsqu’il nous réprimandait…J’avais vécu toute ma vie à leurs côtés et ils étaient devenus pour moi, comme d’autres visages familiers, des repères fixes dans ma vie: cette première absence était synonyme de changements importants et semblait appeler la fin d’une vie que j’avais aimée pour ce qu’elle était :constante et heureuse dans l’ensemble. La pensée qu’un jour je puisse vivre ailleurs loin de ma famille me terrifiait et je brûlais de l’envie d’enfermer les années passées dans une sorte de bulle intemporelle qui existerait pour toujours à l’abri du changement.


Enfin, sept jours après la nuit du retour prévu, la bannière Kedowara apparut enfin au loin sur la route. Le ciel s’était chargé de chaleur pendant toute l’après-midi et le soir était maintenant obscurci par des nuages sombres annonciateurs d’orage. Sa vue me remplit de joie et je quittais mes camarades de jeu pour aller prévenir ma mère. Ijito, un de mes meilleurs amis m’emboîta le pas en me demandant ce que j’avais vu.


« C’est le Seigneur, il est de retour ! Tu ne vois donc pas sa bannière là-bas, sur la route ? »


Ijito fit un signe de dénégation en regardant la chaussée grise.


Je n’écoutais pas sa comparaison entre ma vue et un aigle et m’élançait sur la côte qui montait vers les maisons.


A mes cris, ma mère sortit en courant, le front inquiet.


« Qu’est ce qui se passe, Enaï ? »


Le seigneur, je l’ai vu ! il revient ! Ils sont de retour ! »


Ma mère sourit de bonheur et je lui souris en retour : je n’aimais rien plus que de la voir joyeuse. Je m’apprêtais à courir pour rejoindre la troupe des guerriers approchant et les saluer comme une armée victorieuse, mais ma mère m’interpella :


« Non ! Tu restes ici ! J’ai besoin de toi pour préparer le dîner, sinon ton père mangera des fruits secs ce soir. »


Un instant l’envie me prit de protester, mais contre l’expression impassible et immuable de son visage, je savais que je n’avais aucune chance. Je pénétrais donc à regret dans la maison et me dirigeai vers la cuisine.


Lorsque mon père rentra enfin après avoir rempli ses offices à la caserne, le Soleil avait déjà passé l’horizon et le ciel était maintenant tout à fait noir : les étoiles étaient voilées par les nuages et un vent fort se levait. Mon grand-père avait fait égorger un veau pour l’occasion et une odeur délicieuse de viande cuite et d’herbes emplissait la salle d’entrée.


Toute la famille vint l’accueillir en lui souhaitant un bon repos, mais père avait le visage voilé par la tristesse et nos acclamations moururent dans nos gorges à sa vue. Quelque chose me frappa immédiatement: il était seul.


« Funio et Akio…où sont-ils ? » dit ma grand-mère d’une voix anxieuse.


Mon père baissa les yeux et le tonnerre claqua dans l’air, se perdant en échos sur les reliefs du Nord. Le reste de la soirée me parut irréel, comme un cauchemar dont j’étais prisonnier: Mon père et mon grand-père se rendirent au château pour aller chercher les corps et les faire envoyer au temple. Ma mère, ma grand-mère et moi restâmes dans la salle du repas à pleurer un flot de larme qui semblait impossible à endiguer. L’orage grondait au-dessus de nous et le torrent forcissait sous l’ajout des pluies, mais j’aurais souhaité que le ciel se déchaîne encore plus pour exprimer pleinement le désespoir et la rage que je ressentais. La pluie descendit des montagnes et inonda les champs. A travers les éléments, je pouvais presque entendre les prières des prêtres du Dieu des Morts qui accueillaient mes cousins dans leur nouvelle demeure : regardant vers le temple dressé sur une petite éminence, je vis un brasier s’allumer malgré l’averse. Le bois mouillé hésita, puis finalement l’huile triompha de l’eau et une flamme énorme enfourna les deux corps. La fumée noire se perdit dans un ciel d’encre et la nuit prit un goût de larmes.


Le lendemain, je ne me levais pas lorsque l’Est s’embrasa: je ne me sentais plus aucune force, plus aucun goût, plus aucune envie de vivre. Ma mère vint me voir dès l’aube et resta longtemps à mes côtés. Elle me dit de ne pas rester par terre ainsi à ne rien faire et de me lever. Je la regardais de ma couche : elle était encore belle dans son chagrin : les yeux rouges et un sourire triste au coin de la bouche. Je ne voyais que des teintes de gris, pourtant le Soleil dorait ses cheveux. En la voyant ainsi courageuse devant la tristesse, une envie irrépressible de la serrer dans mes bras monta en moi. Je me levai et mis ma tête sur son épaule ; je crûs que sa réponse allait me briser les côtes et pris ses mains tremblantes dans les miennes. Dans un arbre proche, un moineau insouciant sifflait un air clair et sonore ; je levais les yeux vers les branches et vis sa petite silhouette baignée de lumière s’envoler dans l’air doux. Je priai les dieux pour que mes cousins trouvent comme lui le chemin vers la liberté et le bonheur.


La vie reprit finalement son cours. Le chagrin se transforma lentement en une mélancolie douce et poignante que l’on exprimait guère, de peur d’en souffrir.


Mes camarades étaient tristes aussi, mais leur peine passa vite. Voyant la mienne s’attarder, ils m’entourèrent le plus souvent possible de leur présence joyeuse. J’étais plein de gratitude à leur égard, mais parfois leurs rires et leurs voix me rappelaient tant Akio et Funio…


Mon père me dit un soir que je devais apprendre à vivre avec leur souvenir et que je devais me les rappeler avec plaisir, car ainsi ils vivraient éternellement en nous.


J’écoutai son conseil et me décidai à regarder vers le futur. J’ignorais si désormais le Seigneur choisirait que ma vie soit vouée à la caste des guerriers, mais au fond de moi mon désir était clair : reprendre les sabres de mes cousins et venger et les venger en servant le clan.


Cependant, l’été touchait déjà à sa fin que le seigneur ne m’avait pas encore appelé.


Un matin, en me rendant à la rivière pour chercher de l’eau, je remarquai que les arbres sur les hauteurs commençaient à dorer. A mon retour, j’en avisai ma grand-mère et elle me prévint que l’hiver serait rude cette année.


Rapidement, les journées se firent plus douces et de fines pluies ponctuèrent la saison des champignons.


Ces derniers se trouvaient sur les pentes boisées des montagnes, cachés dans les creux que forment milles petits ruisseaux au printemps : il fallait souvent un pied adroit et de bonnes jambes pour les atteindre et c’est pourquoi quelques jeunes et moi-même partîmes un jour vers les hauteurs du Yang-Tou.


Nous entamâmes l’ascension environ deux heures après le zénith, à l’heure où les prédateurs des bois font la sieste. Nous n’avions pas très loin à aller : peut-être trois heures de marche pour des pieds agiles comme les nôtres. Rapidement, le village rapetissa jusqu’à ce que les maisons prennent la taille de trous de souris. Au-dessus de nous, la voûte sylvestre dévoilait de temps à autre un soleil encore haut qui rayait les bois de bandes sombres et claires.


Je me souviens parfaitement que nous étions sept à partir ce jour-là : Il y avait Ijito, mon meilleur ami, qui avec un air bravache montrait le chemin aux plus jeunes. Trois jeunes garçons qui devaient avoir quatre printemps de moins que moi l’écoutaient avidement parler des esprits des bois. Derrière moi, deux apprentis du monastère de Takemoto un peu plus âgés que moi fermaient la marche tout en discutant des meilleurs coins à champignons. Pour ma part, je marchais en silence, écoutant les voix joyeuses et goûtant avec plaisir le parfum frais du sous-bois.


J’entendis un soudain éclat de rire et je vis Ijito s’appuyer contre un arbre en se tenant les côtes : je ne pus réprimer un sourire à sa vue et me surpris bientôt à rire sans motif. Ijito essuya une larme sur sa joue et annonça bien fort au groupe que nous irions jusqu'à l’autel de prière du col du Tigre avant ce soir. Je pinçais les lèvres en pensant que mon ami était capable de tenter un projet aussi fou sur un coup de tête et je bénis le Dieux Protecteur que deux de ses suivants fassent partie de notre groupe : sûrement feraient-ils entendre raison à mon fougueux compagnon s’il tentait cette folle ascension. Après quelques heures, nous arrivâmes sur un petit plateau déboisé chargé de rocs épars jadis tombés de la falaise qui nous dominait à l’Est. Au Nord, dans le fond de la clairière, le chemin continuait en montant ; tandis qu’à l’Ouest, une rigole descendait dans un petit vallon. Nous nous séparâmes en deux groupes à cet endroit. Les deux apprentis partirent vers le petit vallon à l’Ouest avec les trois jeunes garçons, quant à Itoji et moi, nous partîmes vers le Nord.


Dès que nous fûmes à quelques distances du champ de pierres, mon ami se tourna vers moi me lança:


« Eh, Enaï ! Ca te dirait de voir le plus beau panorama de la région ? » Ses yeux pétillants et son ton amusé ne présageaient rien de bon, rien que ma mère aurait approuvé ; j’avais un mauvais pressentiment mais comme toujours, sa bonne humeur faisait fondre ma résolution.


« Est ce loin ? » demandai-je.


Il secoua vivement la tête :


« Non, non ! Ce n’est pas loin. Et il y a même des champignons là-bas : comme ça les deux autres renards ne pourront rien nous dire, n’est ce pas ? »


« Fais attention quand tu parles des moines : il n’est pas bon de médire sur eux : ça porte malheur ! Tout ce que tu dis, un jour ils l’entendent. »


Mon ami leva les yeux au ciel et se mit en marche, je le suivis et nous quittâmes le sentier pour nous diriger vers la falaise que nous avions vu à l’Est du plateau. Il haussa les épaules en s’éloignant :


« Toi et tes superstitions ! La seule personne qui m’a entendu c’est toi et tu ne me dénonceras pas…De plus, ce n’est pas ma faute s’ils ont des têtes de renards ! » et il éclata de rire. Je ne dis pas mot, blessé par son manque de respect pour les deux religieux, mais il avait raison : je ne le dénoncerais jamais.


Autour de nous, la forêt devint moins bruyante. Les arbres feuillus se firent plus rares tandis que le parfum des pins venait de plus en plus souvent chatouiller nos narines. De nombreux insectes voletaient autour de nous dans l’air lourd de l’après-midi. Au loin, j’entendais le son étouffé d’une cascade. Après un temps qui me parut étonnamment court, nous arrivâmes au pied de la chute d’eau : l’air y était chargé d’une bruine fraîche qui rinçait nos visages couverts de sueur. Derrière nous, le Soleil était arrivé à la moitié de sa course descendante et ses rayons obliques venaient taper contre l’eau grondante : l’eau et la lumière se saisissaient en formant des milliers de paillettes d’or et d’argent auxquels se mêlaient parfois les feuilles topaze d’un arbre accroché à la falaise. A notre arrivée, un écureuil disparut dans les branches ensoleillées d’un hêtre dans un flamboiement de roux et d’or. Le spectacle m’arrêta net lorsque je le vis et Itoji parut ravi de mon expression ébahie :


« Alors, n’est ce pas le plus beau lieu de la terre que voilà ? »


Je hochais béatement la tête et vins me rafraîchir au bassin pierreux où chutait l’eau : pas une algue, pas un ver ne venait troubler la transparence de bassin : cette eau sortie tout droit des entrailles du Yang-Tou était d’une pureté incroyable.


Je m’assis un moment à écouter le chant de cette nature troublante et fermai les yeux. Ce lieu semblait enchanté : j’avais entendu un jour la légende d’une jeune fille tombée sous le charme d’une cascade et qui ne l’avait jamais quittée, ne sa lassant jamais de sentir sa caresse fraîche et pure, ni de chanter en chœur avec elle. Le mythe disait qu’un jour la jeune fille avait disparue mais que son chant s’élevait encore de l’eau claire. Prêtant l’oreille, je croyais entendre à travers le son de l’eau qui tombe la voix éternelle de la nymphe, s’élevant en une complainte languissante pour sa joie passée.


Finalement, mon compagnon vint me rejoindre et me tapa l’épaule avec un petit rire :


« Et alors ? Aurais tu oublié les champignons ? »


J’ouvris les yeux, surpris, mais il cherchait déjà parmi les racines proches les silhouettes rondes et blanches des Komio.


Nous partîmes chacun de nôtre côté, fouillant l’aval de la cascade la tête penchée : Itoji n’avait pas menti quant aux champignons : je remplis rapidement mon sac de petits Hako noirs et je revins rapidement au bosquet de la chute d’eau. Je ne voyais nul part mon ami mais décidais de l’attendre près du bassin.


Lorsque je passais les fourrés masquant la clairière au pied de la falaise, je sentis mon cœur s’arrêter de battre un instant :


penché au-dessus de l’eau et buvant avec calme, un énorme tigre se tenait non loin de moi. A la fois paralysé de peur et émerveillé par la créature, je restais debout à l’orée du bois sans pouvoir faire autre chose qu’observer le fascinant animal : sa robe était blanche comme la neige éternelle des sommets d’hiver et ses rayures me rappelaient la teinte bleutée des montagnes dans l’ombre du crépuscule. Ses formes musclées harmonieuses, sa tête large et rayée de lignes trompeuses au regard en faisaient une véritable vision de la perfection, digne fils de la déesse de la force et de la sagesse. Je priai pour que la créature sacrée s’éloigne sans me voir, mais malheureusement il savait sûrement déjà que j’étais là. Une fois sa soif contentée, ses yeux d’or se tournèrent vers moi et son regard rencontra le mien : j’étais l’homme et lui l’animal : j’étais la proie et lui le roi.


Tout commentaire est le bienvenu! : )

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  Le Retour De L'ombre
Posté par : Visiteur - 27-10-2004, 11:37 - Forum : Récits et Poésies - Pas de réponse


Voilà la bête, soyez indulgents, il y a encore surement des fautes à corriger: mais ce sera sympa de me les signaler. : )


Le récit se passe dans la région de Marienburg, à une époque indéterminée après l'avènement de Sigmar, mais au moins après la prise d'indépendance du Wasteland. Ca parle de magie...entre autre.


Conseil: SI la longueur vous décourage, faites un rapide copier/coller sur Word et imprimez le. Ca se lit plus vite sur le papier.


Le Retour de l'Ombre


CHAPITRE 1


« Allez, debout là-dedans ! »


Un grognement sourd s’éleva de la masse informe enfouie sous les couvertures.


« Allez Karl, dépêche-toi, ton père est prêt à partir. Si tu veux vraiment aller avec lui à la ville il faut te bouger maintenant ! »


Le jeune garçon au cheveux blond allongé dans le lit souleva une paupière et aperçut sa mère qui poussait les contrevents de sa fenêtre, laissant ainsi rentrer dans la chambre la lumière grisâtre d’un matin automnal. Enfin, il se leva, l’esprit encore embrumé par le réveil brusqué.


Sa mère sortit de la chambre, il s’habilla rapidement, prit une vasque d'eau fraîche sur une commode et s'en aspergea la figure, l’eau glaciale acheva de la réveiller.


Karl se rendit alors compte que le Soleil était déjà levé. Et son père qui voulait partir à Marienburg avant l’aube! Ca allait être sa fête…Il sortit de la chambre et descendit l’escalier en bois quatre à quatre, il déboucha dans la cuisine, prit au passage le repas que sa mère lui avait préparé pour le voyage, lança un


« Au’evoir m’man ! » la bouche pleine de pain au miel et sortit de la maison.


Son père l’attendait assis dans la charrette, les rênes à la main. Le père de Karl était un grand homme, à la peau rougit par le soleil et aux cheveux bruns tirant maintenant sur le gris. Il arborait une barbe fournie qui était sa fierté et avait les yeux bleu-gris comme son fils. Karl sauta dans la charrette avant que son père ne lui fasse la moindre remarque à propos de son retard et enfila une cape de voyage d’un noir délavé par les intempéries qu’il prit à l’arrière.


« Désolé pour le retard, papa. »


« Désolé ? Ca oui, tu peux l’être ! Mais c’est auprès de ta mère ce soir que tu pourras être désolé, quand on lui annoncera qu’on est arrivé trop tard et que tout les bœufs étaient déjà vendus! Allez, on y va, sinon on aura même pas le temps d’aller boire un coup au « Bouclier Fendu ». Karl sourit, il aimait bien aller dans cette auberge : On pouvait y entendre des légendes, des histoires de marins, et pleins d’autres contes, même si il y avait parfois des bagarres, et elles étaient rares, l’atmosphère y était à la fête et la bière y était bonne.


Une petite visite au « Bouclier Fendu » était la raison principale pour laquelle Karl accompagnait son père au marché.


La charrette, tirée par le plus beau cheval de la famille, sortit enfin du petit bourg de Kerchenstern. Le village était situé tout près de la côte, à environ quinze lieues au Nord-ouest de Marienburg, entre l’estuaire au fond duquel se trouvait la ville et les montagnes grises. La route sortit d’un petit vallon entre deux collines et la charrette arriva dans la plaine qui s’étendait au bord de la mer. Celle-ci se trouvait à cent mètres à peine et un parfum iodé emplit bientôt les narines de Karl. Le temps était gris ce matin, froid et venteux. L’horizon au Nord était bouchée par des nuages noirs.


« Et bien, tu vois mon bonhomme, je serais pas étonné si on avait une bonne tempête ce soir, vu le ciel. Par Sigmar, faudra pas trop traîner ! Et ta mère qui est seule avec ta petite sœur…J’espère que Jonas les aidera à rentrer les bêtes… »


Karl ferma les yeux, entendant à moitié les grommellements de son père. Il s’assoupit bientôt, le vent sifflant toujours à ses oreilles.


« Karl ! On va arriver. »


« Hein ? Quoi ? »


« Réveilles toi, mon bonhomme, on arrive en ville ! »


Le père de Karl pointait le doigt vers le Sud. Karl regarda dans cette direction, et alors, scintillante sous le soleil, avec ses tours, ses remparts, il la vit. A chaque fois, cela lui faisait le même effet. La ville était toujours aussi impressionnante.


Karl entendit son père murmurer dans un soupir:


« Ah...Marienburg… »


Karl était déjà venu quelques fois dans la ville, mais jamais le jour du Grand Marché.


Pendant les jours précédents, un nombre incroyable de navires marchands étaient venu pour vendre leurs précieuses marchandises, il y en avait de partout, de Tilée, d’Estalie, de Bretonnie, de Barak-Varr, de Norsca et même un grand et beau voilier elfique d’Ulthuan.


Le port de Marienburg n’était plus qu’une forêt de toiles de toutes les couleurs.


A côté du port, se trouvait une grande place où une multitude d’étalages avaient été installés.


Tandis que son père s’adressait à un soldat pour demander son chemin, Karl dévorait des yeux ce spectacle impressionnant, se mettant à rêver de voyage et de terres lointaines, de trésors et de gloire…


La charrette se remit en mouvement, le père de Karl semblait préoccupé. Manifestement, la foule nombreuse n’était pas pour lui plaire, plus il y avait de monde, plus longtemps il mettrait avant de rentrer chez lui.


La vente était enfin terminée, Karl avait crû que cela ne finirait jamais, un marchand Tiléen avait fait des siennes et son père avait discuté du prix de légumes pendant une heure !


Il n’arrivait vraiment pas à comprendre comment son père pouvait supporter ça...Pendant toute la journée il n’avait eu qu’une envie, partir se balader dans la foule.


« Alors, papa ? Je peux y aller maintenant ? » La question avait été posée environ cinquante fois depuis le matin.


Le père de Karl soupira et s’assit sur une caisse de choux.


« Oui, vas-y, vas vadrouiller bonhomme ! On se retrouve au Bouclier Fendu dans une heure. Je m’occuperai de ranger ça tout seul. »


Il désigna la dizaine de cageots à ses pieds, mais Karl ne l’écoutait déjà plus.


Il s’engageât dans une rue perpendiculaire au port et commença à examiner les échoppes,


La rue large dans laquelle il se trouvait était certainement celle des forgerons. Une fumée dense sortait de plusieurs cheminées emplissant l’air d’une fine brume piquante et le bruit des marteaux agressait les oreilles des passants. Karl se dépêcha d’avancer, arrivant à une intersection, il prit à gauche dans une petite ruelle conduisant à une autre grande rue, puis il tourna à droite, puis à gauche…au bout d’une heure de promenade, Karl était arrivé dans une partie de la ville qu’il ne reconnaissait pas. Le soleil était tombé depuis peu de temps et seul une faible lumière bleuâtre éclairait maintenant les rues vides.


Soudain, Karl vit la taverne, il entra sans hésitation, s’installa à une table en attendant son père. Mais l’aspect de la taverne ne lui revenait pas. Il courut jusqu’à l’entrée…et s’aperçut que ce n’était pas le Bouclier Fendu, il avait mal vu l’enseigne dans la pénombre et s’était trompé. Karl gémit de dépit, la panique commençant à l’envahir.


Il fallait se rendre à l’évidence : il était bel et bien perdu.


« Vous allez bien, jeune homme ? »


Karl se retourna, un homme en cape noir et en bas bleus lui faisait face.


« Euh, oui,oui, merci, ça va. Euh, pourriez vous m’indiquer la direction du Bouclier Fendu, s’il vous plait ? »


L’homme sourit, dévoilant ses dents jaunâtres.


« Je vais vous y conduire si vous voulez, c’est ma direction. »


« Merci beaucoup, monsieur. Je ne connais pas très bien la ville et je crois m’être égaré, vôtre aide est la bienvenue. »


L’homme se dirigea vers une rue, Karl le suivit.


« …Vous semblez bien instruit, jeune homme, d’après votre langage. »


« Et bien, en fait mon père m’a éduqué lui même, il était sergent dans l’armée autrefois. »


Karl laissa là la discussion, l’homme ne lui plaisait pas, son aspect, son ton amical n’étaient pas naturels.


L’homme le conduisit dans une partie de la ville que Karl connaissait et il ne tarda pas à retrouver ses repères. Il réalisa soudain que l’homme ne le conduisait pas à la taverne, il semblait même s’en éloigner. L’homme s’engageât alors dans une ruelle, le jeune garçon le suivit sur quelques pas, puis s’arrêta.


« Monsieur, ce n’est pas le chemin du Boucl, Humpff ! »


L’homme venait de le bâillonné de sa large main. Karl jeta des regards frénétiques de tous les côtés mais il n’y avait personne. L'homme le tenait d'une poigne de fer.


« Tais-toi, morveux ! Alors le prince, t'a failli nous échapper, hein? Mais je t'ai reconnu moi! Tu pensais vraiment qu'on aller te laisser nous filer sous le nez comme ça? Avance maintenant, Cadavo nous attend.»


L'homme ne sembla pas remarquer l'expression de stupéfaction de Karl, qui continuait à se débattre. Il ne comprenait plus rien, pour qui l'homme en cape noir l'avait il pris? Il ne savait pas. Et qui était ce Cadavo dont il parlait? Toutes ces questions se bousculaient dans l'esprit du jeune homme et l'empêchaient.


« Mais tu va arrêter de bouger, oui ?»L’homme sortit une rapière de dessous sa cape et en menaça le garçon. Karl sentit ses jambes défaillir à la vue de la lame. La tête lui tournait. L'homme lui banda les yeux et Karl ne vit plus rien.


Karl avançait à tâtons, sentant la pointe de l’épée de l’homme dans son dos, il était terrifié…L’homme lui prit le bras pour le faire s’arrêter.


« Tu bouge, tu crie, t’es mort. Compris ? »


Il approuva de la tête et écouta, l’homme frappa à une porte, celle-ci s’ouvrit en grinçant et l’homme à la cape noire s’adressa à quelqu’un.


« ! Je l’ai trouvé ! Regardez! »


Une voix grave et autoritaire lui répondit :


« Voyons voir...hein? Mais qu’est ce que tu raconte, bougre de crétin d’abruti ! Ce n’est pas lui !! Tu t’es trompé ! »


Le kidnappeur de Karl sembla suffoquer.


« Qu…quoi ? Comment m’a tu appelé ? C’est moi qui sors dehors pour chercher le gamin, c’est moi qui fait le sale boulot ! Toi tu reste bien au chaud à l’intérieur à boire et à t’amuser, et tout ce que tu trouve à me dire, c’est ça ?? »


« Mais, par Sigmar, Antoine, arrête de hurler ! Ca va pas ? Tu veux qu’on nous repère, c’est ça ? Ce n’est pas ma faute si tu n’est pas capable de retrouver le petit morveux ! »


« Bon, de toute façon, on ne peut plus attendre maintenant, la Dame avait dit que l'on devait se faire discrets cette nuit...Alors finissons en, tuons ce gamin et partons... "


Karl n'arrivait plus à penser, le monde réel lui apparaissait plus distant comme si ce qui lui arrivait était le destin d'un autre, les mots de l'homme raisonnaient dans sa tête et venaient se superposer à une succession d'images et de souvenirs: des visages tendres, des rires, la douceur du foyer, le vent marin sur sa figure...La voix de l'homme à la rapière parvint aux oreilles de Karl...


"Adieu, gam...Surgl!".


Antoine avait rapproché son épée de la gorge du garçon, mais Karl sentit alors la pression de la main de l’homme sur ses épaules se relâcher, puis il entendit l’homme tomber à terre;dans le même temps, Cadavo avait poussé un autre juron et avait sorti son épée. Quelqu’un ramena Karl en arrière, le jeune garçon trébucha et tomba lourdement sur le dos, un sifflement aigu lui indiqua qu’un coup d’épée venait de le frôler. Karl retrouva dès lors tous ses moyens. Il s’attendait à recevoir une autre attaque, mais le bruit du choc des armes retentit alors, tandis que l'espoir renaissait dans son cœur. Il n'était pas mort. Le garçon venait de réaliser que quelqu’un était venu l’aider, et apparemment, il ne s’en sortait pas mal. Maintenant libre de ses mains, Karl retira le chiffon qui était devant ses yeux, juste à temps pour voir Cadavo se faire perforer le ventre par son mystérieux sauveteur. Cadavo poussa un cri étranglé et se raidit, son épée tomba à terre dans un grand bruit métallique.


Karl se laissa aller contre le mur derrière lui : il était épuisé…la sueur, malgré le froid naissant, coulait à grosse gouttes sur son front. Tout était aller si vite...


L’homme qui venait de tuer Cadavo, approcha du garçon tout en essuyant son épée à un pan de sa cape.


Karl pu alors observer ses traits. L’homme était grand, les épaules larges. Il portait une chemise blanche en lin fin sous une veste de cuir souple teinte en noir, ainsi qu’un tricorne sombre. L’homme se baissa vers Karl en lui tendant la main, passant un instant à la lumière d’une lune encore basse, dévoilant ainsi un visage barbu, est une peau ridé.


Le jeune garçon saisit la main de l’homme et le remis sur pieds.


« Ca va, petit ? Je sais pas si tu sais, mais c’est deux gaillards ne sont pas vraiment des gens fréquentables pour quelqu’un comme toi... Où sont tes parents ? Tu vis ici ? »


« Je, euh, mon père m’attends au Bouclier Fendu, je connais le chemin…mais en fait on est venu en ville pour le Grand Marché. »


L’homme barbu fit un signe de tête affirmatif, tout en regardant le garçon avec intérêt de derrière ses petits yeux plissés.


« Dis moi, comment s’appelle ton père, mon bonhomme ? »


« Johann ».


« Allons bon ! Johann Baker ? » Karl fit oui de la tête. « Ca alors ! Ce bon vieux Johann ! Il ne t’a jamais parlé d’un certain Resk Finrar ? Non ? Bah, finalement, ça ne m’étonne pas tant que ça. Ton père, c’est quelqu’un de franchement honnête, alors que moi… Bon, et bien je suppose que je vais t’accompagner pour expliquer à ton père, ce qui c’est passé, non ? En tout cas, on ferait mieux de filer maintenant, si une patrouille trouve ses deux là et moi à côté, …enfin, tu vois le tableau d’ici ! »


Karl sourit, la voix grave de Resk et son ton chaleureux lui redonnait confiance, et en plus il connaissait son père. Tout allait bien se passait…


Le gros barbu se redressa et se dirigea vers la sortie de la ruelle, Karl le rattrapa et tout deux s’en allèrent vers l’auberge.


La taverne apparaissait dans la nuit comme un havre de lumière et de gaieté dans l’obscurité de la rue. On entendait d’ici, les chants et les rires des marins en escale pour le Grand Marché et venus noyer une bonne partie de leur paye dans la bière et les jeux. Ce soir là, une troupe de nains de Barak-Varr particulièrement éméchée avait improvisé un petit orchestre s’accordant parfaitement avec les chansons à boire reprises en cœur par toute l’assemblée.


Lorsqu’il entrèrent, le père de Karl se leva et accouru vers son fils, pestant de colère, ses jurons furent heureusement couverts par le bruit ambiant.


« Mais nom de nom, où était tu passé ? Voilà une heure que je t’attends, et la nuit qui est tombé, j’étais mort d’inquiétude ! Tu n’as pas idée des dangers qui rôdent dans les rues la nuit. »


« Oh si, il a idée , et même plus qu’il ne lui en faut, à mon avis. » Resk venait de passer la porte et vint se placer à côté de Karl. Johann porta son regard vers lui.


« Resk !? Toi, ici !? »


« Oui, et ton fils peut remercier Sigmar que je me sois trouver dans les parages ! Mais posons nous d’abord quelque part, une retrouvaille d’anciens camarades, ça se fête ! » Resk héla le tenancier : « Barman, j’offre une tournée générale ! » La déclaration fut suivie d’une multitude de cris d’approbation et les chants et les rires reprirent de plus belle.


Resk, Johann et Karl allèrent s’asseoir un peu à l’écart de l’assemblée de façon à pouvoir parler sans crier. Une fois qu’ils furent installés et qu’une serveuse de forte corpulence leur ait servi trois bières bien fraîches, Johann prit la parole, ses yeux fixant tour à tour les deux autres.


« Bon, et maintenant, j’aimerais avoir quelques explications. »


Resk toussota.


« Hum. Eh bien, voilà :tu sais, Johann aujourd’hui, y a eu le Grand Marché, alors les dockers, ils avaient du boulot pour moi. Donc j’ai bossé jusqu’au soir, j’ai pris ma paye et j’suis parti vers la vieille ville pour trouver une taverne digne de ce nom, tu sais, pas comme celles qu’on trouve dans le quartier marchand où on te sert de la pisse de porc, pire que l’eau du port si tu veux mon avis, mais je connais une bo… » Johann fronçait les sourcils et le jeu de mot ne semblait pas le dérider. Resk reprit :« Euh, d’accord, j’fais court. Bref, je me dirigeais vers le « Vers des Mers » quand j’ai vu une vieille connaissance au coin d’une ruelle, ouais, j’te dis, ni plus ni moins que ce rat de Cadavo ! Je l’avais déjà vu à plusieurs reprises et la dernière fois, on était sur la même caravelle et il avait voulu me faire les poches et me faire passer par dessus bord. Forcé, je m’étais défendu mais j’avais quand même dû rentrer vers la côte à la nage, sans mon épée et sans ma paye !


Alors, bon voilà, je vois Cadavo au coin de la ruelle avec un autre gars qui tient un gamin avec la pointe de son rasoir.


Tu me corriges si j’me trompe, mon petit, mais j’suis sûr qu’ils te voulaient pas forcément du bien, non ? » Karl approuva. « Ouais, alors donc mon sang fait qu’un tour, je sors mon épée et j’me précipite sur eux. Je tue Cadavo et son pote, je relève le petit et, oh surprise ! C’est le fils de mon ancien camarade Johann ! Alors, j’me suis dit que c’était l’occasion de voir comment allait le sergent. J’ai conduit ton fiston ici et me voilà… Mais au fait, petit, comment ca se fait que t’étais avec ces deux fils de…enfin ces deux pirates ?»


Karl mis un petit moment à se rendre compte que l’on s’adressait à lui. La transition entre le danger et la gaieté de la taverne avait été si brusque qu’il n’arrivait pas à croire qu’il avait failli mourir et que deux hommes étaient mort sous ses yeux. Il avait le regard dans le vague et observait distraitement l’orchestre des Nains.


« Eh oh, bonhomme, réponds voyons ! »


« Hein ? Euh oui, oui. Eh bien, je me suis trompé de rue sur le chemin de l’auberge. J’étais perdu, j’ai demandé mon chemin… » Karl ne voulait pas avouer qu’il s’était laissé aborder par un inconnu ; hormis ce détail, il raconta tout ce qui s’était passé de son point de vue. Johann et Resk l’écoutaient avec attention.


Après son récit, Resk et Johann échangèrent des souvenirs du « bon vieux temps », c’est à dire, du point de vue de Resk, avant le mariage de Johann. Ils discutèrent de leur vie de tous les jours, que le monde est petit, que le temps passe vite, que la bière n’est plus aussi bonne qu’autrefois, etc.


Karl était épuisé et commençait à somnoler, l’assemblée s’était un peu calmée et les chansons avaient laissé place à des ronflements épars et aux beuglements de quelques marins qui se trouvaient dans un état d’ébriété avancé.


Johann se leva :


« Bon, et bien Resk, j’ai été ravi de te voir ce soir, même plus que tu ne le pense d’ailleurs ! »


« Ouais, allez, je vois que ton bonhomme est fatigué…Je dois rentrer au navire avant la deuxième heure de la nuit. Salut ! Et tu diras bonjour de ma part à ta femme ! A plus, petiot !


J’espère que tu seras plus frais la prochaine fois que je te rencontrerai ! »


« Adieu, Resk ! »


Resk sortit de la taverne.


Johann alla payer le barman avec les sous que Resk lui avait laissés et sortit à son tour en compagnie de Karl.


Au dehors, le temps avait changé pendant leur conversation. Surpris par le froid, Karl frissonna et rentra sa tête dans ces épaules, il sentit un contact froid sur sa figure : La pluie tombait dru, le vent soufflait fort et tourbillonnait dans la rue étroite, hurlant aux oreilles des passants.


« Alors bonhomme, j’te l’avais pas dit ce matin qu’on aller prendre une saucée ? Ta mère doit être morte d’inquiétude."


Karl et son père furent trempés avant d’atteindre la charrette. Johann paya le pauvre garçon au vêtement mouillés qui devait garder un œil sur les chevaux, monta et saisit les rênes, Karl s’installa à côté de lui, s’emmitouflant comme il pouvait sous les capes de voyage pour se protéger de la pluie.


Un garde les escorta jusqu’à la porte Nord de la ville. Johann connaissait le capitaine en faction et il avait accepté de lui fournir une petite escorte pour le retour: Avoir été sergent avait ses utilités.


En effet, le capitaine Schlimpffen les attendait à la porte avec quatre cavaliers armés de lance et portant tous une arbalète sur le côté de leurs monture. Vu le temps qu’il faisait ce soir, des pistolets auraient été inutiles. Ils étaient habillés de capes sombres les enveloppant de la tête au pied et portaient des torches allumées qui menaçaient de s’éteindre à chaque rafale de vent et jetaient des ombres mouvantes sur les murs du corps de garde.


« Heureux de vous voir, mon sergent. Comment vous portait vous ? » s’enquit le capitaine.


« Bonsoir, capitaine ! Eh bien, pour vous répondre franchement, je me porterai mieux quand je serai de retour chez moi au chaud…et au sec ! Et je pense que vous et vos hommes ne doivent pas en penser moins, n’est ce pas ? »


Schlimpffen sourit. « Alors, allons y, pendant que nos torches peuvent nous éclairer un peu. »


Le petit convoie se mit en marche et passa les portes de l’énorme corps de garde.


Au début du voyage, Johann et le capitaine discutaient un peu de la récente recrue d’activité des gobelins dans le Pays Perdu, mais la puissance du vent les découragea bientôt de poursuivre un dialogue sans crier pour se faire entendre. Au bout d’une heure de voyage, plus personne ne parlait, chacun se contentant de se protéger de la tempête et du froid mordant qui s’était installé depuis la tombée de la nuit. La pluie ne faiblissait pas et fouettait la moindre parcelle de peau découverte. Bientôt, les chevaux montrèrent des signes de faiblesse, leurs pattes ruisselantes tremblaient sous la pluie glaciale.


Karl ne voyait plus la route sous lui, il ne voyait plus rien en dehors de la lampe-tempête accrochée à la charrette à côté de son père. Il était trempé jusqu’aux os et tremblait de tous ses membres. Une forte envie de dormir s’empara alors de lui et il se laissa sombrer dans le doux réconfort du sommeil.


Karl rêve…Ce soir là, l’air est chaud et sec dans la cité, un vent fort souffle du désert tout proche, recouvrant toute chose d'une fine couche de sable. Karl marche sur une allée pavée de pierre lisse aux teintes chaudes. La nuit tombe, il est seul. Devant lui, se dresse un temple majestueux, soutenu de hautes colonnes gravées de glyphes sacrés. Karl les connaît par cœur. Les portes d’ébène et d’ivoire richement sculptées sont gardées par deux imposantes statues, de grands guerriers à têtes de chacals, armés de grandes lames courbes aux reflets dorés, menaçants et inoffensifs protecteurs de la demeure des dieux…Karl se dirige vers le temple, il tient dans ses mains un long sceptre noir, tel un serpent dressé, prêt à l'attaque. Karl se rapproche des portes. Le temple devient flou, sa vue s’obscurcit…


Un cri de terreur réveille Karl en sursaut. Il s’agite mais la main de son père le retient et l’empêche de tomber de la charrette, Karl se tourne vers son père, son visage exprime la crainte et la peur. Le jeune homme lui murmure dans un souffle :« Q’est ce que c’était ? »


« Je ne sais pas, Karl…Reste là, surtout ne bouge pas… »


La charrette était arrêtée. Karl s’aperçut alors que la pluie ne tombait plus, la tempête avait passée. Pourtant, au loin, des lueurs soudaines indiquaient la violence des orages. Ils étaient comme dans une sorte de bulle, où le temps n’avait plus court. La perception des choses lui semblait plus nette, Karl pouvaient maintenant entendre des cris étouffés, le souffle des chevaux, les battements de son cœur et au loin, dans le lointain, des voix dures, cassantes, dont l’accent agressait ses oreilles.


Karl ne voyait plus les cavaliers, ils étaient partis…


« Où est Schlimpffen, papa ? »


« Il est parti voir ce qu’il se passe, là-bas…Il devrait bientôt revenir. »


Quelques instants plus tard, un des cavaliers revint au galop.


« Des pirates, mon sergent. Des corsaires elfes ! Ils sont près de la plage, Schlimpffen croît qu’il vont attaqué le village. Un de nos cavaliers y est parti, mais il devrait déjà être de retour, on doit déjà se battre là-bas… »


Le cœur de Karl s’arrêta de battre pendant une seconde. La vision de son foyer brûlé, sa famille tuée…Le jeune homme se retint au bord de la charrette de peur de s’évanouir, il se tourna vers son père. Johann était resté de marbre, comme si la nouvelle ne l’avait pas heurté, mais on fond de ses yeux, Karl pouvait lire une détresse et une rage qu’aucun homme ne pourrait arrêtait. Son père prit la parole.


« Rappelle le capitaine, soldat. Dis lui de foncer au village, je viens avec vous. Quant à toi, Karl, tu vas me promettre de rester ici jusqu’à ce que…jusqu’à ce que je revienne…d’accord ? …Si nous ne revenons pas, prends un des chevaux, Gaer est le meilleur, et fonce vers Marienburg pour avertir l’armée. Demande à parler au capitaine Vannerhand, et dis bien que tu viens de ma part. D’accord ? Tu as compris Karl? Allez, soit fort, mon fils ! » Karl sentait ses jambes trembloter, il acquiesça de la tête, tentant d’assimiler toutes les choses que lui disait son père, il n’arrivait pas à parler, sa gorge était nouée. Son père prit le cheval de rechange de la charrette et partit avec le cavalier plus en amont sur la route, ils contournèrent l’épaulement d’une colline et Karl les perdit de vue dans l’obscurité.


Peu après, Karl vit des flammes s’élever de derrière une colline, c’était le village, des cris de douleur et de peur retentirent…Le jeune homme n’arrivait pas à se concentrer sur autre chose que sur les cris. Il n’y tint plus. Il prit les rênes de la charrette et se mit en marche vers le village, il allait sauver les habitants des griffes des pirates…


Peu à peu, le chariot prit de la vitesse, Karl ne voyait pas la route, mais il connaissait ses courbures par cœur et il arriva bientôt à l’entrée du village. Un groupe de guerriers aux armures noires et portant d’étranges capes se tenaient à une dizaine de mètres de lui, Karl fouetta les chevaux et chargea dans le tas. Les elfes tentèrent de s’écarter, mais ils se génèrent entre-eux: une demi-douzaine de corsaires furent piétinés et renversés. Les chevaux hennirent de peur, la charrette continua sa folle avancée. Karl ne voyait plus que des formes mouvantes tuant et se faisant tuées, les flammes des maisons jetant sur ce sinistre spectacle une lumière infernale. Soudain, un chevalier sur un étrange monstre reptilien, entra dans le champ de vision de Karl, les chevaux prirent peur et se cabrèrent, le cavalier tenta de s’arrêter mais il ne pu éviter le choc, il fut renversé. Les chevaux s’écroulèrent et Karl tomba de la charrette face contre terre. Quelques secondes plus tard, une gantelet de métal le saisit par la nuque et le releva. Le chevalier lui faisait face et éleva Karl au dessus de lui, le tenant à la gorge d’une seule main. . Karl ouvrit les yeux et son regard plongea dans celui de l'elfe, dont les yeux semblaient flamboyer à la lueur des flammes. Le jeune homme comprit alors deux choses, d'abord que l'être qui se trouvait en face de lui tuait pour le plaisir d'ôter la vie et ensuite que c'était de ses mains qu'il allait mourir. L’elfe s’adressa à lui dans la langue de l’Empire.


« Insensé ! Comment as tu osé t’en prendre à moi? Comment as tu pu ? » Karl essaya de s’échapper, mais l’elfe le tenait d’une poigne effroyable. Il ricana. Le ton de sa voix fit frissonner le jeune homme.


« Oh non, ne t’en fais pas mortel, tu ne vas pas mourir aujourd’hui, tu vas venir avec nous et je m’arrangerai pour que ta mort soit la plus lente possible. Jusqu’à ce que tu me supplie de mettre fin à ta pitoyable existence. Alors tu connai… »


Le chevalier interrompit sa phrase et repoussa Karl à terre, l’elfe sorti sa lame effilée en un éclair et contra juste à temps une attaque dirigeait contre lui par un soldat. Tout en tentant de parer la riposte du chevalier, l’homme cria à Karl.


« Fuis, Karl ! Le village est perdu ! Va à Marienburg ! Alerte l’armée ! Ton père et ta famille ont été capturés ! Fuis tant que tu le peux! »


Une série d’attaques vicieuses forcèrent l’homme à s’éloigner de Karl.


Le jeune homme perdit de vue le soldat et le chevalier et commenca à courir vers la forêt bordant le village, dans l’espoir d’échapper à l’attention des corsaires.


Alors qu'il passait sous l'ombre des premières branches, un carreau vint se ficher dans le tronc d'un arbre, juste à côté de Karl. Le garçon s'enfonçait dans les bois, courrant et trébuchant dans l'obscurité totale des sous-bois.


..........................


Le chevalier décapita le soldat, puis porta son regard vers le garçon.


"Il se dirige vers la forêt...stupide mortel...Toi, vite ton arbalète!" L'elfe s'était tourné vers un des pirates, le guerrier lui tendit l'arbalète. Le chevalier la prit et visa le jeune garçon; l'elfe retint son souffle et pressa la détente, le carreau parti mais le tir sembla dévier au dernier moment.


Le chevalier poussa un cri de rage et se tourna vers le guerrier à ses côtés: "Raaahh! Lancez les ombres à ses trousses! Je le veux vivant! Il ne dois pas s'échapper!"


"Que fait-on des autres prisonniers, Monseigneur?"


"Laissez en échapper un sur vingt, des blessées et des enfants...J'ai mes ordres. Emmenez les autres au navire, tuez les autres infirmes inutiles...


Karl avançait aussi vite que le lui permettait ses jambes et le terrain. Des racines noueuses et des ronces surgissaient à l’improviste sous ses pieds, le faisant trébucher souvent. Ses membres étaient douloureux, il était à bout de souffle, mais poussé par la peur d’être rattrapé et de mourir, il avançait toujours, jusqu’à ce qu’il tomba et que son corps refusa de se relever… Le jeune homme, épuisé, risqua un coup d’œil en arrière. L’obscurité était totale. Karl tenta de calmer son pouls résonnant dans ses oreilles et écouta. Il n’y avait pas un bruit, pas un frôlement, pas une branche ne craquait, pas une feuille ne bruissait…A ce moment, la lumière pale d’une demi-lune perça l’épais manteau de feuillage et Karl distingua alors des formes plus sombres à quelques distances qui se mouvaient avec rapidité et discrétion. Une vague de panique l’envahit. Il était découvert ! Ils l’avaient suivi! Karl se sentit comme paralysé, il voulait bouger, mais son corps semblait refuser l'effort.


A cet instant, Le jeune homme entendit une voix s’adresser à lui :


« Court Karl, vers la gauche, allez petit, court ! »


Karl obéit, se sentant envahie d’une énergie nouvelle. Les ombres derrière lui accélérèrent leur course. La voix continua de le guider:


« Bien, à droite maintenant. Oui... attention ! La branche ! Baisse toi ! Le jeune homme n'y voyait rien, son corps le faisait souffrir atrocement, mais il ne s'en souciait pas, autour de lui, il entendait des bruits de course, le sifflement de carreaux qui passaient au-dessus de sa tête et allaient se ficher dans les troncs des serrés de la forêt.


Attention, saute maintenant, vas y ! »


Karl sauta, il ne sentit pas le sol sous ses pieds mais son corps s’enfonça dans quelque chose de glacial. De l’eau ! il était dans une mare qui s’était formée dans une petite dépression.


« Avance à gauche, Karl ! A gauche ! …Stop ! Ne bouge plus ! Ton souffle ! Vite, sous l’eau !»


Karl n’hésita pas. Il ne savait pas d’où venait cette voix, mais quelque chose en elle, peut-être son ton ferme et serein, comme celle d’un vieux professeur à son élève, l’avait poussé à la suivre. Le jeune homme essaya de retenir sa respiration le plus longtemps possible.


Au dessus de lui, les ombres passèrent mais ne le virent pas, l’une d’elle s’approcha de la mare, puis enfin, s’éloigna …


« C’est bon, tu peux sortir de l’eau maintenant…Avance, la rive est tout droit. Il y a une branche pour te hisser. »


Karl ne pensait plus, il n’était plus que le jouet de la voix, mais il en valait bien mieux ainsi, car elle l’empêchait de céder à la panique. Le jeune homme se hissa sur la berge, il s’allongea dans l’herbe molle et, insouciant des dangers qui l’environnaient, sombra dans un sommeil profond, mais serein, permettant à son corps meurtri et à son âme troublée de récupérer.


Quand Karl ouvrit les yeux, un plafond de poutres de bois lui fit face. Le jour semblait levé et une lumière claire et fraîche baignait son visage ensommeillé. Karl s’attendit à entendre le son des cris de sa sœur au rez-de-chaussée, puis la voix de sa mère l’appelant pour le petit déjeuner, le son de ses pas dans l’escalier de bois…Mais le jeune homme jeta un coup d’œil autour de lui, une vague de désespoir l’emplit alors, tandis que les événements de la nuit passée lui revenaient en mémoire avec une horrible précision. Pendant un moment, Karl pleura en silence, maudissant le destin qui était le sien. Une envie d’oublier, de se délester de sa peine s’emparant de lui. Le jeune homme se souvint alors des paroles de son père. « Soit fort, mon fils… » Il fallait qu’il soit fort, qu’il cesse de pleurer, mais Karl ne pouvait pas, il n’y arrivait pas…La voix revint alors en lui et l’apaisa.


« Dors et oublies, Karl…Ne pense plus, tu es en sécurité…Dors jusqu’à mon retour…et oublies tes sombres pensées… »


Karl senti sa peine s’estomper. Il ferma les yeux et le sommeil l’envahit de nouveau. Il se laissa porté alors par le lent cours d’un fleuve de songes, se noyant doucement dans ses rêves bienheureux…


……………..


Karl avance vers le temple. Au dedans, il sait que la mort l’attend peut-être. Hekemre l’a prévenu, le temple est bien gardé. Karl n’est plus qu’à une quinzaine de mètre des portes.


Soudain, les statues de pierre bougent, quittent leur socle et viennent se placer entre lui et les portes. Karl brandit le sceptre, les statues semblent hésiter…Le temple, à nouveau, devient flou.


« Karl, revient à moi, quitte tes songes, laisse les, revient à moi…Je suis revenu…»


Karl ouvrit les yeux, il sentait encore le vent chaud du désert sur sa figure une seconde auparavant. Le passage brusque du rêve à la réalité le déstabilisa, il resta quelques secondes à réfléchir, tentant de mettre de l’ordre dans son esprit. Enfin, il regarda à sa gauche, un mur de bois avec une fenêtre, puis à sa droite, un tabouret avec une tasse fumante posée dessus, plus loin dans la petite chambre, un feu de bois dans une cheminée de pierre grise. Une table en bois brute, deux chaises de même aspect. Puis son regard vint au vieil homme qui se tenait assit aux pieds du lit. La lumière du Soleil de la fin de matinée tombait sur son visage et le faisait ressortir sur le reste de la pièce, plus sombre. La première chose que Karl remarqua fut son regard. Les yeux du vieil homme, derrière ses paupières un peu bridées, en disaient plus long sur lui qu’une vie passé en sa compagnie. Ils reflétaient la bienveillance mais aussi la sagesse et le savoir qu’apporte les années. L’homme avait le teint halé et la peau ridée, ses cheveux ,longs et d’un gris de cendres, descendaient en cascade sur ses épaules, il portait une robe gris bleu à laquelle le soleil donnait des reflets argentés. Le col de la robe se dissimulant sous une barbe mi-longue que le vieillard lissait machinalement.


Karl, après avoir examiné le personnage, lui dit enfin :


« Qui êtes-vous ? »


«L’homme sourit, plissant les yeux.


« Je me nomme Ulghuran, bienvenue dans mon humble demeure, Karl de Kerchenstern. »


Si vous voulez que je psotes des passages plus longs ou plus courts...DItes le moi. ; )

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  Adeptus Mechanicus Et Bolter
Posté par : Grey_wolf-XIII - 25-10-2004, 05:08 - Forum : Warhammer 40k - Background - Pas de réponse


Rogue Trader


***


La production d’armes pour l’armée et la flotte est prise en charge sur de nombreux mondes dans l’Imperium. Les fonderies de l’Adeptus Mechanicus sur Terre [ce qui a changé pour Mars plus tard] comprennent de loin les plus grandes de ces usines d’armements, fournissant plus de la moitié de la flotte et un quart de l’armée. Les armuriers de l’Adeptus Mechanicus sont des individus très doués, non seulement versés dans les arts de la ballistique, de l’énergie, de l’impact et de la mécanique, mais aussi dans les auspices secrètes, la divination runique et les rites mystiques associés à la fabrication d’armes. Le design d’objets individuels est décidé par les Maîtres Artisans de l’Adeptus Mechanicus après consultation avec les commandeurs d’armée et les officiers financiers de l’Administratum. Bien que le design de base est une affaire de règlement, les armureries individuelles sont libres d’introduire des modifications et ornements à chaque série d’armes. L’armement est souvent encore modifié une fois qu’il atteint l’armée et la flotte.


Chaque armée et chaque base navale d’approvisionement possède également ses propres armureries et fonderies, bien qu’à une échelle plus modeste que la Planète Impériale. Comme leurs frères sur Terre, les artisans de la navy et de l’armée sont membres de l’Adeptus Mechanicus, bien qu’inclus dans l’organisation militaire. Ces petites armureries mobiles produisent de l’équipement et s’occupent de modifier l’équipement Impérial fourni.


L’Adeptus Astartes est divisé en un millier de Chapitre, chacun possédant ses propres fonderies et Frères Artisans. Les Commandeurs Marines achètent également de l’équipement à l’Adeptus Mechanicus, y apportant des modifications par la suite en fonction de leurs besoins. La fréquence de cette pratique varie énormément. Peu de Chapitres Marines achètent leurs propres vaisseaux, la plupart sont construits dans les chantiers Impériaux situés autour de Mars. Les armuriers Marines sont des artisans très doués et pratiques. L’armurier en chef est le Maître de la Forge ; un titre honoré et une position très importante. Tous les armuriers Marines travaillent selon une ancienne tradition de design et de décoration propre à leur Chapitre. L’arme basique du Marine est le bolter. Plusieurs variantes du bolter sont produites, incluant des caractéristiques distinctives comme le grip, la longueur du canon, les écrans et la capacité en munitions. Les décorations varient de Chapitre en Chapitre, et incorporent invariablement les motifs du Chapitre ainsi que l’identification d’unité et personnelle. Néanmoins, tous les bolters fonctionnent de la même manière, et utilisent des munitions explosives à déclenchement de proximité de masse standardes. Bien que petits [les bolts V1 semblent en effet plus petit : le boltpistol V1 était plus proche du rocketeer pistol dont il est inspiré que de l’énorme V3, impliquant que les bolts étaient donc plus petit, et qu’un bolter en contenait encore plus], ces projectiles auto-propulsés sont assez mortels. La pointe en diamantine offre une excellente pénétration des surfaces blindées. Le coeur de céramite contenant la charge explosive est enfoncée dans la cible grâce au propulsant résiduel. Ce n’est qu’une fois enfoncée jusqu’à la profondeur déterminée durant la fabrication que la charge n’explose, permettant la pénétration et le déclechement à l’intérieur de la cible, avec ou sans armure. Les balles ne pénétrant pas n’explosent pas, réduisant les risques d’accidents. Le fait qu’un bolt explose à l’intérieur de sa cible le rend très efficace.

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  Chroniques
Posté par : Crad le barbare - 18-10-2004, 15:13 - Forum : Médiéval - Imaginaire - Pas de réponse


1) Vigor Mortis a posé la question à l' équipe d' Ilyad au monde du jeu et <b>Desdémone</b> a donc accès à la magie de la lune noire (et non à une quelconque "magie démoniaque" comme marqué dans le supplément ).


2) Pour le Berserker Orque Gris (et tous les <b>orques gris</b>), l' attaque de morsure fait 3 points de dommages.


3) Le sort de la <b>magie impériale</b> "Polymorphe" est un sort Temporaire.


4) les <b>chevaliers de justice</b> sont immunisés aux auras de peur mais pas aux auras de terreur (test de l' aura Vs 6)... courageux mais pas téméraires !


5) <b>Parsifal</b> est robuste... il peut donc piquer des sprints pour mettre des baffes aux créatures de la Lune Noire.


6) <b>Wismerhill</b> a un mouvement de 5 et non de 7.


7) Le sort de la <b>magie impériale</b> "Bouclier Rocheux" a comme effet "+ 2 en pdef".


8) La lance du <b>lancier orque gris </b>a été oubliée dans son équipement.


9) L' invocation d' élémentaire de l' air par <b>Wismerhill</b> lui coûte 2 PA et il doit faire les tests d' incantation et de réception prévus par le sort.


10) Pour le <b>Maître paladin de justice</b>, les "mains de guérisseur" lui permettent de lancer une fois par tour le sort "soins mineurs" sans dépenser de PdS, mais en utilisant 2 PA.


11) <b>Chevaliers de la lumière </b>: leur règle commune amène leur mouvement à 7 quand ils se désengagent ou déroutent. Mais ils subissent quand même les malus au mouvement dûs au port d' une armure lourde. Par exemple, pour des frères convers fuyant, leur mouvement de 7 diminue à 6 à cause du port de l' armure composite.


12) La compétence <b>téléportation</b> permet à la figurine la possédant, après la dépense d' 1 PA, de se téléporter et ensuite d' avoir encore tous ses points d' action (moins celui utilisé pour se téléporter)... à la différence du sort de téléportation du livre de base...


13) Une figurine possédant la compétence <b>vol</b> peut passer au-dessus d' un mur de feu mais ne peut pas charger des figurines se trouvant derrière qu' il ne voyait pas avant de se déplacer. En effet, il est nécessaire d' avoir une ligne de vue pour la charge et, avant de voler, une figurine est à terre, donc gênée par le mur de feu en visibilité.


14) Le souffle ardent du <b>Haut Drakkh</b> coûte 2 PA et provoque 6 dommages pour toutes les figurines se trouvant entièrement sous le gabarit de souffle.

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  Encore Une Période Obscure De L'imperium!
Posté par : Grey_wolf-XIII - 17-10-2004, 19:42 - Forum : Warhammer 40k - Background - Pas de réponse


Et je n'ai même pas honte de le poster! (de : Astronomican)


***


COULEURS DE BATAILLE


Archive Impérial : CA 01/001 E


Référence à : Subversion et Illettrisme AR


Obsession et Folie MM1


Ref. Planétaire : Mappärl-le H3 système Notz


Ref. d’Entrée : Archives Adeptus Mechanicus


SM 439 Equipe 44/923


Date Entrée : 9355987.M2


Pensée du jour


Maîtriser l’art n’est pas plus satisfaisant que l’impulsion elle-même.


Comme tous les étudiants de l’art de la guerre le savent, ce n’est que par l’expérimentation que la compréhension d’une technique est accomplie. Tout comme en simulant les conflits, vous pourrez expérimenter les tactiques nécessaire à vos objectifs, ceci est un guide pour expérimenter la création d’authentiques machines et créatures dans toute leur gloire figurinesque.


Il coûta les nombreuses vies de nombreux agents pour vous fournir ces informations. Soyez prudent.


L’HISTOIRE DE JONJON BLANCHISAN


Les nombreuses forteresses monastères des Legiones Astartes possèdent toutes des installations de maintenance leur permettant la création de nouveaux schémas de camouflage pour armure et designs d’insignes. Elles sont contrôlées par des robots SID et fonctionnent automatiquement. La reprogrammation n’est nécessaire que pour les mises à jour occasionnelles de l’uniforme standard. Souvent, ceux qui échouent dans le processus d’initiation du Marine restent à la forteresse (en assumant qu’ils restent physiquement et mentalement intacts) pour devenir artisans et administrateurs, travaillant justement dans de tels domaines.


L’un de ces artisans, qui devint le conseiller personnel de l’Empereur sur le design d’uniforme et le camouflage, était Jonjon Blanchisan. Après son enfance dans les bas quartiers de la planète avant-poste Stieu – l’unique cité de Diio, il essaya de joindre les Legiones Astartes. Il fut finalement rejeté du service actif après avoir fait annuler une expédition entière de motojet Bullock Mk14 dans un exercice d’entrainement , et fut envoyé aux ateliers. On remarqua alors que l’inconscient Jonjon possédait des talents considérables, mais passait trop de temps à polir les chromes pour être efficace. Finalement, il fut envoyé à la programmation des robots SID. Les résultats de son travail sont maintenant répendus dans tout l’espace humain.


Blanchisan accentua le besoin d’iconographie personnalisée sur les équipements et armures. Non seulement cela permet aux Marines d’identifier les autres si leurs communicateurs sont détruits ou en panne, mais ça aide chaque Marine à avoir une identité et un but au sein de son escouade sans compromettre le stricte régime hiérarchique nécessaire pour le fonctionnement efficace d'’n Chapitre. Sur une armure normale, cela peut prendre la forme d’un slogan écrit sur une épaulette. Tant que l’insigne standarde d’unité n’est pas cachée, il ne devrait pas y avoir de restriction sur ce qu’il peut y avoir, déclara-t-il.


Ce concept fut étendu aux Marines en armures dreadnought. La grande surface que ces véhicules offrent fut utilisée par les Marines pour des embellissements encore plus dramatiques. Parfois, les slogans et autres marquages furent conçus pour qu’il faille une escouade entière de dreadnoughts afin de les voir en entier. Durant la bataille de Kearbea, une escouade de dreadnought fut peinte afin que, avançant en première ligne, l’hymne du bataille du Chapitre puisse être lu sur leurs grilles de radiateur !


Ce fut connu pour provoquer rivalités et snobismes entre Chapitres. Même dans les rangs d’un même Chapitre, les vétérans ont souvent ridiculisé la façon dont les plus inexpérimentés pouvaient embellir leurs uniformes. Parfois, des parchemins exquisement détaillés contenant des proverbes Impériaux ou même des portraits de l’Empereur lui-même furent peints sur un uniforme une semaine pour être vaporisés à la bataille la semaine suivante.


La plupart des guerriers expérimentés méprisent ces gadgets inutiles. Ils préfèrent généralement une simple armure avec peut-être un unique slogan pour rendre justice à leurs vues sur les autres formes de vie. « Kil Kil Kil » est populaire parmi de nombreux xénophobes (bien que certains commencent à penser qu’il est maintenant dépassé, le relégant au niveau des dés en peluche).


Mais les armures de parade sur le terrain perdent inévitablement des couches de peinture. Non seulement deviennent-elles usées, mais elles sont aussi sujet aux changements de goûts des troupes les portant, eux-mêmes changeant, frappé par les horreurs du conflit et modifiés par les traitements chimiques et hypnotiques des membres de l’Apothacarion.


Alors qu’un Chapitre va sur de nouveaux terrains d’opérations, les Marines doivent combattre dans de nouveaux environnements étrangers. Les jungles, glaciers et déserts imposent tous leurs propres demandes sur le design de l’uniforme et du camouflage. Certaines des notes de Jonjon sont utilisées ci-dessous pour élaborer sur ce sujet.


[après, ce sont les conseils de peinture]

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  Et La Moselle Alors..
Posté par : Visiteur - 14-10-2004, 15:21 - Forum : Nord Est - Pas de réponse


bah juste pour savoir qui vient de moselle


plus présicemment de thionville ou alentour pour les connaisseurs


thk


et a+


peutetre !

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  Le Titan Warhound Forgeworld
Posté par : WolfRider - 12-10-2004, 17:10 - Forum : Tutoriels - Peinture - Pas de réponse


Le 4 octobre 2004, fut un jour béni... béni pour mon sourire.. et maudit pour mon compte en banque...


un Jolie carton bien lourd bien gros... avec une bonne centaines de pièces dedans...


Gnya... il est temps d'inspecter tout ca... Oui oui... bien regarder toutes les pièces, vérifier que tout y est ( pour ma part quelques pistons en plus au cas où)...


Ensuite une première et longue phase s'en suis : Le Netoyage...


Alors... Ces figurines sont en résine... Je ne vous l'apprends pas... Pourquoi ? Quel sont les avantages ? Les inconvenients ? Est-ce que cela se travaille de la même façons que le plomb ou le plastique ? etc... je vais essayer de répondre a tout cela, avec mes souvenirs de cours, et quelques unes de mes expériences personnelles...


- Pourquoi en résine ? Tout d'abord parceque la résine, du moins celles ( oui au pluriel) utilisées par ForgeWorld ont une finesse supérieure aux plastiques et alliages.. Ce qui permet d'avoir un niveau de détails plus important... Mais ce n'est pas tout... Certaines caractéristiques mécaniques rentrent en compte...


Tout d'abord, les temperatures de moulages... Tres élevés pour les alliages, la temperature baisse ensuite lentement ... Assez faible pour les plastiques, mais tout comme la résine, cela commence a froid : Le degagement de chaleur se fait pendant le durcissage, du a la réaction chimique de la résine ou des plastiques..


Pourquoi je vous parle de temperature de moulage ? Tout simplement parceque n'importe quel matériaux va rétrecir en diminuant sa temperature... et plus le retrait d'un matériau est important, plus les pièces moulés avec doivent être petites et homogénes pour eviter tout problème sur la piece finale...


D'où les couinnages intensifs parceque les pièces ForgeWorld sont tordues ou autre... Mais les autres aussi !!! Et si elles etaient faites en allianges ou plastiques ce serais pire !


Mais bien sur, les plastiques et les alliages se tordent plus facilement, leur remise en place est plus facile.. mais vous verrez que tres rarements ( voire jamais) des pièces massives en plastiques ( retrait beaucoups trop important ), ou en métal ( déformation apres moulage trop important)..


La résine quand en elle a un retrait plus faible que le plastique et une déformation moins importante que les alliages...inversement, elle a un retrait plus important que les alliages et une déformation plus important que les plastiques... MAIS, elle permet de faire de grosses pièces pleines... En fait, plus la pièce est massive, moins les défauts seront important... plus elle est fine ( fluete ou autres), plus les risques de déformations sont important...


Une fois que l'on sait cela.. il est facile de reperer les pièces qui vont nous enquiquiner...


Bon... passons donc au netoyage... Les outils ? Scie, Cutter, limes, papier de verre... Le tout en parfais état... Les lames neuves de préference... La résine, ca casse.. donc il faut travailler doucement et avec l'outil aproprié... Eviter les pinces coupantes... Elles ne coupent pas, elles cisaillent : vous risquez de briser la pièce !


On ebarbe, on scie les tétons d'alimentation en matière, les cheminées, ensuite on lime les traces de moulage... dernière opération au papier de verre pour l'etat de surface...


Vérifiez bien les emboitements a ce niveau la..


Bon... c'est pas tout.. mais ca prends combien tout ca ? ben... je dirais une bonne journée et demi... oui oui... mais au moins ce qui est fait n'est plus a faire...


Un petit coups d'oeil sur la notice de montage : On commence par les pieds... ben on y va alors...


Au premier : J'ai choisis de le monter a plat.. Mon Titan, s'appuyant majoritairement sur celui-ci... le 2eme seras en arriere, et juste sur la pointe des "doigts"...


Apres avoir vérifier les emboitements et les ajustages, je place la pièce centrale du pieds sur une petite cale : La pièce centrale n'est pas censé touché le sol.. donc.. je cale...:)


Rien de bien compliqué a ce niveau la... on colle petit a petit les differentes piéces... Bien sur, le tigeage est de mise.. Les pieds vont soutenir la masse complete du Titan... c'est pas du plomb, mais de simple collage risquent d'être un peu faible...


Mais avant de coller... Une deuxième forme de netoyage s'impose : A grande eau avec du liquide vaisselle... Et oui.. pour pouvoir démouller, les moules sont enduit avec un produit de démoulage.. Produit tres gras... Donc on netoie toutes les pièces pour que la colle adhére bien a la résine, et par la suite, la peinture aussi !!


http://www.warmania.com/galerie/details....age_id=962


Tous les pistons ne sont pas encore en place sur cette photo... Chacun d'eux est mis en place a la pince a épillé pour vérifier son ajustement... On lime au cas où... et cela pour chaque piston : pas question de tous les couper a la même taille, on ajuste un par un !!!


http://www.warmania.com/galerie/details....age_id=963


Le même pieds, de profil... On peut distinguer la cale ( une rondelle en métal ) sous la partie centrale...


http://www.warmania.com/galerie/details....age_id=964


tous les pistons sont en place... quelques coups de limes seront encore necessaire pour parfaire le tout une fois la première sous couche de faites...


Bien... deuxième peids... Comme dis plus haut : Je veux lui donner une position particulière : Il avance !


Donc ce coups-ci, j'enleve ma petite rondelle en metal.. Et je prends un système de cale un peu plus conséquent.. Tiens un disque a polir cassé qui traine hop !!


http://www.warmania.com/galerie/details....age_id=965


Les pistons la encore ne sont pas en place...


http://www.warmania.com/galerie/details....age_id=966


En détails : La encore, il y auras un peu de rafinage a faire ensuite...


et enfin...


http://www.warmania.com/galerie/details....age_id=967


Les deux pieds, montés, et cote à cote... ouf...


le montage : une demi journée en prenant son temps... Il ne faut pas être pressé.. jamais.. surtout pour des pièces comme celle-ci..


La suite.. bientôt.. et bien sur en photo... prochaine étape, les jambes.. un début de socle...


http://www.warmania.com/galerie/details....age_id=967

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  Sensei Et Illuminati
Posté par : Grey_wolf-XIII - 03-10-2004, 21:55 - Forum : Warhammer 40k - Background - Pas de réponse


à rajouter : la citation de Sensei dans le livre de l'Astronomican, les images de StD et TLatD, l'image de l'unique figurine produite (adventurer avec capuche et chainsword bolter)


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LE STAR CHILD


Durant son combat contre Horus, le corps de l’Empereur fut mortellement blessé et seul le recours immédiat à une bulle de stase l’a sauvé. Les dommages subit par ses pouvoirs spirituels n’étaient pas moins graves que ceux subits par son corps, le combat contre Horus ayant eu lieu dans le warp comme dans l’univers matériel. Alors que leurs corps s’entaillaient les uns les autres, leurs esprits se combattaient dans le warp. Bien que l’Empereur était plus puissant, le combat était égal, car Horus était aidé des forces démoniaques des Puissances du Chaos. Dans un aspect important, l’Empereur était si inférieur à Horus qu’il ne pouvait espérer égaler son adversaire. Car l’Empereur, malgr é ses pouvoirs, était encore humain, alors qu’Horus s’était débarassé de ses derniers vestiges d’humanité. N’étant plus dérangé par la pitié humaine ou l’amitié, Horus lança attaque après attaque sur l’Empereur, mais l’Empereur retint les siennes et demanda à Horus d’arrêter ses attaques sur Terre. L’Empereur croyait encore qu’il pouvait secourir son vieil ami de la corruption qui l’avait envahi.


LA MORT D’HORUS


Quand la bataille se termina, c’était Horus qui gisait mort aux pieds de l’Empereur. Certains pourraient dire que l’Empereur n’avait pas le choix, que s’il ne l’avait pas fait, Horus l’aurait alors tué. Mais ce n’est pas la raison pour laquelle l’Empereur se remit à combattre. L’Empereur a tué le Maître de Guerre car il fut forcé de réaliser que tout espoir de secourir Horus de l’emprise du Chaos était perdu, et que lui, l’Empereur, avait failli à son ami, et, de ce fait, avait failli à l’humanité entière.


LE CHAOS TRIOMPHANT


Quand l’Empereur confronta Horus, il s’est retrouvé face à face avec la corruption du Chaos. Il n’était pas difficile pour lui d’imaginer un univers futur où le Chaos était triomphant et où toute l’humanité était aussi corrompue qu’Horus lui-même. Cette vision fut aussi horrifiante pour l’Empereur que pour n’importe quel personne saine d’esprit. Cependant, la victoire du Chaos semblait certaine, car le Chaos avait trouvé son chemin en exploitant les émotions humaines naturelles : leurs espoirs, leur amitié, leur indépendance, et d’autres caractéristiques humaines qui ne sont pas mauvaise en elle-même. Même l’Empereur n’était pas invulnérable. Tout comme Horus fut corrompu, il courait lui aussi le risque d’être perverti par le Chaos. Mais l’Empereur était la personnification du warp pur, et qu’il soit lui même corrompu par le Chaos serait la pire catastrophe depuis la Chute des Eldar et la naissance de Slaanesh.


LE CHAOS VAINCU


Alors que l’Empereur combattait Horus, il utilisa les énergies du warp comme jamais auparavent, son corps empli de puissance, lâchant de petits éclairs d’énergie comme un dieu du tonerre. Quand l’Empereur enfonça son épée dans Horus, l’énergie du warp s’écoula à travers l’Empereur et son épée vers Horus, brûlant chair et nerfs du Maître de Guerre et le détruisant dans un flash éblouissant. Mais l’Empereur avait trop utilisé ses propres pouvoirs, car aucun corps humain ne pouvait conduire tant d’énergie et survivre. La carcasse fumante de l’Empereur tomba au sol dans un linceul de fumée et de ténèbre.


LA MORT VIVANCE


Alors que l’Empereur gisait mourrant, son énergie psychique se retira de son corps. L’immortalité qui l’avait entretenu pour tant de siècles n’était plus, et le poids du temps s’abattit sur lui. Son corps se déssécha et ses os craquèrent, ses yeux s’enfoncèrent dans son crâne et sa peau s’assombrit, et il ne restant dans son armure qu’un cadavre désséché.


Libéré de son corps, la puissance psychique de l’Empereur, son âme, fut emportée par les courants du warp, portée par les tendances et remous de la Mer des Âmes jusqu’à ce qu’il soit prêt à renaître. Bien que les Puissances du Chaos cherchèrent sans relâche l’âme de l’Empereur à travers le warp, elles ne purent le trouver. Le warp est gigantesque, et ses énergies sont dispersées et en mouvement perpétuel. Comme les chamanes des temps ancients, l’Empereur ne faisait qu’un avec le warp entier, et son âme s’y fondit facilement et ainsi resta caché des Puissances du Chaos.


Le corps de l’Empereur fut placé dans un appareil de survie. Bien qu’il était mort par tous les aspects ordinaires du terme, certaines de ses cellules vivaient encore pour fournir un lien avec son esprit afin qu’il puisse communiquer avec l’univers matériel. Quand son corps était encore relativement frais, il put être réanimé et même parler un peu. Grâce à cela, l’Empereur peut superviser la construction de l’appareil spécial de survie psychique appellé le Trône d’Or.


Même le Trône d’Or ne peut pas garder les cellules du cadavre de l’Empereur en vie pour toujours. Au fil des millénaires, le lien entre son corps et son âme est devenu de plus en plus ténu. Bien pire, les Puissances du Chaos ont commencé à infiltrer son esprit, y semant le doute, la discorde et la peur.


Il est impossible de dire combien de temps l’Empereur peut survivre dans cette condition. Il est peu probable que même sache le temps qu’il lui reste avant que la faible emprise sur son corps physique ne soit brisée par la faiblesse ou déchiré par la folie.


LE STAR CHILD


Pendant que l’esprit de l’Empereur dérive à travers le warp, il se dissout progressivement dans ses courants d’énergie, retournant dans la force cosmique de la nature du warp dans sa forme pure. Seul un petit noyau de l’humanité de l’Empereur reste entier, comme un petit enfant dans les vagues d’une tempête gigantesque à bord d’un petit navire de roseaux.


L’âme de l’Empereur fut donc envoyé à la dérive dans le warp. Tant que l’âme de l’Empereur survivait, il y avait encore de l’espoir pour l’humanité. Car de même que l’Homme Nouveau est né des âmes collectives des chamanes des temps anciens, l’âme de l’Empereur peut également renaître un jour. Mais ce jour est sité loin dans le futur, quand les appels pour un nouveau sauveur renforceront le noyau de l’âme de l’Empereur et le ranimer dans une nouvelle vie.


En attendant, l’âme de l’Empereur n’est qu’un potentiel, un enfant attendant sa naissance. L’Enfant des Etoiles.


Les humains à qui fut laissé la charge de l’Imperium n’avaient aucune idée de ce qui était arrivé à l’Empereur. Le fait qu’il puisse renaître ne leur est jamais venu à l’esprit. Pour les dirigeants de l’Imperium, l’Empereur continue de vivre, bien que son corps soit mort, grâce à ses pouvoirs incontestables.


Seuls quelques personnes ont apprit le secret dans les millénaires qui suivirent, et ils devinrent la très secrète confrérie des Illuminati. Les Illuminati attendent la naissance du Star Child et la seconde venue de l’Homme Nouveau. Ils savent que ce qu’ils savent en fait de dangereux hérétiques aux yeux de l’Imperium, et gardent constamment un secret strict autour de leurs activités.


En attendant, les Illuminati restent une force secrète dans l’espace humain, travaillant derrière les machineries du gouvernement et du commerce, préparant la route pour la renaissance de l’Homme Nouveau.


LES SENSEI


Quand un Champion de Khorne, de Nurgle, ou d’une autre Puissance du Chaos se voue au service de sa Puissance Patronne, son âme même devient part des énergies de la Puissance. Le Star Child a aussi ses Champions, connus sous le nom de Sensei. Bien qu’ils ne connaissent pas nécessairement leur véritable identité, ils descendent de la descendance même de l’Empereur, et leur structure génétique est similaire à la sienne. Tous les descendants de l’Empereur ne sont pas des Sensei, et presque aucun ne réalise qu’ils sont porteurs des gènes de l’Empereur ou que c’est ce qui leur donne leurs pouvoirs.


La combinaison de gènes que les Sensei héritent de l’Empereur les rend très spéciaux. Le trait le plus important est l’immortalité. Bien qu’ils puissent mêtre tués, ils ne vieillissent pas, et possèdent des capacités de guérison incroyables. Ils sont également protégés des Puissances du Chaos, et l’énergie pure du warp peut circuler à travers eux sans entrave. Un Sensei ne peut pas connaître la haine, l’amertume, ou la rage irraisonnée, car ces choses font partie des discordances des Puissances du Chaos. Ils rayonnent d’une confiance et d’une harmonie naturelle, et peuvent même utiliser l’énergie du warp pour leurs pouvoirs psychiques. Les Sensei ne risquent pas d’attirer de démons ou d’autres forces malignes du warp en utilisant leurs pouvoirs. En fait, en raison de leur absence d’émotions et de concepts personnifiés par les Puissances du Chaos, ils sont presque invisibles à leurs yeux.


Les Sensei sont des héros voyageant à travers la galaxie, parfois en compagnie d’une bande d’autres héros. Les pouvoirs psychiques d’un Sensei en font un dangereux hérétique aux yeux de l’Imperium, et donc lui et ses compagnons risquent la capture et la mort aux mains de l’Inquisition ou d’autres forces Impériales. Ils ne sont pas tant ennemis de l’Imperium que de la répression et de l’injustice sous tous ses aspects. La répression existe dans l’Imperium, souvent justifiée, mais en aucun cas entièrement. Où qu’un Sensei apparaîsse, il peut être sûr d’un énorme soutien de la part du peuple, alors que les forces du gouvernement oppresseur l’identifient comme l’ennemi.


LES BANDES D’AVENTURIERS DE SENSEI


L’Imperium voit les Sensei et leurs compagnons comme de dangereux bandits, nihilistes et psykers, qui, s’ils ne sont alliés au Chaos, affaiblissent les remparts de l’Imperium contre cette même menace.


Partout dans l’Imperium, des forces sont déployés pour chasser les groupes de Sensei, et de ce fait les Sensei sont forcés d’agir en hors-la-loi. Cependant, le conflit n’affaiblit pas la résolution des deux cotés. L’Imperium est renforcé par la résolution des forces Impériales, alors que les Sensei sont motivé par leur bataille contre la cruauté et l’oppression.


CREER UNE BANDE D’AVENTURIERS DE SENSI


Le Star Child représente la partie humaine de l’unité avec le warp, le flot d’énergie psychique en toutes choses vivantes, dont l’humanité. Le Star Child est capable de donner des récompenses aux Champions Sensei de la même façon que n’importe quel autre Puissance. Le Star Child ne donne pas de d’Attributs du Chaos – les capacités qu’il offre à ses Champions sont basées sur ses besoins et ses capacités à l’utiliser plutôt qu’un caprice du Chaos. Les dons du Star Child sont ceux d’une Puissance humaine et aimante, et ses Champions Sensei ne sont pas sujets aux mêmes comportements étranges et inexplicables que les Champions des Grandes Puissances.


Il est facile et amusant de créer une Bande d’Aventuriers de Sensei, de façon similaire à la création d’une bande de Cultistes ou d’un Champion.


Une Bande d’Aventurier peut combattre n’importe quelle force du Chaos, et vous pouvez choisir de jouer une Bande d’Aventurier comme part d’une campagne narrative impliquant des Bandes du Chaos. Une Bande d’Aventuriers de Sensei peut aussi combattre n’importe quelle force de l’Imperium, comme les Space Marines, la Garde Impériale et ainsi de suite. [et aussi Orks, Tyranides et Genestealers, comme on peut s’en douter]


[voir liste d’armée sur Taran]


[Là, je remplace : effectivement, l’explication dépend de la version, mais contentons nous de la version TLATD, pour l’instant]


La Marque du Star Child


La Marque du Star Child est la capacité d’utiliser l’énergie du Star Child au corps à corps. Quand un Sensei touche un adversaire au corps à corps, son coup est d’une force équivalente à celle du Sensei plus un D6. Par exemple, un Sensei ordinaire aura une force équivalente à 4+D6 ou 5-10. Les résultats plus grands que 10 sont comptés comme étant égal à 10.


[bon, il est temps de déméler ce bordel]


Note : Les deux versions des Realm of Chaos sont, comme on le voit, incompatibles. C’est celle de Slave to Darkness qui fut retenue, et utilisée jusqu’en 1995 (le fameux schisme V1-V3) dans la trilogie Inquisitor War (dont la théorie est expliquée de façon fort rustique par le Squat Grimm). Le début est plus ou moins identique, à un détail près : lorsque l’Empereur a tué Horus, il a dût rejeter son humanité dans le warp, et c’est ce qui constitue le Star Child.


On y apprend aussi qu’il y a en fait plusieurs sociétés d’Illuminati, toutes n’étant pas d’accord sur les moyens à employer. L’Ordo Hydra, par exemple, pense que le projet Sensei n’aboutira jamais à temps, et veulent utiliser l’Hydre (une créature warp dont les différentes parties en espace réel sont reliées à travers le warp) pour contrôler l’humanité dans son ensemble, et ainsi purger le warp entier du Chaos et du reste. Les Illuminati plus « classiques » veulent sacrifier les Sensei afin de reconstituer l’âme de l’Empereur, donnant donc la divinité du nom de Numen (« New Men », l’Homme Nouveau). Ils sont alliés aux Eldar, qui y voient une possibilité de gagner le Rhana Dandra, et ont donc un accès à la Bibliothèque Interdite. Il est suggéré qu’il existe une autre faction non-affiliée aux Eldar.


La faction alliée aux Eldar a eu quelques problèmes avec l’Inquisiteur Jaq Draco, de l’Ordo Malleus, à qui on a dévoilé la conspiration avant qu’il n’entre dans la Bibliothèque Interdite, vole le livre de Rhana Dandra, le déchiffre en capturant un Harlequin, en fasse des confettis puis réussisse à trouver le point de la Toile où le temps s’écoule à l’envers avant de passer à Tzeentch, de mourrir et de rester prisonniers de la Toile depuis. Plus de détails dans Inquisitor, Harlequin et Chaos Child de Ian Watson, que vous pourrez trouver sur http://abebook.com


L’Inquisition elle-même ne se doute pas de grand chose : elle traque les Sensei (connus sous le nom d’Immortels), et les étudie (le « Projet Eternité »). Les Sensei capturés servent entre autre à fournir des matériaux Psyk-out.


Quand à l’Empereur lui-même, il est effectivement au bord de la folie : son esprit est fragmenté en plusieurs entités, dont chacune semble se charger d’une tâche. L’une semble au courant de l’Ordo Hydra, mais le mystère demeure.

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